PETITES ET GRANDES FILLES

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PETITES ET GRANDES FILLES - Momas, Alphonse


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Lecture en ligne "PETITES ET GRANDES FILLES"

Alphonse Momas

Petites et grandes filles

-1893

Chapitre I

DÉPART POUR LA PENSION

I

II

III

IV

V

Chapitre II

LA FLAGELLATION

I. ADELINE À PAUL

II. DE LA MÊME AU MÊME

III. DE LA MÊME AU MÊME

IV. DE LA MÊME AU MÊME

V. DE LA MÊME AU MÊME

Chapitre III

LA FÊTE DE NUIT

ADELINE À PAUL

II. DE LA MÊME AU MÊME

III. DE LA MÊME AU MÊME

IV. DE LA MÊME AU MÊME

V. DE LA MÊME AU MÊME

VI. DE LA MÊME AU MÊME

Chapitre IV

LES OFFICES ROUGES

I. ADELINE À PAUL

II. DE LA MÊME AU MÊME

III. DE LA MÊME AU MÊME

IV. DE LA MÊME AU MÊME

V. DE LA MÊME AU MÊME

Chapitre I

DÉPART POUR LA PENSION

I

Le plus grand silence régnait dans la maison Mirzan, à Chartres, et rien ne trahissait la triste aventure qui venait de s’y accomplir.

Pas un éclat de voix ne révéla au dehors l’explosion de colère qui domina M. Francisque Mirzan, lorsque, appelé par sa femme, il constata le flagrant délit de libertinage dans lequel ses deux enfants, Adeline et Paul, s’étaient laissés surprendre.

Une verte raclée de coups de canne sur les reins des deux coupables, qu’on enferma ensuite dans leurs chambres, une bordée de mots où brillaient les épithètes de salauds, de gibiers d’échafauds, de scélérats, destinés à déshonorer leurs parents, etc., puis, le calme, la prostration, les pleurs de la mère, les réflexions du père, et la décision de les expédier internes, l’un dans un lycée, l’autre dans un couvent.

M. Mirzan, un magistrat de l’ancienne école, représentait l’austérité même ; Mme Isabelle Mirzan, la dévotion la plus excessive.

Paul Mirzan, âgé de treize ans, reçut avec rage et fureur la correction paternelle ; Adeline Mirzan, âgé de quatorze ans et demi, la plus coupable dans l’affaire, la reçut avec une glaciale et superbe impassibilité.

On élevait les enfants à la maison. Un abbé leur faisait la classe ; aucun signe précurseur ne signala des instincts pervers, l’événement frappa comme un coup de foudre, et cependant, de lointaines ramifications le rattachaient au passé.

Dès sa première communion accomplie, à l’âge de douze ans, Adeline, nature précoce et vivace, ressentit de subites curiosités, qui allumèrent son sang, et la portèrent à comprendre vite ce qu’on cache aux enfants.

Grande pour son âge, élancée, les membres déliés, c’était une jolie blondinette aux yeux naïfs, dissimulant les arrière-pensées que nourrissait son jeune esprit.

L’abbé, chargé de l’instruction et de l’éducation des deux enfants, un homme entre deux âges, présentait toutes les conditions voulues pour la fonction dont on le chargea.

Laid, rabougri, presque difforme, marqué de la petite vérole, ayant toujours eu une existence difficile, sa reconnaissance et sa sévérité de mœurs le garantissaient aux époux Mirzan.

Il arriva que cet homme, ce saint, devinât l’éveil sensuel de la jeune Adeline et en éprouva le contrecoup.

À certaines langueurs du regard, à certains énervements qui la saisissaient par le fait d’un heurt involontaire, à certains soupirs lorsqu’il darda sur elle ses yeux luisants et concupiscents, il reconnut le terrain propice pour de savantes manœuvres et il n’hésita pas à le cultiver.

Jouissant de la plus complète liberté pour la conduite de ses élèves, il commença par retenir, de temps en temps, la fillette après les leçons, sous prétexte de lui expliquer un chapitre moins bien travaillé, de l’aider à résoudre un problème un peu compliqué, et alors, les chaises rapprochées, les yeux fixés sur les cahiers, dans la solitude de la salle d’étude, la jambe du prêtre, se balançant, rencontrait celle d’Adeline qui ne se retirait pas.

Les mains se rassemblaient, et tout en professant, l’abbé Dussal conservait celles de la petite entre les siennes, les chauffant d’un étrange feu, dont elle rougissait et dont elle se délectait.

Les préliminaires se posaient.

L’enfant, habituée à la laideur de l’abbé, sentait que l’heure se levait où il serait le révélateur de tout ce qu’elle brûlait de savoir, et elle l’encourageait de son mieux.

La crainte du scandale, en cas d’insuccès ou de surprise, arrêtait seule l’instituteur.

Adeline franchit ses treize ans ; ses formes se dessinèrent maigrelettes, mais bonnes prometteuses. Tout dans son corps accusa le besoin de la chair ; telle que la chienne en chaleur. Il y eut des tâtonnements de part et d’autre, et ces tâtonnements ressemblaient à de la volupté, par la certitude de ce qu’ils annonçaient.

Adeline travaillait avec ardeur pour fournir à son professeur les occasions de prolonger son cours, et la famille s’émerveillait devant ses progrès, devant son désir d’apprendre.

Un jour qu’il tenait la main d’Adeline penchée sur le livre, il la porta à ses lèvres et suça le petit doigt avec une telle discrétion qu’elle ferma les yeux et se renversa en arrière.

Effrayé, il lâcha la main, se retourna pour l’interroger, et la vit, crispant les doigts par-dessus la robe, vers les cuisses.

Sa main rejoignit la sienne, et Adeline, ouvrant les yeux, sourit, entremêlant les doigts aux siens, les serrant de telle façon entre les cuisses que la jupe, une jupe encore courte, remonta jusqu’au-delà du genou.

Il eut une dernière hésitation, jeta un regard sournois autour de lui puis, brusquement, la retroussa, glissa la main entre le pantalon et la dirigea au conin.

Ah, comme elle écarta vite les cuisses où apparaissaient à peine quelques poils follets ; comme elle facilita, et combien elle jouit à ce contact du mâle sur ses parties sexuelles !

Elle se prêtait délicieusement aux investigations de cette friponne qui la chatouillait si gentiment, et envoyait des éclaireurs vers les fesses ! Cela dura une minute, un siècle de félicité ; l’abbé, sous sa soutane, déchargea une ample dose de sperme.

Ensuite, sans un mot, ils se remirent en place et reprirent la leçon. La glace était rompue ; on allait chercher à augmenter le cadre des voluptés qu’on rêvait.

Ni l’un ni l’autre ne dormirent cette nuit. Adeline, prise d’une fatigue persistante, dut garder le lit toute la journée suivante.

L’abbé se trouvait sur des charbons ardents ; si l’on venait à soupçonner la cause de cette quasi-indisposition.

Il apporta la plus minutieuse attention au travail du jeune garçon qui mordait moins bien que sa sœur à la science.

Le surlendemain, dès qu’il fut seul avec la fillette, le même regard qu’ils s’échangèrent leur révéla que toutes les audaces ne demandaient qu’à être encouragées.

Lentement, il la mit debout devant la table, comme pour réciter une leçon ; il glissa la main sous les jupes, par derrière, arriva aux fesses, de gentilles jumelles, embrasées d’un feu extraordinaire.

Il les manipula avec tendresse, puis s’aventura entre les cuisses qui s’écartèrent doucement, remonta par devant vers le ventre, qui se bomba, gratouilla le conin, et admira la présence d’esprit de l’enfant qui se pencha sur la table, les yeux fixés sur le cahier ouvert, non pour lire, mais pour le faciliter dans ses attouchements.

Elle s’appuya sur les coudes, arrondissant la chute des reins, et il rejeta les jupes en l’air, ouvrit le pantalon, contempla avec une demi-extase la blancheur du cul ne se refusant pas à son examen.

Tous deux poussèrent un gros soupir et, subitement, ils se réinstallèrent à l’étude : il leur avait semblé entendre un bruit de pas.

L’alerte passée, un moment ils étudièrent, puis l’abbé enlaça Adeline qui se rapprocha et lui donna le premier baiser sur les lèvres.

La fillette n’aspirait qu’à marcher. Elle rendit de très habile manière la caresse, se pencha un peu plus en avant, quand elle vit l’abbé retrousser la soutane, et ne refusa pas de toucher le monstre velu qu’il lui présentait.

Au contact de cette petite main, à sa seule pression, priape se gonfla et répandit de suite son ondée, provoquant le même résultat chez sa jeune amie.

L’échauffement était tel que les armes partaient au premier choc.

On répara tant bien que mal les traces de cette extase, trop vite produite ; l’enfant n’osa interroger.

II

L’entente s’établissait.

Ils observèrent une très grande prudence et espacèrent les occasions de plaisirs.

Adeline attendait la première attaque ; l’abbé, soulagé par ses abondantes et rapides éjaculations, savourait sa félicité, ruminait aux moyens d’augmenter les occasions et d’élargir son champ d’action.

À les voir d’une placidité parfaite, ne modifiant en rien leur attitude, on ne pouvait deviner le travail libertin qui s’accomplissait dans leur esprit.

Plus d’une semaine, ils ne se retrouvèrent seuls après la leçon ; l’abbé se devait de ne pas négliger le garçon et de ne pas constamment retenir sa sœur.

Aussi, lorsque la porte se fut refermée pour leur nouveau tête-à-tête, le cœur battit fort à Adeline, guettant les moindres mouvements de son professeur.

Sous la table, il envoya la main vers ses genoux, ramena ses jupes, et prestement la dirigea entre les cuisses, qu’il trouva bien écartées.

Il commença à chatouiller avec finesse, puis à branler, et elle se tourna de son côté, pour qu’il eût toutes ses aises.

Sa main tremblait de fièvre ; ses lèvres lippues désiraient approcher ces primeurs, il ne savait comment s’y prendre, de peur du bruit, de peur de cet événement imprévu qui livre votre secret à un indiscret.

Il avait suspendu son pelotage ; comme l’autre fois, il la plaça debout, mais le dos tourné à la table ; il la fit tenir ses robes relevées ; il se pencha et sa langue parvint à deux ou trois longues reprises au conin.

― Oh ! mon dieu, murmura-t-elle, défaillante. Il s’arrêta, le sang à la tête, congestionné. Adeline soutenait toujours ses jupes ; brusquement il découvrit sa soutane et, s’approchant, il darda droit la queue entre les cuisses. Un frisson la parcourut, elle choqua des dents et, d’une main, elle saisit avec force le gland qui la caressait de si agréable façon.

La folie menaçait de les entraîner plus loin qu’ils ne voulaient ; dans un écart du dos, elle jeta à terre tous ses livres ; instantanément, ils se remirent en posture de travail ; l’abbé ramassa les bouquins et commença une explication scientifique quelconque.

On ne les troubla pas, ils s’enlacèrent et se becquetèrent.

À son tour, l’abbé se leva et, sans vergogne, tendit sa queue aux lèvres de son élève.

Ne comprenant pas ce qu’il sollicitait, elle l’embrassa avec timidité ; mais il la poussa contre les dents, les desserra et l’introduisit dans la bouche.

Des bribes de caresses, il ne leur était pas permis de se procurer une longue suite d’ivresse.

Ils quittaient et reprenaient le travail, échangeaient des attouchements, se favorisaient de leur mieux par les lèvres, mais suspendaient rapidement la volupté dès que la raison s’égarait.

L’un et l’autre sentaient leurs cuisses se mouiller sans éprouver l’acre sensation des autres joies.

Ils désiraient trop et ils redoutaient tout.

Ils se séparèrent, n’ayant pas calmé l’appétit de leur sens.

Cette nuit là encore, l’abbé ne ferma pas l’œil.

Il couchait au fond d’un couloir, non loin duquel se trouvait le petit cabinet. Adeline avait sa chambre à côté de celle de sa mère, que n’eut pas éveillée la détonation d’un canon.

À une heure du matin, la fillette, qui ne cessait de s’agiter dans sa couche, descendit avec précaution de son lit passa un jupon et ses mules et sortit tout doucement.

Elle se dirigea droit vers la porte de l’abbé.

Pressentit-il l’aventure, ou s’appliqua-t-il à la magnétiser à distance ? La porte entrouverte témoigna à Adeline qu’on l’attendait.

Elle entra sans hésitation et, à tâtons, guidée par la respiration du prêtre, s’approcha du lit. Étendant les bras en avant, elle rencontra les mains de l’abbé qui lui poussa la tête vers ses cuisses où priape dressait son orgueilleux panache.

Oh ! cette seconde ! elle l’eût payée de vingt mille lignes à copier !

Sa bouche s’empara de la queue et l’engloutit à plusieurs reprises, tandis que l’abbé la retroussait, lui pelotait les fesses et le conin, enfonçant le petit doigt dans le trou du cul qui pétillait de volupté à chaque mouvement.

Par moment elle s’arrêtait, appuyait les joues sur les cuisses de l’heureux gaillard, gardait priape dans la main, et s’en tapotait le visage.

L’abbé promenait alors les mains vers la gorgerette et constatait la naissance de deux nénés mignons, promettant à ses attouchements.

Il saisissait sa queue, la repiquait vers les lèvres qui s’ouvraient gloutonnement, et il se masturbait pour éjaculer plus vite dans cette jeune bouche.

Devinait-elle sont but ? Elle le repoussait soudain, se reculait jusque vers les genoux, et il s’installait sur son séant pour la rattraper.

Une fois même il sauta à bas du lit ; l’enfant s’était tout à fait éloignée, il la chercha et la trouva toute nue, débarrassée de son jupon et de sa chemise, debout vers le pied.

Il la prit à bras-le-corps, renferma dans ses jambes et fourra sa queue entre la raie des fesses.

Se collant contre son ventre, elle murmura :

― C’est trop ! ha, que c’est bon !

Ce petit corps ployant sous le sien, il répandit le long de la fente du cul un jet épais de sperme.

Avec un mouchoir, il l’essuya ; dans l’oreille, il lui recommanda de bien se laver, et la renvoya, malgré qu’elle eût bien voulu encore recommencer.

III

L’abbé était un homme prudent.

L’enfant partie, il mesura le danger auquel il s’exposait si elle prenait l’habitude de pareilles escapades nocturnes.

Il trembla sur les conséquences d’une surprise, sans compter qu’à ce jeu la santé d’Adeline finirait par s’étioler.

Puis il envisagea l’hypothèse d’un refroidissement possible en circulant demi-nu par les couloirs, et il en eut une folle terreur.

Aussi, le lendemain, tout en la retenant après la leçon, il conserva son air magistral, ne l’encouragea en rien, la glaçant dans ses tentations félines.

Au moment de la quitter, il lui dit :

― Vous avez commis une imprudence, cette nuit, ne recommencez pas sans mon avis. Sans quoi, je suspendrai nos petits plaisirs.

Elle prit sa main, la baisa et, suppliante, répondit :

― Ne m’en veuillez pas, je pensais à notre joie si grande. C’était si bon ! Vous me pardonnerez ?

― Oui, oui, mais évitons les sottises. Vous êtes une fille d’esprit et d’intelligence ; pour conserver le bonheur, il faut savoir le cacher à tous.

― Soyez tranquille, monsieur l’abbé, je mourrais plutôt que de trahir notre secret.

Comme tous les hommes, l’abbé possédait une grande dose d’égoïsme. Ses forces limitées l’astreignaient à des désirs espacés, et cela fut heureux pour la santé de la fillette qui sut se régler pendant quelque temps sur ses caprices.

Cependant, le tempérament s’éveilla avec les formes, s’accentuant sous une pousse soudaine ; les règles apparurent vers les treize ans et demi ; l’abbé s’échauffa au jeu et les attouchements des leçons ne lui suffirent plus.

Lui-même, peu de mois après cette aventure, en sollicita une deuxième édition.

Adeline le masturbait, le suçait, se laissait peloter le con et les seins. Il rêva de l’enculer pour jouir de son jeune corps, sans le danger de la procréation.

Il lui dit :

― Si vous savez bien prendre vos précautions, ma porte restera ouverte cette nuit, et je vous attendrai.

La fillette eut comme un brouillard sur les yeux et lui répondit :

― Oh, oui, je les prendrai et on ne nous surprendra pas ; je me cacherai au besoin sous votre lit et personne ne m’y soupçonnera.

Elle promettait Mlle Mirzan !

L’abbé, dans sa chambre, inspecta minutieusement ses matelas, son sommier, vérifia si rien ne criait, et ne risquait de le dénoncer en cas de mouvements trop brusques et, sur du silence de ces divers témoins, se coucha vert-nu.

À la même heure que la fois précédente, sans que la porte repoussée annonçât le passage de la visiteuse, il entendit un léger frôlement sur le tapis, aperçut un souffle à demi étouffé qui s’approchait, il tendit la main et bientôt saisit les bras d’Adeline qu’elle lançait en avant pour s’orienter.

Il l’attira, et promptement dirigea la main au-dessous du cou pour caresser les seins.

Les coquins s’étaient développés ; il s’en régala, y porta la bouche pour les sucer, et l’effrontée gamine dénoua sa chemise qu’elle laissa retomber sur les pieds avec son jupon.

Elle se pencha en même temps sur l’abbé, de façon à bien se prêter à ses suçons, promena la main sur tout son corps et frissonna à cette nudité masculine.

Il l’arrêta dans ce petit voyage de découvertes lui saisit la tête et leurs lèvres se rencontrèrent et se collèrent.

Leurs soupirs se confondirent, ils ne se lassaient pas d’échanger des coups de langue dans leurs bouches inséparables.

L’extase s’emparait de leurs sens et les premières caresses, non marchandées, les délectaient.

Elle s’arracha à cette volupté pour lui sucer la queue, abandonnant sa croupe au pelotage de l’abbé.

Il ne s’en priva pas.

Caressant toute l’épine dorsale, il manipulait les fesses qui se contorsionnant à ses attouchements, s’arrondissaient pour l’exciter à mille lubricités ; il lançait le médium dans la raie et, doucement, l’introduisait dans le creux du cul, le préparant, l’apprivoisant à l’acte qu’il méditait.

Adeline, parfois, donnait un coup de dos pour suspendre l’exercice, à cause d’une subite souffrance ; mais elle se replaçait aussitôt en position, craignant de le fâcher, et elle engloutissait la queue tout entière dans sa bouche.

Avec une malice, digne d’une rouée, elle poussait la langue sous les couilles, et les soulevait à coups intermittents se précipitant de plus en plus.

Le médium, enfoncé à moitié, l’abbé avec le pouce grattait le conin, écartant les cuisses de la fillette.

Voyant qu’elle s’accoutumait au jeu, il le cessa, attira de nouveau ses lèvres vers les siennes, les baisa, suçant les gouttelettes de son sperme, qui déjà les humectaient.

Il la prit à bras-le-corps, et, doucement, la hissa à ses côtés.

Grimpée sur le lit, elle se pelotonna dans ses bras.

Priape frappait de rudes coups contre le ventre, il la repoussa légèrement, s’assit et, l’installant sur ses cuisses, lui murmura dans l’oreille :

― Veux-tu que nous soyons tout à fait heureux ?

― Oh, oui, comment cela ?

― Tourne-moi le dos, et je te le mettrai dans le cul. Ainsi, nous ne redouterons pas de faire des enfants et nous jouirons comme amant et maîtresse.

― Oh, je veux bien !

― Tu ne crieras pas si tu souffrais en commençant.

― Je poserai un mouchoir sur ma bouche et je le mordrai pour étouffer mes cris.

Elle le tutoyait comme il la tutoyait ; les enfants vont vite dans les voluptés, comme les grandes personnes du reste.

Pressés l’un contre l’autre, ainsi assis sur le lit, ils becquetèrent, se pelotèrent, soupirant, se décidant à grand-peine à se séparer pour hâter la fin de l’entrevue.

Elle n’ignorait pas qu’après sa décharge elle retournerait à sa chambre, et elle tenait encore à s’amuser.

De son côté, il allongeait, pour bien se repaître dans toutes ses fantaisies, pour n’éprouver aucun regret, si elles ne se renouvelaient pas.

Il la souleva debout, et dirigeant son cul sur son visage, il la dévora de feuille de rose, salivant sur le trou pour faciliter sa future besogne.

Ses mains se cramponnaient aux cuisses, et Adeline, avec les siennes qu’elle envoyait en arrière, caressait la tête, oscillait les reins de haut en bas et de bas en haut, pour être bien léchée partout.

Du pied elle touchait priape et le manœuvrait avec assez d’habileté.

Sentant que l’érection approchait, l’abbé l’étendit à son côté et, délicatement, il pointa la queue sur le trou qu’elle lui présentait. Elle ne remuait pas plus qu’une morte, il hésitait, fourrait encore le doigt, puis poussait le gland ; il redoutait, au fond du cœur, quelque chose d’imprévu.

D’un geste hardi, elle écarta les fesses avec les mains, agrandit son trou avec ses doigts crispés et le gland glissa ; elle tressauta mais l’empêcha de reculer.

Il poussa, le gland entra, elle donna un coup de cul, s’arc-bouta en avant, il précipita l’attaque ; le gland avait ouvert le chemin, la queue pénétra, les secousses s’accentuèrent.

Elle ne faillit pas à la jouissance ; elle déchargea en même temps que lui, le maintenant serré contre son dos, par ses mains rejetées en arrière.

Un moment, ils restèrent collés l’un à l’autre ; il sortit sa queue du four qui la brûlait, déclara la séance terminée, lui recommanda de passer au cabinet comme si elle venait de prendre un lavement, afin de bien se débarrasser de toutes les traces de l’affaire.

― N’oublie pas ensuite de bien te laver au cabinet même, dit-il.

― N’aie nulle crainte, répondit-elle avec assurance, je comprends fort bien qu’il faut que rien ne paraisse.

IV

Il devenait impossible d’enrayer le mouvement.

Adeline acquit une vigueur de tempérament, qui ne laissa pas d’embarrasser l’abbé.

Douée d’une profonde astuce, elle débuta merveilleusement dans sa féminité.

Elle coqueta, enragea son professeur qui montra moins de réserve et il l’autorisa à des visites nocturnes plus fréquentes.

Il en résulta des fatigues, des lassitudes, qui inquiétèrent la famille, laquelle ne soupçonnant pas la source du mal, expédia la fillette à la campagne, chez sa grand-mère.

L’abbé, mis en garde, observa la défiance au retour, et Adeline ne trouvant plus de son côté l’aliment qu’elle espérait, se tourna vers son frère.

Paul Mirzan, moins avancé que sa sœur, marchait alors sur ses treize ans. Il s’amusait aux jeux enfantins, ne frayait pas avec les garçonnets de son âge, et vivait dans une quiétude absolue sous le rapport des sens.

Il n’était cependant pas un benêt, mais l’idée cochonne ne luisait pas encore dans son cerveau.

Les enfants ayant toute leur liberté, par cela qu’on les croyait imbus des principes religieux, jouaient ensemble dans leurs récréations qu’ils passaient au jardin, et sans aucune espèce de surveillance.

Un après-midi où Adeline, dépitée de la réserve de l’abbé, assise sur un banc, lisait des yeux une histoire quelconque, son esprit voyageant ailleurs, son regard tomba sur Paul qui, un peu plus loin, avec un canif, creusait un jonc pour essayer d’en fabriquer un sifflet.

Elle fut frappée de sa tournure élégante et pensa qu’il y aurait du plaisir à l’initier à la fameuse science défendue.

Comment s’y prendre ? En allant droit au but.

Elle fit quelques pas, se dissimula derrière un bouquet d’arbres, dénoua adroitement son pantalon et, appelant son frère, lui dit :

― Paul, mon pantalon s’est détaché et je ne puis le ranger, aide-moi.

Se retroussant, elle présenta au jeune garçon le bas de son corps, caché, il est vrai, par la chemise, mais accusant de respectables rotondités, par l’allure qu’elle imprima aux fesses.

Il se baissa pour ramasser le pantalon qui gisait aux pieds de la folle enfant et en se courbant, regarda sous la chemise.

Il eut comme un trait de lumière, releva lentement le pantalon, s’embrouilla et, sans savoir comment, ses mains effleurèrent le cul de sa sœur.

― Oh Paul ! dit-elle simplement.

Mais elle avait soulevé la chemise, le cul apparaissait tout nu et Paul, ne se contentant plus de l’effleurer, le palpait avec beaucoup d’entrain.

― Qu’est-ce que tu fais là ? ajouta-t-elle.

― Ça m’amuse de te tripoter.

― Que tu es bête, pourquoi ça ?

― Je ne sais pas.

― Tu en as bien un pareil !

― Il n’est pas si joli.

― Fais voir.

― Si on nous surprenait, Adeline ?

Elle ne s’en moquait pas mal. Déboutonnant son frère, elle donna la volée à sa quéquette et, simulant l’ébahissement, elle s’écria :

― Ah ! qu’est-ce que tu as donc là ?

― Oh, dit-il à son tour, d’où vient que tu n’en as pas ?

― C’est tout plein gentil, cette machinette !

― Tes mains la brûlent et lui font plaisir.

― Caresse-moi comme je te caresse, oh, c’est bon !

Un craquement de pas les rappela soudain à la prudence ; ils s’apprêtaient à commettre quelque folie.

Se rajustant rapidement, ils représentèrent la plus parfaite innocence aux yeux de la cuisinière qui allait, au fond du jardin, cueillir de la salade.

Ils semblaient étudier les plantes et la fille n’attacha aucune attention à eux.

Sa cueillette terminée, elle repassa, leur sourit et rentra. Dès qu’elle eut disparu, Paul demanda à sa sœur :

― As-tu remis ton pantalon ?

― Oui, mais ça ne fait rien ; regarde, il est ouvert entre les jambes, tu peux passer la main.

― Tu es gentille, amusons-nous, hein, veux-tu ?

― Nous serions mieux ailleurs ; mais on se douterait de quelque chose si nous retournions tout de suite à la maison ; nous nous entendrons pour une autre fois. Oh, qu’est-ce que tu fais là, Paul, ce n’est pas ton nez qu’il faut y enfoncer ; je crois que ce serait plus agréable si tu essayais d’y pousser la machine que tu as entre les cuisses.

Paul, agenouillé sous les jupes d’Adeline, après avoir honoré le devant d’une courte visite, avait passé de l’autre côté et, en gourmet, tortillait les fesses de la fillette, y fourrant le nez dans sa naïveté, les caressant de son front qu’il promenait sur elles, les manipulant avec une émotion grandissante.

Elle se frottait complaisamment contre son visage et tous deux s’excitaient.

Haut, sortant de dessous les jupes pour respirer un moment, elle le fit lever et, s’emparant de sa queue qui bandillait, elle le suça.

Ils comprirent qu’il ne fallait pas allonger le jeu pour ne pas s’exposer à quelque désagrément et ils quittèrent le bosquet où ils s’abritaient.

― Nous recommencerons souvent, dit Paul.

― Oui, répondit Aline, mais en bien nous cachant.

L’abbé flaira-t-il cette rivalité du jeune bambin ? Il s’arrangea pour prévenir la fillette qu’il l’attendrait cette nuit-là.

Ces escapades nocturnes devenaient des plus rares. Il les espaçait à de longs intervalles et c’est à peine si, depuis le retour d’Adeline de la campagne, elles s’étaient renouvelées plus de cinq fois.

Il se satisfaisait avec les pelotages, les décharges lorsque la chair le tourmentait, et se garait des imprévus dangereux des nuitées.

D’un autre côté, la hardiesse de la fillette l’impressionnait et l’effrayait.

Deux fois seulement il la sodomisa, se retenant pour ne pas élargir un trou qui en cas de maladie le dénoncerait.

Il y a des calculs chez les plus pillards.

Dans ces escapades, l’impunité développait le courage et l’audace d’Adeline.

Cette nuit-la, parvenue dans la chambre de l’abbé, elle s’amusa à le faire soupirer.

Révélant sa présence par le heurtement léger d’une chaise, elle resta immobile et, ses yeux s’accoutumant à l’obscurité, elle l’aperçut assis sur son séant, intrigué ; la myopie de ses yeux l’empêchait de la distinguer.

Il étendait les bras pour la saisir ; une jambe pendante sur le rebord du lit, il n’osait remuer de peur de quelque bévue.

Derrière la chaise, elle se débarrassa de sa chemise et de son jupon et, toute nue, vint au pied du lit.

L’abbé vit alors son ombre, et comme elle ne bougeait pas, il se leva et s’en approcha.

Il l’enveloppa de ses bras, et elle n’opposa aucun mouvement.

La pelotant avec ardeur, il s’accroupit sur le sol, la dévorant de minettes, de feuilles de rose, et commença le jeu du médecin au trou du cul.

Elle résista, et il l’enlaça, la baisant sur le nombril, la ceinture, les seins, la pressant de plus en plus contre lui.

La coquine lui tirant la chemise vers le cou témoigna qu’elle le désirait nu.

Il s’empressa d’obéir ; et alors, se penchant sur son épaule, elle abandonna ses lèvres à ses suçons et l’affola de telle façon qu’il chercha à enfoncer le doigt dans le conin.

Elle serra les cuisses et roula sur le tapis à ses côtés.

À quatre pattes, il lui lécha le trou du cul, puis sauta sur sa croupe et la sodomisa de la plus brutale des manières.

Il se recoucha et elle se retira.

V

Au cabinet, elle accomplissait ses ablutions avant de regagner sa chambre.

Comme elle ouvrait la porte, les ayant terminées, elle se trouva nez à nez avec Paul qui, une lumière à la main, se disposait à y pénétrer.

Fille de résolution, ne lui laissant pas le temps de revenir de sa surprise, elle souffla la bougie, et murmura :

― As-tu bien besoin ?

― Non, je ne pouvais dormir, et je donnais ce prétexte pour diminuer les heures de lit.

― Dans ce cas, profitons-en. Accompagne-moi dans ma chambre. Maman dort, elle ne se doutera de rien.

Le tapis étouffait le bruit des pas.

En bon frère, bien éduqué, Paul obéit à sa sœur.

Elle le fit se mettre tout nu, comme elle-même, le coucha à terre, s’accroupit sur son visage pour lui complaire, puis s’allongea peu à peu, et les deux innocents découvrirent la position du délectable soixante-neuf.

Le cul d’Adeline conservait la saveur pimentée de l’éjaculation de l’abbé ; il enragea Paul dont la queue se développa et prit des proportions énormes.

À cette vue, la fillette interrompit son suçage, approcha les lèvres de l’oreille de Paul et lui dit :

― Enfouis-la dans mon cul, tu seras bien, bien heureux.

Tout ignorant qu’il fût de la chose, il pressentit l’excellence du conseil et il glissa sa quéquette dans la rainure d’où elle parvint facilement au trou.

Celui-ci, à peine refroidi de l’assaut de l’abbé, brûlait d’aise à cette nouvelle visite ; ce lui fut un jeu de supporter l’attaque de Paul.

Se pétrissant les chairs de leurs mains crispées, échangeant de folles lippées par-dessus l’épaule, ils ne reculèrent pas dans leurs plaisirs, et le jeune Paul perdit son pucelage dans le cul de sa sœur.

Il jouit et éjacula brusquement, retenant à grand-peine l’explosion de cris que faillit soulever la volupté.

Contente de sa nuit, Adeline le combla de caresses, et lui recommanda le sommeil s’il voulait récidiver. Il la quitta sans que Mme Mirzan eut interrompu son sommeil.

Le meilleur moyen de perpétuer ses félicités consiste à ne pas les prodiguer, afin de se garer des dangers qui les menacent.

L’abbé, homme mûr, de caractère sérieux et sage, se maintenait en quiétude par ses infinies précautions. Les deux enfants, manquant d’expérience, ne l’imitèrent pas.

Une fois qu’on a goûté au fruit d’amour, on en veut toujours.

Paul éprouva cette nécessité et Adeline ne demandant pas mieux ne lui refusa pas la satisfaction.

Dans les mille circonstances de la vie quotidienne, tout leur devint un prétexte à plaisir, une occasion de s’exciter.

L’hypocrisie qu’ils cultivèrent en présence de leurs parents et de leur professeur attisait le feu de leurs amours.

Un regard à la dérobée, un signe, un frôlement de main, une pression, et ils mangeaient des yeux les vêtements cachant les parties sexuelles.

Ils ne pouvaient pas toujours s’isoler dans le jardin, ils n’osaient recommencer la scène nocturne ; Paul, à son retour dans sa chambre, ayant failli être surpris par son père qui descendait à la salle à manger pour échapper à une faim inopportune l’empêchant de dormir.

Ils profitaient d’une seconde, d’une minute et dirigeaient la main, l’une dans le pantalon de son frère, l’autre aux fesses de sa sœur, et quelquefois, faute de mieux, s’entendaient pour se réfugier ensemble au cabinet où, vite, ils échangeaient quelques suçons et quelques feuilles de rose. Ils dénichèrent enfin un petit réduit au grenier où se trouvaient des matelas dans un coin et ils s’en contentèrent pour s’y rencontrer de temps en temps après la leçon, en y montant l’un après l’autre afin d’éviter les soupçons.

Cela se passa bien une fois, deux fois ; la troisième fois, Mme Mirzan, qui avait surpris sa fille grimpant avec mystère, s’étonna de voir peu après Paul suivre le même chemin, avec le même luxe de précautions.

Un moment indécise, elle se demanda ce qu’il convenait de faire. Puis, poussée par une forte impulsion intérieure, elle monta et, constatant que les enfants s’étaient enfermés dans le petit réduit, elle regarda par le trou de la serrure et demeura interdite.

Adeline, couchée sur le dos, les jupes retroussées, se faisait lécher le conin par Paul.

Atterrée, Mme Mirzan n’eut qu’une pensée, descendre et appeler son mari.

Celui-ci, avant même qu’elle ne s’expliquât, comprenant qu’il s’accomplissait quelque chose de grave, la suivit sur le signe qu’elle lui adressa, et apparut dans le grenier comme maître Paul, la queue en l’air, se disposait à se placer en soixante-neuf avec sa sœur.

La fureur du père fut épouvantable.

Une canne se trouvait à sa portée, il la brisa sur les deux coupables qui dégringolèrent l’escalier.

Ils n’esquivèrent pas la mercuriale.

La mère pleurait ; le père, animé d’une grande fureur, les accablait des plus dures invectives.

On les enferma dans leur chambre où, pendant deux jours, on les servit au pain sec et à l’eau.

De toute une semaine on ne leur parla pas.

Ils continuèrent cependant leurs leçons avec l’abbé, en attendant la confection des trousseaux nécessaires pour les établissements où ils termineraient leurs études.

Leur professeur observa une réserve des plus excessives, les abandonnant, sans aucun remords, dès le cours terminé.

En vain Adeline essaya-t-elle de l’émouvoir par quelques regards en dessous ; il semblait être mort à tout sentiment. Il tremblait que l’orage ne s’étendit jusqu’à lui.

Paul partit le premier avec son père qui le confia aux Jésuites, à Londres.

La mère consulta l’abbé pour Adeline.

Il lui conseilla de la faire entrer chez les demoiselles Géraud, à Paris, qui, justement, jouissaient de la réputation de réfréner les passions précoces chez les enfants.

Au retour de Londres, M. Mirzan s’arrêta donc à Paris pour causer avec ces dames, après avoir obtenu à leur sujet les meilleurs renseignements sur leur autorité et leur sévérité.

Il fut enchanté de leur gracieux accueil, de leur sympathique attendrissement à sa confession, d’autant plus qu’on ne pouvait rêver d’aussi charmantes et d’aussi séduisantes personnes.

Il eut la chance qu’il se trouva une vacance dans les classes de la pension. Les demoiselles Géraud ne recevaient qu’un nombre limité de jeunes filles et fillettes. Il fallait attendre le départ de l’une pour être acceptée, ce qui rendait très recherchées les admissions.

À son tour, Adeline, que son père et sa mère refusèrent d’embrasser, quitta la maison de Chartres et vint goûter la vie d’internat.

Le premier moment serra le cœur de l’enfant ; mais elle s’accoutuma vite à sa nouvelle existence.

Chapitre II

LA FLAGELLATION

I. ADELINE À PAUL

Je tiens ma promesse, mon chéri, et je t’écris toutes mes pensées, comme toutes mes aventures. Cela pour nous consoler de la méchanceté qu’on nous a témoignée. Tu es loin, mais tôt ou tard mes lettres t’arriveront et te prouveront que je me moque des sévérités, que je recommencerai toujours, et tant que tu le voudras, nos petits plaisirs. J’ai bien pleuré à ton départ, et aussi quand on m’a emmenée. L’abbé n’a pas été gentil, il n’a rien fait pour me défendre, et cependant il me le devait bien, car, je te l’avouerai, c’est lui qui m’instruisit sur toutes les bonnes choses qu’ensuite je t’enseignai. Oui, mon cher Paul, notre professeur, si sévère, si impeccable, ne se gênait pas lorsqu’il me gardait, après la leçon, pour me tripoter et se faire tripoter. Il me reçut la nuit dans sa chambre, et il m’apprit qu’on mettait dans le cul la jolie affaire d’amour que les hommes ont entre les jambes. Ah, il aurait bien pu intervenir, au moins pour moi ! Au fond de l’âme, maintenant, je préfère qu’il en soit ainsi. C’est lui qui a désigné la pension où l’on m’a enfermée, et je ne m’y trouve pas mal. De ce côté, je lui dois de la reconnaissance.

D’après les premières paroles de Mlle Juliette Géraud, lorsque nous fûmes seules, j’ai compris que nos parents avaient eu une bizarre… et heureuse inspiration, en me plaçant dans cette maison.

― Mademoiselle Adeline, me dit-elle, nous n’ignorons pas la cause qui nous vaut le plaisir de vous posséder au milieu de nos élèves. Notre méthode d’éducation diffère essentiellement de celle préconisée partout ailleurs, et si vous vous montrez raisonnable, j’ai la ferme espérance que vous n’aurez pas à vous repentir de votre séjour sous ce toit. Généralement mes élèves n’entrent chez nous que signalées par un fait pareil au vôtre. Nous les corrigeons aux yeux du monde par un procédé tout de bienveillance. Pour être certaines de la réussite, nous demandons la discrétion la plus absolue sur la gestion de notre école. Si vous vous conformez à cette règle, nous amènerons la réconciliation entre vous et votre famille, et nous vous présenterons un bel et bon mari à la fin de vos études. Me promettez-vous cette discrétion ?

― Elle devient mon devoir, Mademoiselle.

Il faut te dire que Mlle Juliette est une jolie femme de 30 ans, une brune délicieuse, à la peau très fine, aux yeux enchanteurs, à la taille de déesse, et ne rappelant rien de l’ogresse que je me figurais.

Elle continua :

― Vous êtes intelligente, mon enfant, nous ne doutons pas que votre bonne volonté dans vos études et dans votre conduite ne nous récompense de tout ce que nous entreprendrons en votre faveur. Je dois vous dire que le système prohibé en France est la flagellation à divers degrés, suivant la nature de la faute. À vous de ne pas la mériter. Pour accoutumer les nouvelles venues à cette idée, la dernière entrée a la charge de l’appliquer au grand tribunal de chaque semaine. Cette mission vous échoit donc. Par votre âge et votre avancement en savoir, vous appartenez à la classe. Nous lions chacune de nos classes par une chaîne affectueuse, dont toutes nos élèves se sont toujours bien trouvées.

Je vais vous présenter Mlle Angèle, de la classe supérieure, qui sera votre grande amie. Chaque grande est ainsi attachée à une élève de la classe moyenne, et de plus, avec celle-ci, prend soin et souci d’une des petites, à titre de petite mère et de petite sœur. Au fur et à mesure, vous vous mettrez au courant des usages de la maison.

Mlle Juliette ouvrit la porte, et j’aperçus Mlle Angèle, une blonde dorée de 17 ans, très gentille, très coquette, très souriante, qui m’embrassa tendrement et me dit :

― Venez, ma chérie, faire connaissance avec vos futures amies et avec votre maîtresse de classe.

Je saluai Mlle Géraud et j’accompagnai ma nouvelle compagne. Mon étonnement ne cessa pas.

Ma maîtresse, Mlle Blanche Delorme, une charmante rousse de vingt ans, m’accueillit de très aimable façon, me tira l’oreille, en disant :

― Mignonne, je ne demande qu’à être contente de votre travail, et vous ne vous plaindrez pas de moi. J’ai été la grande amie d’Angèle, lorsqu’elle appartenait à la classe moyenne, et j’ai été tellement heureuse de mon éducation dans cette maison, que je ne veux plus la quitter. C’est donc une camarade que vous embrassez, en embrassant votre maîtresse.

Combien j’étais loin de la réception que je redoutais ! J’appris alors que l’institution des dames Géraud était divisée en trois classes, chacune de treize élèves ; la grande classe comprenant les pensionnaires de 15 à 18 ans ; la moyenne de 12 à 15 ; la petite de 10 à 13.

On n’en prenait pas au dessous de dix ans, et la sollicitude la plus affectueuse veillait à tous les degrés, et selon le développement physique, sur chaque âge.

Angèle me mena auprès de toutes ses amies, qui me reçurent très gracieusement ; puis, je liai connaissance avec celles de ma classe qui se montrèrent empressées et gentilles ; je vis enfin les petites qui me sautèrent au cou. Parmi celles-ci, je distinguai la petite Elisabeth, dont Angèle était la petite mère, et dont je devenais la petite sœur.

À côté de Mlle Nanette Coutelin, une brune de 22 ans, maîtresse de la petite classe, des yeux de feu, une allure endiablée, et à Mlle Lucienne d’Herbollieu, blonde sentimentale de 24 ans, une idéale créature à dévorer de caresses, professeur de la grande classe.

Mon cœur se délecta d’aise et de joie, je pressentis un bonheur de tous les jours dans ma nouvelle existence, et je résolus de le mériter de mon mieux.

Tu connais à peu près les personnages, mon cher Paul ; à ma prochaine lettre le récit de mes amitiés, de mes aventures. On rêve à beaucoup de choses ici.

Ton Adeline.

II. DE LA MÊME AU MÊME

Me voici lancée dans la pleine vie de pension, et je sais maintenant bien des choses que j’ignorais encore, que je ne te cacherai pas, mon petit Paul, afin que tu juges de ma sincère affection.

Nos études et nos classes ressemblent à celles des autres institutions ; ce qui s’en éloigne ce sont les habitudes, et une tolérance extraordinaire accordée aux grandes, pourvu qu’elles n’enfreignent pas la discipline de la maison.

Le second soir de notre arrivée à la pension, comme j’achevais mes devoirs à l’étude, une demi-heure avant le dîner, je vis entrer mon amie Angèle, qui murmura quelques mots à l’oreille de ma maîtresse, Mlle Blanche, laquelle lisait, et qui m’appela.

― Vous avez terminé vos devoirs Adeline ? me demanda-t-elle.

― Oui, mademoiselle.

― Êtes-vous satisfaite de la façon dont vous les avez faits ?

― Oui, mademoiselle.

― Eh bien, nous le jugerons demain. Pour l’instant, Angèle désire que vous alliez lui tenir compagnie ; je vous autorise à la suivre.

J’aperçus les petits yeux de mes compagnes, qui brillaient avec malice, et je sortis avec Angèle.

― Je veux te montrer ma petite chambre, dit-elle.

― Tu as une chambre ?

― Oui, les sept plus anciennes parmi les grandes couchent dans leur appartement.

― Oh, que c’est agréable !

― Tu ne seras peut-être pas toujours de cet avis !

La chambre d’Angèle, petite, mais coquette et bien meublée, me plut beaucoup.

Elle m’invita à m’asseoir sur le lit, près d’elle, et me regarda avec des yeux si tendres, que je soupirai, et lui jetai les bras autour du cou.

Elle exhalait un doux parfum, que me plongea dans une demi-extase, et sans me rendre compte de mon mouvement, mes lèvres se posèrent sur les siennes.

― Dis, murmura-t-elle, ainsi tu t’es laissé surprendre chez tes parents à t’amuser ?

― Oui, répondis-je, et toi ?

― Moi aussi, mais il y a longtemps ; j’avais onze ans, j’étais bien plus jeune que toi, et je suis rentrée ici dans la petite classe.

― Avec qui t’amusais-tu ?

― Avec ma cousine Hélène.

― On s’amuse donc entre filles ?

― Oh oui, et bien, je t’assure.

Elle me tenait serrée contre son cœur, elle sentit le battement du mien, et sa main glissa sous mes jupes, à l’ouverture du pantalon.

Je ne résistais pas, un flot de désirs me bourdonnait aux tempes.

Elle souleva ma chemise, et me gratta délicieusement, tandis que nos bouches se becquetaient.

Je ne pensais plus du tout au danger d’être à nouveau surprise au milieu de ces agréables plaisirs !

― Tu es chaude, dit-elle, tu auras de nombreuses amies dans la maison.

― Dis, murmurais-je à mon tour, permets-moi de te voir. Elle sourit, retira la main de mes cuisses, retroussa ses jupes, et étala à mes yeux ravis, un petit bouquet de poils des mieux fournis, me montra sa fente coquette et friponne, appelant le baiser, et la blancheur de son ventre.

Elle posa le doigt sur son nombril en me disant :

― Embrasse-moi, là !

La tête en feu, j’obéis ; j’appliquai un gros baiser sur le joli signe ; la vue de ses cuisses me fascina, je me penchai dessus, aspirant avec volupté les effluves de son corps, elle me caressa les cheveux avec les doigts, mon visage colla sur les chairs satinées, mes joues s’empourprèrent de la chaleur qui se dégageait et de l’émotion enivrante que j’éprouvais. Elle se recula en arrière, et ma langue vint caresser sa fente.

Elle tressaillit, et dit :

― Vas un peu plus vite, que nous ayons le temps de jouir.

Je compris, et je léchai, léchait avec une folle ardeur, me croyant transportée au Paradis.

Elle sautillait sur son cul, que je manœuvrais avec les mains, et, tout à coup, elle me mouilla toute la figure, elle jouissait et se tordait, et moi aussi.

Elle se releva prestement, courut à sa toilette et nous nous lavâmes, comme la cloche appelait pour le dîner.

― Mon ange, me dit-elle, tu as reçu le baptême d’amour, tu es bien maintenant ma petite amie ; ne t’étonne de rien de ce que tu verras, soumets-toi docilement aux punitions, ne parle jamais à personne des scènes auxquelles tu assisteras ; et tu considéreras cette pension comme un véritable Olympe sur terre.

Nous descendîmes au réfectoire et reprîmes chacune notre place.

Les maîtresses de classes dînent au milieu de leurs élèves : Mlle Blanche, déjà installée, me sourit et me demanda :

― Avez-vous récité votre leçon à votre grande amie ?

― Elle m’en a donné une, dont je me souviendrai toute la vie.

Ma réponse la satisfit ; elle reprit en me regardant avec des yeux très vifs :

― Vous êtes fille d’à-propos, tâchez de le prouver en tout.

Je m’assis, et ma voisine de droite, Marie Rougemont, une brune bouclée de 14 ans, laquelle au dortoir a son lit près du mien, me servit et me dit :

― Savais-tu la chose que t’a confiée Angèle ?

Devinant que le même lien amical unissait toutes les élèves de la classe moyenne aux élèves de la grande classe, je lui répondis :

― Quelle est ta grande amie ?

― Isabelle Parmentier, la plus forte pianiste de la maison, la petite châtaine blonde, assise à côté de Mme Lucienne.

― On dirait une gamine.

― Oui, mais une gamine qui a de rudes nerfs, elle a 16 ans, et en remontrerait à toutes les grandes. C’est un vrai diable !

Les conversations, comme tu le vois, sont permises à table, à la condition d’être discrètes, de ne pas troubler le service, et de ne pas gêner les tables voisines.

Mlle Juliette Géraud et sa sœur Mlle Fanny, celle-ci âgée de 27 ans, arrivent généralement vers le milieu du repas ; elles font l’inspection, lisent les notes que leur remettent les maîtresses, parlent à quelques-uns d’entre nous, et se retirent ensuite en nous souhaitant bonne nuit.

Après le dîner, qu’on sert à 7 heures, on reste jusqu’à 8 heures dans un salon, en demi-récréation ; les grandes lisent, où s’occupent de divers travaux d’aiguille, qu’elles continuent après notre coucher, car elles veillent plus tard ; une maîtresse ou une grande, déléguée, raconte des histoires aux petites ; les moyennes causent bas entre amies, ou lisent.

Nous aimons assez cette heure, qui nous procure une espèce d’illusion de ce qu’est le monde.

Nos maîtresses s’attachent à nous intéresser, et nous y donnent quelques conseils de bonne éducation.

― Pas d’éclat de voix, mes enfants, ne cessent-elles de nous répéter, cela ne sert à rien qu’à vous abîmer le gosier, à nous rendre ridicules, et à nous fatiguer. Dites gentiment, doucement, ce que vous désirez, soyez prévenantes les unes envers les autres, ainsi vous vous facilitez mille chances d’agrément et de plaisir. Ne vous disputez jamais, cédez-vous mutuellement, et redoutez par-dessus tout, les mauvais sentiments de défiance, de jalousie et d’envie.

La demie de huit heures sonne toujours trop tôt, mais comme le sommeil nous talonne, on monte au dortoir sans trop de regrets.

Nous couchons, les moyennes, sur deux rangées de sept lits, encadrés de grands rideaux.

Deux lanternes chinoises nous éclairent. Nous devons nous déshabiller en silence, pendant que notre maîtresse se promène de long en large, surveillant les divers détails de nos soins du corps, opérer derrière nos rideaux soulevés vers le pied du lit, et formant autour comme une véritable petite chambre.

À un coup qu’elle frappe dans les mains, nous entrons toutes dans nos draps, elle récite une prière, se promène encore quelques minutes, et se retire chez elle.

Ce soir-là, elle venait à peine de nous quitter, que mon rideau s’agita, et je vis émerger la tête de Marie Rougemont qui, un doigt sur les lèvres, me recommanda la prudence. Je ne bougeai pas, et j’attendis l’aventure. Marie, s’avançant avec précaution, pénétra dans l’espace libre s’étendant entre le rideau et le lit, et, courbée en deux, inspecta le dortoir pour se rendre compte si elle ne risquait pas d’être découverte.

La chambre de Mlle Blanche se trouvait en face de ma couchette.

Elle regarda vers cette chambre, et, ayant entendu le bruissement du corps de notre maîtresse, se mettant au lit, elle s’approcha de ma bouche, la baisa et me dit :

― Tourne-toi, et montre-moi ton cul, que je le lèche ; c’est ma toquade, et tu dois en avoir un bien joli, puisque les hommes s’en amusaient.

Notre légende se multipliait ; ce n’était plus un homme, un petit homme, mon frère, toi, Paul, qu’on m’attribuait, mais des hommes.

Je ne pensai pas à rétablir la vérité des faits, seul le plaisir me troublait les idées ; je me tournai, ainsi que le désirait Marie, relevai mes draps, ma chemise, et lui présentais mes fesses déjà en ébullition.

Ah ! quelle savante, mon chéri ! Non, tu ne peux te figurer avec quel art elle agissait. Elle ne mentait pas en confessant qu’elle adorait les culs.

Elle commença par encadrer le mien de ses bras, appuyant sur chaque fesse tantôt une joue, tantôt l’autre ; puis elle se pinça le nez en ouvrant et fermant successivement la raie avec les doigts ; elle chercha à l’enfouir au plus profond, comme tu le fis la première fois ; elle s’arrêta, se haussa sur les pieds, et le caressa avec la pointe des seins, très fermes ; enfin, elle l’embrassa avec tendresse, puis lécha toute la raie avec des soupirs et des tressaillements de plus en plus vifs ; elle ne ménagea plus sa félicité.

Le lit cria sous mes propres mouvements de jouissance ; tout à coup la foudre éclata, les rideaux s’ouvrirent, et Mlle Blanche, en peignoir, nous surprit.

Sans prononcer une parole, elle posa la main sur une épaule de Marie, et murmura tout bas :

― Marie, c’est très mal, vous pouviez réveiller vos compagnes et les pousser aux mêmes folies. Vous êtes deux fois coupables, parce que vous vous êtes adressé à une nouvelle, qui ne connaît pas encore le règlement. Habillez-vous et suivez-moi à la chambre de punition. Demain vous comparaîtrez devant Mlle Fanny. Quant à vous, Adeline, vous auriez dû repousser les propositions de votre voisine. Vous ne l’avez pas fait, vous méritez un châtiment. Pour cette fois vous supporterez la simple flagellation, sans apparition au tribunal. Demain matin vous m’accompagnerez chez Madame.

J’étais épouvantée.

Marie s’habilla sans protester et suivit Mlle Blanche.


Longtemps je m’agitai, le sommeil s’entêtait à me fuir ; la fatigue finit par l’emporter.

Ma lettre est déjà bien longue, je la coupe, mon petit Paul, et te renvoie à la suivante pour connaître mon sort.

III. DE LA MÊME AU MÊME

À mon réveil, à six heures du matin, le souci tourmentait mon esprit.

Dès les prières terminées, les élèves rentrées dans les salles à étude, Mlle Blanche me conduisit dans une grande pièce toute tendue de draperies noires, et éclairée par un lustre à six branches.

Devant une table se tenait assise Mlle Fanny Géraud, en toilette de soie noire, lui allant à ravir et faisant ressortir sa blonde beauté, aussi fine que celle de sa sœur, mais n’enlevant rien à la sévérité de son regard.

Debout, devant la table, il y avait Mlle Nanette Coutelin, au milieu de la salle : sur un pouf, je vis Marie Rougemont, et on m’invita à m’asseoir sur un autre pouf à son côté.

Comme mobilier la salle n’offrait que des poufs et des prie-Dieu de diverses hauteurs et de divers modèles.

Mlle Blanche s’approcha de Mlle Fanny avec laquelle elle échangea quelques mots, puis, se plaçant près de Mlle Nanette, elle écouta le discours de notre grande directrice :

― Votre faute, Marie, est plus grave que celle d’Adeline. Elle ressort du tribunal et vous en rendrez compte demain. Mais, coupable en même temps qu’Adeline, vous assisterez à sa punition, afin que vous vous en souveniez toutes les deux. Vous n’ignorez pas, Adeline, la nature de la faute que vous accomplissiez en ne résistant pas aux sollicitations de votre voisine de lit. Elle a surtout sa gravité dans le fait du sommeil de vos compagnes, que vous risquiez de troubler. Comme on n’a rien à vous reprocher, soit dans votre application au travail, soit dans votre conduite, pour cette fois vous en serez quitte avec une simple et forte fessée de la main, appliquée ici en comité restreint ; une seconde faute pareille, vous attirerait la fessée avec la verge, et en présence des trois classes réunies, ainsi que du grand conseil de direction. Je n’ai pas besoin d’insister sur ce que cette punition aurait de pénible pour votre amour-propre. Remerciez votre maîtresse de la modération qu’elle a témoignée à votre sujet, et promettez de ne plus recommencer.

J’étais très émue, je le promis, et je ne refusai pas d’embrasser Mlle Blanche.

Mlle Nanette fut chargée de l’exécution de la peine.

On avança un prie-Dieu ; on m’agenouilla sur le marchepied assez élevé, on m’attacha les bras et les jambes, Mlle Fanny ramena mes jupes sur le dos, et comme on m’avait fait enlever mon pantalon, mon cul apparut tout nu, dans sa complète rotondité.

Tous ces préparatifs m’impressionnaient fort ; j’étais toute rouge et un sentiment de honte me paralysait l’esprit. Je n’osais regarder personne, et tout à coup, une terrible claque s’abattit sur mes fesses.

Je poussai un cri. Mlle Nanette avait la main dure. Le cul tremblait sous la vibrante commotion de la main, et elle ne s’en tint pas là.

Trois, quatre, cinq, dix, douze claques avec toute la force du bras, me jetèrent dans une surexcitation extrême. Je criais, je pleurais, j’implorais ma grâce, tout tourbillonnait autour de moi, il me semblait que mes chairs se déchiraient, je redoutais sincèrement que mon pauvre cul demeurât à jamais endommagé.

La punition cessa. A la tête, debout devant moi, se trouvait Mlle Fanny ; Marie Rougemont se leva, se prosterna derrière moi, et notre maîtresse de classe dit alors :

― Vous avez valu le supplice à ce cher trésor, Marie, baisez-le maintenant, et calmez la douleur qu’il ressent.

Était-ce possible ?

Après le châtiment, on autorisait la cause qui l’attira. Mes pleurs se tarirent par enchantement. Marie me caressa avec gentillesse. Peu à peu je repris mes esprits, et je distinguai à nos côtés Mlle Blanche, accroupie entre les cuisses de Mlle Fanny, toute retroussée, et la baisant comme tu me le faisais.

Puis, Mlle Nanette, ramassant les jupes sur son bras, s’approcha des deux femmes, leur montrant ses jambes et son cul entièrement nus, et Mlle Fanny la caressa de la main, tandis que par moments, Mlle Blanche se tournait et lui léchait le cul.

Les caresses de Marie me transportaient dans le ciel ; oubliant la souffrance endurée, je ne tardai pas à jouir.

De cette décharge, Marie me donna un baiser plus ardent que les autres, elle suspendit mon délire, et, venant aux trois femmes, celles-ci se mirent en ligne, pour lui offrir leur cul qu’elle lécha successivement.

Attachée à mon prie-Dieu, je me croyais le jouet d’un rêve délicieux.

J’admirais trois postérieurs féminins, dignes d’inspirer les plus fougueux désirs, et mes soupirs se multipliant, je m’agitais, maudissant les liens qui me retenaient.

Mlle Blanche comprit ce qui se passait dans mon esprit, elle se souvint de moi, et gentiment vint me détacher. Elle me montra du doigt Marie, accroupie derrière les fesses de Mlle Fanny et de Mlle Nanette, les caressant et les partageant habilement ; elle se retroussa et me présenta les siennes.

Ah ! mon petit Paul, je pensais en cet instant à tous tes plaisirs et ceux de l’abbé, lorsque vous dévoriez mon cul de vos chaudes lippées !

Le cul de Blanche, potelé, rondelet, bien marqué dans sa raie, ombragé vers le bas de quelques poils follets, s’épanouissait devant mes yeux ravis dans toute l’éblouissante blancheur de ses chairs.

Elle se pencha en avant, pour que j’en admirasse toute la suave conjecture, et je baisai avec émotion d’abord les parties charnues, envoyant la main entre les cuisses vers le conin, qui, coquet et mignon, apparaissait entre les poils.

Elle développa ses rondeurs, la raie miroita de mille feux brûlants, un de mes doigts la parcourut, puis mon nez, comme tu me le fis, enfin mes lèvres et ma langue.

Quelle extase, quelle fièvre ! Je nageais en pleine félicité, et tout à coup on me l’arracha. Je n’eus pas le temps de me plaindre, le cul de Nanette s’offrait à mon délire.

Quelle allure, celui-ci ! un peu plus petit que chez Blanche, on aurait dit qu’il possédait une âme tant il se prêtait à l’impulsion désirée. Élégant, d’un ovale parfait, ferme et dur, plein de nerfs et de muscles, il jouait de la raie avec une dextérité merveilleuse. Les joues se gonflaient soudain, puis se repliant, la raie s’échancrait fortement, pour se refermer brutalement et ne plus présenter qu’une mince ligne, où il semblait impossible de glisser l’extrémité d’un ongle.

Manœuvré avec une incroyable science, il s’élevait, s’abaissait, dessinait des courbes à droite, à gauche, au milieu desquelles ma langue, éprise de ses chaînes, le suivait dans toutes ses évolutions, le mouillant de la salive, qui me montait au gosier. Quel jeu divin, quel charmant dénouement à la peine de tantôt ! On me régala encore de celui de Fanny, en deux avec le cul de Marie Rougemont.

Cette dernière se mit à quatre pattes et par dessus elle, un peu en avant, se plaça notre grande directrice.

Je dus distribuer mes caresses à ces deux nouveaux bijoux.

Le cul de Fanny surpassait le cul de Marie par l’ampleur et le fin de ses formes, mais celui de Marie ne manquait pas de grâce et de gentillesse. Protégé par la superbe croupe de notre maîtresse, la plus forte de celles contemplées dans cette salle, il affectait la modestie, la timidité et appelait tout aussi bien la furie des lèvres.

Mais comment dépeindre cette royale beauté de Fanny ? Ah ! mon petit Paul, tu te serais vautré dessus à en expirer. Je me demandais, si bien prise dans tous ses membres, si délicate dans ses formes, elle pouvait avoir une telle ampleur du cul.

Étalé sous mes yeux, il dominait tout le corps, avec une raie profonde, accentuée, rosée, s’étendant très bas et très liant, avec des proportions à enfouir toute la machine de l’abbé.

Debout, tout rentrait dans les limites naturelles et raisonnables ; à quatre pattes il s’accroissait à m’affoler.

Je m’y cramponnai des mains, de la bouche, de la langue, des dents même, revenant de temps en temps à ma petite amie, et elle tressauta, jouissant déjà, murmurant :

― Petite Adeline, tu deviendras l’une de mes meilleures élèves. On t’aimera beaucoup, et tu aimeras notre maison. Rends-moi les coups que Nanette t’a donnés.

Je n’osais, je baisais et léchais. Nanette me poussant la tête sur le cul de Fanny, me dit :

― Tape donc petite, puisqu’elle te le demande, tu lui causeras ainsi de la volupté.

Tandis que je m’exécutais, frappant à coups redoublés ce joli cul, répondant à mes claques par des frissons, que je voyais courir le long de la fente, Nanette mit Blanche à cheval sur ses jambes, toutes les deux se collèrent lèvres contre lèvres ; leurs mains coururent sous leurs jupes, et elles s’agitèrent avec frénésie, se flottant le ventre l’une contre l’autre.

Fanny, à un moment venu, serra le cul de Marie entre ses cuisses, elle se souleva par dessus, l’écrasa de tout son poids, son ventre retombant brusquement, et elle répandit sa liqueur de jouissance.

La félicité me clouait expirante la langue entre ses fesses.

N’est-ce pas miraculeux, mon cher Paul d’être si bien tombée. Garde bien le secret de ces lettres, et tu sauras toujours tout ce qui m’arrive.

Adeline.

IV. DE LA MÊME AU MÊME

J’en suis restée, mon Paul à cette enivrante béatitude, qui s’empara de tout mon être en extase sur le cul de Fanny.

Peu à peu le calme renaquit ; on souleva une tenture ; un magnifique cabinet de toilette se trouvait à côté ; nous y passâmes, et on se lava.

Mlle Fanny se retira en nous embrassant, et comme je croyais la séance terminée, à ma grande joie, Mlle Blanche me pria de l’accompagner dans sa chambre, pendant que Nanette emmènerait dans la sienne Marie.

Chez elle, Blanche, qui m’autorisa à l’appeler de la sorte en dehors des classes, me fit mettre toute nue, et elle m’imita. Nous grimpâmes sur son lit, elle me prit dans ses bras, tenant mes fesses dans ses mains ; je pris également les siennes. Elle me tendit ses lèvres que je me dépêchai de baiser et de sucer ; ses seins des plus délectables, s’appuyèrent contre ma poitrine, son ventre se colla au mien, ce fut une véritable extase infinie, où, sans bouger, serrées l’une contre l’autre à nous fondre mutuellement dans nos chairs, nous aspirâmes notre haleine dans une série ininterrompue de baisers suceurs de nos langues.

Au Paradis, les joies et les félicités ne sauraient être plus grandes que celles ainsi éprouvées !

Nos mains ne quittaient nos fesses que pour se promener sur nos corps, que pour permettre à nos bras de nous enlacer. Pour une pareille fin de punition, je rêvais à me rendre coupable toutes les nuits de pareille faute.

Blanche devina ma pensée, et dit :

― Chère Adeline, malgré tout ton bonheur actuel et le mien, ne pêche plus. Pour être digne de l’ivresse que je te procure, et qu’on te procurera dans cette maison au fur et à mesure de tes progrès, il est indispensable de soigner sa santé, et de ne pas compromettre celle de ses amies.

Nous aurions pu sévir, et ne pas te convier à cette volupté qui t’ouvre le ciel ; nous ne l’avons pas fait pour te prouver que tes désirs trouveront satisfaction à leur heure, mais à la condition de ne pas transgresser les règles de sagesse qui maintiennent l’harmonie entre toutes nos élèves, en nous garantissant leur soumission et leurs efforts à nous contenter ; si nous n’interdissions pas ces contacts nocturnes, pas une de nos élèves ne se reposerait. Te voilà au courant de notre facilité de plaisir, n’abuse pas des mystères. Puis-je compter sur ton obéissance ?

― Oui, chère maîtresse.

― Nous savons que tu jouis d’une robuste santé, et nous réparerons tes fatigues par une hygiène que prescrit un de nos docteurs. Certaine de ton zèle, de ta bonne volonté, on ne te ménagera pas les occasions de t’amuser. Défie-toi des petites aventures avec des camarades capricieuses. Je te le confie ici, un rien nous avertit de la faute et elle est arrêtée à son début. Tu étais nouvelle, tu as bénéficié de l’indulgence de la direction, il n’en irait pas de la sorte la prochaine fois.

Nous ne cessions de nous becqueter, de nous chatouiller le conin et Blanche s’échauffait.

Sautant à bas du lit, elle ouvrit un tiroir.

― Tiens, me dit-elle, passe-toi ça à la ceinture, et je vais t’apprendre à devenir mon petit amant.

― Oh ! répondis-je, je sais comment ça se pratique, on l’enfonce dans le cul.

― On te l’a mis dedans ? dit-elle, en éclatant de rire.

― Oui, répliquai-je.

― Oh ! la pauvre petite, tu as dû joliment souffrir !

― Non, cela me plaisait beaucoup. Vraiment ! Nous essayerons une autre fois. Pour l’instant, ce n’est pas de côte qu’il s’agit de l’enfoncer, mais par ici entre les cuisses.

― Ça entrera ?

― Viens vite sur moi, et remue-toi en même temps. Ce joujou s’appelle un godemiché, et ça remplace l’homme. Tu m’as versé une telle chaleur dans les veines, qu’il faut que tu me prennes.

Ces leçons ne sont difficiles à retenir.

Blanche avait placé le bout de l’instrument sur son conin, elle se dandina, je l’imitai avec une folle ardeur ; bientôt la machine, assez grosse, disparue en entier dans son ventre.

Nous nous tenions enlacées, nous sautions en cadence, elle me dévorait de baisers, que je rendais avec passion, une chaleur pénétrante me brûlait la moelle des os, nous jouîmes ensemble, et nos décharges se mêlèrent dans nos poils.

― Tu me promets d’être bien sage, me dit-elle, en nous rhabillant.

― Je le jure.

― Je compte sur ta parole, et tu ne t’en repentiras pas.

Nous retournâmes alors à nos classes.

Deux des plus anciennes parmi les grandes, Berthe Litton et Josèphe de Branzier avaient remplacé les maîtresses.

Marie Rougemont était déjà à sa place. Elle ne me parla de rien, ni les autres élèves non plus. Tout marcha, comme si rien ne s’était passé.

Je m’étonnai à la récréation de ne pas voir mon amie Angèle. J’appris avec chagrin que ma faute retombait en partie sur elle, qu’elle serait châtiée le lendemain à cause de moi, et que pour la journée elle subissait les arrêts et des corvées.

On agissait ainsi sur notre moral, sur notre cœur, pour que nous ne persévérions pas dans nos erreurs.

Le lendemain, se trouvant le jour du tribunal, j’allais entrer tout à fait dans la vie de la maison.

Le tribunal se rassemblait à cinq heures de l’après-midi.

Ma maîtresse, Mlle Blanche, m’amena dans un petit salon, où l’on me présenta à l’aumônier, M. l’abbé Jacquart, à MM. Camille Gaudin, un juge, Jules Galles, propriétaire, et Bernard de Charvey, médecin de la pension, tous hommes âgés de 35 à 40 ans, et formant le grand conseil de la maison.

Très intimidée, je les saluai avec gaucherie, et ne tardai pas à me rassurer devant leurs gracieusetés.

Mlle Juliette et Fanny Géraud, les deux autres maîtresses, et une élève de la grande classe, Mlle Berthe Litton, nous rejoignirent bientôt.

On se dirigea vers la salle de punition, organisée d’une autre manière que le matin précédent.

En haut, cinq fauteuils servirent de sièges à l’aumônier au milieu, ayant à sa droite Mlle Juliette, à sa gauche Mlle Fanny, lesquelles eurent de l’autre côté, la première M. Camille Gaudin, la seconde M. Bernard de Charvey.

Les trois maîtresses s’assirent sur des chaises du côté gauche ; Berthe Litton, M. Jules Galles et moi, nous nous installâmes de même au côté droit.

Vis-à-vis des cinq fauteuils se trouvaient des rangées de chaises, l’autre extrémité, pour les élèves, qui ne les occupèrent pas pour le début des punitions.

On commença en effet par celles ayant mérité la flagellation sans la présence de leurs amies et la petite classe ouvrit la séance par une jolie brouette, Lisa Carrin, une gamine de 17 ans, qu’amena toute nue, une des deux surveillantes Mlle Elise Robert, une grande et superbe fille de 19 ans ; l’autre, Mlle Georgette Pascal, une mignonne et gentille blonde de 18 ans, forme d’antithèse de la première, solide brune avec un léger duvet sur la lèvre supérieure, ne lui allant pas mal.

La petite Lisa, toute rouge, toute mièvre, toute embarrassée, à demi pleurnichante, fut attachée à un socle, placé au milieu de la salle, le dos tourné vers le conseil.

Berthe se leva, prit une feuille de papier et lu :

― Mlle Lisa Carrin a donné une gifle à une de ses camarades, a mal répondu à sa maîtresse, qui la réprimandait, a refusé de copier les dix pages infligées comme pensum, a subi la privation de récréation, a été condamnée à recevoir en plus cinq claques sur les fesses devant l’assemblée, Mlle Adeline Mirzan est chargée de l’exécution.

Ainsi après avoir souffert la flagellation, je devais à mon tour l’appliquer, et cela devant tout le monde.

Une peur atroce me cloua à ma place, mes jambes tremblaient. Le silence régnait, la chair de la pauvre petite condamnée miroitait à mes yeux. Mlle Juliette m’apostropha en ces termes :

― Eh bien Adeline, décidez-vous. N’allongez pas le supplice de cette enfant par une cruelle et inutile attente. Fouettez-la et ferme, elle l’a bien mérité.

Tous les regards pesaient sur moi, je ne pouvais davantage reculer.

Je me dressai et m’approchai du terrible poteau.

Pauvre petite Lisa ! Ses jambes frêles supportaient un petit cul blanc et mignon ; elle tressaillait d’effroi ; elle me dit tout bas :

― Ne frappe pas trop fort, je t’en prie, je crains beaucoup les coups.

Mon cœur se serrait, Mlle Juliette reprit :

― Voyons, voyons, Adeline, vous apportez une déplorable lenteur à votre mission, nous n’en finirons jamais si vous ne vous hâtez pas davantage. Ce n’est cependant rien à côté des autres.

Refuser de frapper, j’y pensai un instant. J’entrevis que non seulement il m’en cuirait, mais encore à toutes celles qui devaient être châtiées ce jour-là.

Je fermai les yeux, et vlan, vlan, les cinq claques retentirent sur le petit cul. Lisa poussa un hurlement, je ne l’avais pas ménagée comme je l’aurais voulu, son cul ressortait cramoisi.

On la détacha et on l’emmena.

― Restez là, m’ordonna Mademoiselle Juliette, il y en a deux autres à expédier de la sorte.

Hélas, la suivante n’était autre qu’Angèle, qui apparut tout habillée et toute triste.

On lia ses bras, ses jambes, et on appuya le haut de son corps sur le dossier d’un prie-Dieu.

Berthe lut :

― Mademoiselle Angèle de Noirmont, condamnation par ricochet à douze claques sur les fesses, pour lubricité nocturne de sa jeune amie Adeline, surprise en flagrant délit avec Marie Rougemont. Privation de plaisirs une journée pour ne pas avoir appris à Adeline la nature du lien moral qui les attache l’une à l’autre.

On retroussa les jupes d’Angèle, on les épingla sur les épaules, son joli cul apparut divin, enchanteur, fascinateur ! Ah, comme j’eusse préféré le baiser : il fallut obéir, Mademoiselle Juliette prononça :

― Frappez, Adeline, et marchez plus vite que tantôt. J’allongeai deux, trois claques, avec une évidente mollesse : l’aumônier protesta :

― Ce n’est plus un châtiment si vous tapez aussi doucement. N’épargnez pas votre amie, Mademoiselle, sans quoi vous l’exposeriez à être fustigée par les verges.

Angèle ne soufflait pas mot, je m’exécutais et fouettais plus fort. Il me sembla que sa peau frissonnait, les fesses tressaillirent, les cuisses s’agitèrent ; soudain, à mon grand étonnement, au onzième coup elle déchargea.

Quoi, cette commotion devenait pour elle un bonheur ? Je ne pouvais en croire mes yeux, et par un effet de sympathie, je me sentis moi aussi toute chatouillée par le plaisir. Je frappais la douzième claque avec une violence inouïe.

On détacha Angèle, qui m’embrassa et partit.

La troisième coupable se trouvait être une autre grande, Mademoiselle Ève Philippe, condamnée à la flagellation avec verges, pour une discussion avec sa maîtresse, Mademoiselle Lucienne d’Herbollieu.

On la plaça comme Angèle et on remit un martinet à cinq ou six lanières.

Ève était magnifiquement faite, et d’une blancheur éblouissante, coquette et fine au possible, avec des yeux bleus d’une pureté angélique, elle représentait la plus idéale des blondes. Le cul bien pris, moins épais que ceux de mes maîtresses, entrevus la veille, n’en offrait pas moins une perfection absolue, et j’éprouvai encore de l’indécision à flétrir de si ravissantes chairs.

On me commanda, mon bras se leva et s’abaissa, les coups se précipitèrent, cinglant les deux fesses, pénétrant à l’entrecuisse, excitant les cris de la patiente qui se tordit, sollicitant sa grâce.

― Non, non, pas de grâce, s’écria Mademoiselle Juliette, frappez plus fort. À l’âge d’Ève, il n’est plus permis de commettre des fautes, de se disputer avec une maîtresse qui s’ingénie à être agréable à ses élèves. Plus on approche du jour où l’on quittera cette maison, plus il convient de se montrer déférente pour les bontés qu’on y rencontra.

― Je vous promets, Madame, de ne plus recommencer, j’en demande pardon à Lucienne.

― Frappez, Adeline, jusqu’à ce que le sang coule.

J’allais à tour de bras ; mes yeux se voilèrent. Les chairs de ce cul si charmant dansaient, je jouissais en tapant, mon teint s’animait, malgré moi, ma main libre se crispait sur ma robe entre mes cuisses, et à mesure que je frappais, je me grattais.

Personne ne paraissait s’en apercevoir. Ma folie m’envahissait le cerveau ; Ève pleurait, sanglotait, murmurait :

― Méchante, méchante, qui l’eut soupçonné ! Aïe, assez, pas plus, je vous en supplie tous.

Le sang coula, le supplice cessa, la pâleur sur mon visage remplaçait les couleurs ; on essuya et on pansa Ève, et détachée, elle dut m’embrasser en signe d’oubli de peine. Elle sortit et on m’appela devant le conseil. Alors, mon petit Paul, Juliette me retroussa, constata mon émotion, et je passai entre les mains de tous ces Messieurs, qui me caressèrent les cuisses et les fesses, me tapotèrent les joues, me prédirent mille félicités si je me montrais bien docile et bien discrète.

J’étais heureuse comme tu ne saurais l’imaginer et ils auraient exigé n’importe quoi, que je n’eusse rien refusé. Mais la séance allait continuer, chacun retourna à sa place, toutes les classes entrèrent.

En voilà assez pour aujourd’hui mon chéri, à demain les autres détails.

Ta sœur qui t’aime, Adeline.

V. DE LA MÊME AU MÊME

Vis-à-vis le conseil, mon cher Paul, s’installèrent les trois classes, les premiers rangs, ensuite les moyennes, au fond les grandes.

Je remarquai que certaines élèves des trois catégories portaient une robe rouge, avec une croix d’honneur sur la poitrine.

On m’apprit plus tard qu’elles appartenaient à la confrérie des Filles Rouges, lesquelles se lient pour toujours avec la pension, jurant de ne se marier qu’avec un mari présenté par nos maîtresses, et d’assister toujours aux grandes fêtes de la maison.

Parmi les petites, deux portaient cette toilette, trois dans les moyennes, et six dans les grandes.

Toutes la désiraient ; on ne l’accordait qu’aux plus méritantes, aux plus intelligentes, aux plus discrètes, après un certain temps d’apprentissage.

Dans cette assemblée d’élèves, instruites avec une si douce méthode amicale, le silence régna absolu.

Deux jeunes filles de la classe moyenne comparurent devant le conseil : Marie Rougemont et une nommée Désirée Brocard, surprise au cabinet d’aisance, s’amusant toute seule.

Marie apparut, vêtue d’une longue chemise de nuit descendant sur les pieds, les cheveux dénoués flottant sur le dos, les mains attachées par derrière.

On la plaça debout devant le conseil, et l’aumônier lui dit :

― Nous avons su, Mademoiselle, l’acte répréhensible que vous commîtes, nous ne le relaterons pas ; votre faute est impardonnable. Avant de vous notifier la punition fixée, nous désirons entendre votre défense. Qu’alléguerez-vous pour votre justification ?

― Je souffrais de la tête, envahie par le sang, les nerfs me travaillaient, je ne jouissais plus de ma liberté d’esprit, le sommeil me fuyait, toute la journée des pensées m’agitèrent, je risquais une maladie à ne pas faire l’acte que vous me reprochez. Je le regrette, et j’accepte la pénitence que vous m’infligerez ; mais je crains de ne pouvoir m’empêcher de recommencer et je préfère l’avouer de suite, sollicitant toute votre indulgence pour l’avenir.

― Pour cette fois, nous vous condamnons à la flagellation par la badine et avec la verge pendant trois soirs, avant de vous coucher ; pendant un mois vous serez séparée d’avec vos compagnes, et pendant quinze jours vous n’aurez aucun rapport avec votre grande amie.

― Oh, je vous en supplie, ne m’isolez pas un aussi long temps.

― Nous condamnons en outre votre amie Isabelle à la flagellation par le martinet, qu’elle subira à vos côtés. Le jugement est définitif.

Sur ces mots, on introduisit Isabelle Parmentier dans la même tenue que Marie.

On les plaça en face l’une de l’autre, on les attacha à un prie-Dieu, on releva leur chemise qu’on épingla aux épaules, et il m’échut de châtier Isabelle, tandis que Nanette châtierait Marie. Un nouveau cul s’offrait à ma contemplation, un cul nerveux, aux fesses rondes et saillantes, à la raie fortement accusée vers le haut et vers le bas, où l’on apercevait une touffe de poils très noirs.

Isabelle qui, par sa petite taille, faisait l’effet d’une gamine, présentait, vue ainsi, une vigueur peu commune dans les membres ; les mollets développés attiraient l’attention sur des jambes merveilleuses, et la chute des reins, nette, superbe, montrait des épaules d’un modèle exquis, surplombant des seins fermes et hardis, que trahissait le pli de la chemise.

Le cul d’Isabelle, si joli qu’il fût, reçu une ample moisson de coups de martinet, comme tantôt celui d'Ève. Elle ne pleura pas, tressaillit par instants, contrastant avec Marie, qui hurlait à chaque coup de badine.

Tout de suite après cette exécution, Désirée Brocard entra sous le même appareil que ses deux devancières, tenant en plus un pot de chambre à la main.

L’aspect était si bouffon que tout le monde partit d’un grand éclat de rire, lequel provoqua un très vif incarnat sur ses joues. On la fit asseoir sur un pouf, et, sur un second pouf, près d’elle, on installa le pot de chambre.

Mademoiselle Nanette glissa un miroir dans le vase, et l’aumônier dit :

― Mon enfant, la solitude est une belle chose, mais il est des lieux mieux choisis que celui où vous vous réfugiâtes pour en apprécier le charme et la douceur. Votre punition sera plus morale qu’effective. On va vous coiffer de ce charmant récipient, et vous recevrez douze claques des mains de Diane de Versan. Pendant huit jours, on mettra à côté des plats le petit meuble, qui vous rappellera le cher réduit où vous vous délectiez. Après votre flagellation, vous ferez le tour des classes, votre pot à la main, et vous l’emporterez, plein ou non, pour le nettoyer avec le miroir qui est au fond, lequel ornera la tête de votre lit tout un mois.

Le délire devint général, même dans les rangs du conseil, et Désirée, de plus en plus rouge, ne sut quelle contenance tenir. On la coiffa du pot, et son amie Diane la claqua très fort en disant :

― Voilà pour toi, vilaine sotte, que la honte te couvre tout entière. Est-il permis de s’isoler en si vilain endroit quand on est en si bonne société ? Vlan, sale, petite cochonne, une autre fois je demanderai à Mademoiselle de rompre notre amitié.

― Non, oh, non, Diane, je ne recommencerai plus, tape plus fort, si tu veux, mais pardonne-moi.

La promenade du vase mit le comble à la joie. Presque toutes les petites prétendirent avoir envie, et presque toutes y pissèrent quelques gouttes. Les moyennes et les grandes montrèrent plus de retenue. Malgré cela, le vase se remplit.

On l’apporta à l’aumônier qui, le prenant, contempla la coupable, et dit :

― Que penseriez-vous, si je vous ordonnais de le boire ? Désirée pleurait en silence, il continua :

― Si je l’ordonnais, je paraîtrais approuver le vilain acte que vous accomplissiez. Je pourrais encore commander qu’on le verse sur le corps, en vous condamnant à rester ainsi sale toute une nuit, je vous en dispense. Allez, et nettoyez-le. Ne repêchez plus.

La liste des punitions épuisée, on passa aux récompenses.

Après le relevé des bonnes notes, on énuméra les noms de celles qui s’étaient distinguées, en commençant par les grandes.

1° Mademoiselle Athénaïs Caffarel, admise au Grand Cordon rose, pour application soutenue, conduite exemplaire à l’étude, bonne volonté constante à aider la direction et le personnel dans les soins et services de la maison.

C’était une blonde de 17 ans et demi, possédant déjà ses premiers diplômes, et appartenant à la pension depuis l’âge de 10 ans.

2° Mademoiselle Angèle de Noirmont (ma grande amie) admise à la Confrérie des Filles Rouges, pour sa douceur de caractère, son attachement à ses maîtresses et à la maison, la perfection de ses études, son précieux concours apporté à aplanir les difficultés entre élèves.

3° Mlle Eulalie Pierre, 13 ans et demi.

4° Mlle Léonore Grécœur, 14 ans, permission du coucher à 10 heures du soir et du lever à 7 heures du matin, pour toute une semaine.

5° Mlle Anne Flavart, 11 ans, don d’un livre d’historiettes pour son application et son obéissance.

6° Mlle Pauline de Merbes, 10 ans et demi, très délurée et très dégourdie, admission aux Filles Rouges pour sa bonne volonté, l’indomptable énergie qu’elle apportait à se sermenter et à suivre les conseils de ses maîtresses.

Nous eûmes ensuite un discours de l’aumônier, prêtant à bien des sous-entendus, quelques paroles de Mlle Juliette, nous quittâmes la salle de punition, y laissant nos maîtresses et les Filles Rouges.

La récréation suivit sous la surveillance de Mlle Elise Robert, dans une cour vitrée, en attendant l’heure du dîner. Les classes, quoique mélangées, se ressentaient de l’absence de toutes celles restées avec le conseil et nos maîtresses. Mlle Robert s’amusa avec les plus petites ; les moyennes causèrent avec leurs grandes amies, je me joignis à un groupe cinq à six et m’instruisis sur quelques détails et habitudes de la pension.

Je cessais de figurer parmi les ignorantes et je n’avais plus qu’à être portée par le courant.

Te voilà, mon petit Paul, renseigné sur mes débuts chez les demoiselles Géraud ; attends avec patience une nouvelle série de lettres pour bien tout savoir de mes actes. Je ne te cacherai rien de mes aventures. C’est encore une jouissance de les conter. Je souhaite, si à Londres tu es privé des plaisirs de la chair, que tu les goûtes en pensée avec moi. Mes lettres sont imbibées de la chaleur de mes sens, qui se prêtèrent toujours avec bonheur à la satisfaction des tiens. Ne sois pas malade, mon chéri, et tôt ou tard, nous recommencerons ce qu’on a prétendu nous interdire, je te le promets de tout mon cœur.

Mille bons baisers de ta sœur qui t’aime.

Adeline.

Chapitre III

LA FÊTE DE NUIT

ADELINE À PAUL

Comme le temps file quand tout sourit à nos vœux, à nos rêves ! Plus de trois mois, mon chéri, que je ne t’ai écrit, et que de choses depuis.

Mes lettres te sont parvenues par le cousin d’Eulalie, ton condisciple aux Jésuites, que la mort d’une parente avait appelé à Paris. Déchire-les après lecture, de peur que nous n’en récoltions des ennuis et afin que nous puissions continuer ces chères confidences.

J’attends les tiennes, certaine qu’une occasion surgira qui me permette de les recevoir.

Je désire que tu t’amuses comme moi, et je t’envoie en tout cas le récit de mes folles ivresses pour te prouver que je ne change pas de manière de voir sur toutes ces bonnes choses.

Je te regrette souvent, mon petit Paul, c’est te dire que l’égoïsme ne me mord pas le cœur.

La vie bien réglée, bien organisée, ne nous fatigue pas, et nous vaut toutes sortes de joies, de surprises agréables.

A côté de notre lien avec la grande amie, il se noue de petits romans, et cela a bien son charme.

Quelques semaines après mon entrée à la pension, un matin, je trouvais dans mon pupitre une lettre qui me jeta dans une très forte surexcitation.

Chère Adeline,

Tu m’as joliment fouettée et tu m’as diantrement écorché le cul ; je ne t’en veux pas, bien au contraire. Marie m’a raconté que tu étais très chaude. J’éprouve un grand besoin pour ta personne et tu me rendrais bien heureuse si tes lèvres effaçaient le souvenir des coups, là où tu frappas. Si tu as le même désir de mes charmes que je l’ai des tiens, il est facile de nous voir, sans risquer de punitions. Demande demain la confession ; je suis chargée d’arranger l’autel pour dimanche. En arrivant à la chapelle à 4 heures, tu ne rencontreras l’aumônier qu’à 4 h. 30. Nous aurons une demi-heure à nous. Dans le cas où tu consentirais, mon cher petit ange, ce soir, au réfectoire, mets une faveur bleue dans ta chevelure.

Ton amie, Isabelle.

Je mis le ruban bleu, et le lendemain, à 4 heures, j’allai à la chapelle. Isabelle m’attendait. Elle me prit par la main, me conduisit dans la sacristie, ouvrit une porte et nous pénétrâmes dans un bijou de boudoir.

Elle me saisit dans ses bras, et quoique plus petite que moi, elle me souleva comme une plume, me poussa sur un divan, et me dit :

― Vite, dépêchons. Montre si tu es aussi bien faite que le crie Marie.

Ses mains me chatouillèrent les cuisses et les fesses ; elle écarta mon pantalon, sa bouche approcha, et sa langue, merveilleusement agile, eut vite fouillé dans les bons coins.

Se relevant ensuite, elle se retroussa, m’exhiba ses fesses que ne recevrait pas le moindre pantalon, et comme j’étais couchée sur le divan, elle les appliqua sur mon visage en m’ordonnant de les sucer.

― Suce partout, méchante, dit-elle, cruelle, qui, l’autre jour, tapa si fort. Tiens, tu vois, il se venge, il se pince le nez, il t’écrase la figure ; enfonce la langue, c’est ça, cherche bien le trou, j’adore ce chatouillement ! Ah, coquine, tu es une véritable petite maîtresse ! Oui, serre avec tes mains, tiens, tiens, le sens-tu bien sur toi ? La passion de Marie, cette passion qu’elle a pour les culs, m’a amenée à me délecter, quand on me le caresse. Oh, tu marches très bien ! Dis, que désires-tu en m’enlaçant plus. Dis, quel est le plus joli : celui d’Angèle ou le mien ?

― J’ai à peine contemplé le cul d’Angèle.

― Quelle plaisanterie ! Que faites-vous ensemble dans vos petites retraites ?

― Elle aime à me caresser, et quand c’est son tour, elle préfère le devant.

― Oh, que c’est drôle ! Avec ta devancière, elle lui demandait toujours de lui sucer la pointe des seins ! Angèle est une fantasque ! Oui, oui, mais ne t’arrête pas dans tes lippettes. Si tu n’a pas vu le cul de ta grande amie, tu en as vu d’autres, celui de Blanche, par exemple ; le préfères-tu au mien ?

― Il est plus gros, mais il ne sait pas se tortiller comme le tien.

― Ah, tu apprécies ça ! Il est toujours en chaleur, et j’y voudrais toute la journée une langue au milieu.

― Avec ces dispositions, Marie doit se satisfaire dans ses goûts.

― Marie est une plastique. Elle aime un cul qui ne remue pas, et moi, je ne le laisse jamais au repos quand on me le lèche gentiment. Elle se fera pincer parce qu’elle cherche les aventures nocturnes. Elle les cherche à cause de la peur d’être surprise, ce qui empêche de bouger celles à qui elle s’adresse. Elle s’aplatit sur le cul et le léchaille à légers coups de langue.

― Il est curieux que l’on ne s’entende jamais tout à fait bien !

― Je m’entendrais bien avec toi ! Tu es une fière mutine et tu manœuvres ta langue avec une réelle habileté ! Veux-tu être mon amoureuse.

― Et Angèle ?

― Angèle demeure ton amie officielle. Nous avons toutes une amoureuse cachée, et Angèle comme les autres.

― Vraiment, Angèle a une amoureuse !

― Tu ne connais donc pas encore les histoires de la maison ! Angèle a la toquade de son ancienne grande amie, Blanche. Elles couchent souvent ensemble, et c’est grâce à cela que vous avez été pincées avec Marie.

― Ah !

― Oui. Si Marie m’avait parlé ce jour-là, je lui aurais conseillé de remettre sa partie lors d’une visite de Blanche à Angèle.

― Elles changent de chambre ?

― Au moins deux fois par semaine.

Les léchées et les sucées continuaient. Nous sûmes nous arrêter à temps pour être dans la chapelle à l’arrivée de l’aumônier.

Je consentis à être l’amoureuse de cette petite endiablée qui me promit de nous ménager quantité d’ivresses voluptueuses.

C’était la première fois que je me rendais au confessionnal de la pension.

Sur ce point, les élèves dépassant 14 ans ont toute latitude, pourvu qu’elles communient aux époques fixées.

Je n’avais vu l’aumônier qu’aux séances de punition et aux offices religieux.

J’entrai dans la petite niche en toute quiétude d’esprit et le grillage ouvert après le pater et l’ave, l’aumônier me dit :

― C’est bien, mon enfant, de vous rappeler l’utilité de mon ministère. Vous éprouvez le besoin de me confier quelques petites fautes ?

― Vos conseils, mon père, me seront précieux et, depuis longtemps, je désirais les solliciter.

― Parlez, je vous écoute, mon intérêt le plus vif vous est acquis.

― J’ai un peu de trouble dans les idées. Je suis venue dans cette maison à la suite d’une aventure que vous devez connaître et, ici, je trouve presque autorisé ce qu’on a voulu châtier chez mon père. Où est le bien, où est le mal, je ne sais plus.

― Le cœur l’indique, mon enfant. L’obéissance envers les supérieurs qui nous dirigent ; l’observance des convenances de ceux avec lesquels nous vivons ; le silence sur ce qui peut affliger autrui ; la recherche des joies et des bonheurs qu’il est en notre pouvoir de procurer à nos amis.

― Je saisis à merveille, mon père. Il s’agit de pratiquer la morale selon les lieux où l’on vit, et de ne jamais choquer les pensées de ceux dont on dépend.

Un moment embarrassé, l’aumônier reprit :

― Le mal consiste dans l’erreur de nos besoins réciproques. Cette maison est régie par un ensemble de règlement différent de celui qu’observent les autres. Vous êtes une nature intelligente. Vous ne compromettrez pas le bonheur que vous éprouvez dans de vaines controverses. Goûtez le plaisir, mon enfant, et faites le goûter, selon les règles édictées ici. Je vous absous de vos péchés.

― Je vous remercie, mon père, et je vous témoignerai ma reconnaissance en avouant que le confessionnal m’a servi de prétexte pour rejoindre une amie à un rendez-vous voluptueux.

Il sourit et me répliqua :

― Je veux ignorer le nom de votre complice. Pour pénitence de votre subterfuge, vous calmerez l’irritation du pauvre diable que vous enflammez entre mes cuisses. Regardez, mon enfant.

J’appuyai le front au grillage et vis l’aumônier, la soutane relevée, montrant une machine… bien, bien longue.

― Comment la calmerai-je, mon père ?

― En la suçant dans la sacristie. Obéirez-vous à la pénitence ?

― Aurais-je le droit de révolte, que je solliciterais de l’accomplir.

― Oh, mon enfant, vous promettez une merveilleuse recrue pour cette maison. Venez donc à la sacristie.

― Pourquoi à la sacristie ? Si je vous rejoignais dans votre petite cellule et m’agenouillais devant vous ? Il tressaillit et répondit :

― Oui, oui, c’est cela.

Isabelle était toujours à l’autel. Elle se retourna au bruit de la porte du confessionnal et resta tout interdite en me voyant disparaître auprès de l’aumônier.

Je m’agenouillai entre ses cuisses ; il me caressa doucement la tête et ma bouche s’approcha de cette grosse chose. J’avais soif de ce plaisir. Depuis mon départ de Chartres, le joujou masculin me manquait. Je bénissais mon intelligence qui me mettait en face des attributs de l’aumônier. Le gland énorme glissa entre mes lèvres, mon cœur battit d’ivresse, de mes deux mains je soutins le goupillon.

Quelle taille, mon petit Paul. Deux fois gros comme l’abbé Dussal et trois fois comme toi.

Lentement j’appuyai la bouche et la descendit par saccades, de façon à engloutir peu à peu le monstre charmant.

Hélas, elle ne put le contenir en entier.

L’aumônier, renversé en arrière, les cuisses bien découvertes, s’abandonnait à mon entreprise et je ne résistai pas à l’enivrement de me repaître de ses chairs. Je laissai échapper la chose de mes lèvres, posai mon front au-dessous, redressai à coup de languette les deux boules, et me penchai pour lécher jusqu’à la pointe des fesses.

Il soupirait de plus en plus.

Il me frappa la tête avec le gland pour me rappeler au suçage ; je repris ma besogne, m’enrageant des lèvres et de la langue.

Il tressautait, pressait de ses mains sur mes épaules, se tortillait par instants, et soudain, il m’envoya dans la bouche, sur le nez, les joues, un violent jet de sperme (nom de la liqueur mâle qu’il m’enseigna).

Oh, les soubresauts de sa queue contre mon visage. Jamais je ne les oublierai. Elle battait une mesure précipitée à me briser les chairs.

Je restai la tête collée sur ses cuisses, abîmée dans une extase délicieuse ; il me caressa les joues, que j’appuyai contre sa chair, puis, avec un mouchoir, il m’essuya et je compris qu’il s’agissait de réparer les traces de l’aventure.

Quelques gouttes étaient tombées sur mon corsage et y faisaient une tache. Il laissa retomber sa soutane et me dit de l’accompagner à la sacristie où il le nettoierait.

Nous sortîmes du confessionnal et, en passant devant l’autel, je remarquai qu’Isabelle, dissimulée sur un des côtés, me regardait avec des vilains yeux.

Dans la sacristie, l’aumônier, avec un peu d’eau, répara l’accident de mon corsage ; je me lavai le visage afin que rien ne me trahisse, et je le quittais après qu’il m’eut embrassée tendrement, en me promettant sa protection.

Dans un couloir conduisant de la chapelle à la cour, je me heurtai à Isabelle qui, me saisissant le bras, me flanqua une paire de gifles et me dit :

― Tiens, cochonne, suceuse, tes amies ne te suffisent pas, il te faut mignarder les hommes, voilà pour t’apprendre à te mieux conduire. Nous sommes brouillées, cochonne, et n’aie pas peur, je parlerai à Angèle et elle t’arrangera.

Elle me tourna le dos et sauva, me laissant ahurie. Je pensais que tous les plaisirs devaient s’éprouver, et l’un d’eux me créait une ennemie.

Un nouvel ennui m’attendait à l’étude.

À mon retour, Mlle Blanche me dit avec une certaine ironie :

― Votre confession a été bien longue, Adeline. Vous aviez donc de nombreuses fautes à avouer ? Je ne m’en serais pas doutée. Elles ont une réelle gravité, votre visage est tout chiffonné et votre allure étrange. Je vous prive de récréation pour demain et vous me copierez tout le premier acte d’Athalie. Les vers parleront de poésie à votre âme.

Ce réveil voluptueux, mon petit Paul, était désagréable. Je me soumis sans murmurer.

Bons baisers de ta sœur.

Adeline.

II. DE LA MÊME AU MÊME

L’aumônier m’avait promis sa protection, il tint parole.

Il s’écoula quelques jours avant qu’il n’eût l’occasion de s’occuper de ma personne, mais ayant appris la punition infligée pour la longueur de ma confession, un matin il me fit appeler chez Mlle Juliette avec ma maîtresse.

― Je viens de lire sur le cahier des punitions, dit-il à Blanche, celle que vous donnâtes à Adeline. J’avais oublié de lui remettre son billet de justification. Cette punition est injuste et je demande à Juliette de lui accorder en compensation le cordon bleu. Elle la récompensera ainsi de sa soumission et de sa résignation, je la prends sous ma protection et j’exige qu’on ne la tracasse pas.

― Je serai d’autant plus heureuse de la distinction dont elle est l’objet, répondit Blanche, qui, quoique paraissant la bouder, elle ne m’en montre aucune rancune et, bien au contraire, travaille avec encore plus de zèle et de bonne volonté.

Juliette m’embrassa sur les deux joues et me passa autour du cou une faveur bleue, ornée d’une étoile.

Cette récompense m’octroyait le droit de me coucher à ma fantaisie à onze heures, et de me lever à huit, la faculté de circuler librement dans la maison, en dehors des heures de classe et de l’étude du soir.

La protection de l’aumônier, ainsi proclamée, me constituait en quelque sorte une position de petite sultane favorite, me permettant d’en appeler pour les peines de mes amies.

Il se contenta ce matin de m’embrasser sur le front et je revins à l’étude avec Blanche qui annonça à mes camarades ma récompense et ma bonne fortune auprès de l’aumônier.

Malgré la mauvaise humeur d’Isabelle à mon égard, Angèle ne partagea pas sa colère et me conserva son amitié.

Je passais souvent mes récréations à causer avec cette excellente amie qui, lorsqu’elle me sentait les sens émoustillés, m’amenait dans sa chambre et me satisfaisait de son mieux, pour ne pas m’exposer à des désagréments. C’était comme le bon pain assuré, mais cela manquait d’imprévu, et je désirais Isabelle, par cela même qu’elle m’insultait toutes les fois que nous nous trouvions seules.

Pas une fois dans ces rencontres elle ne m’épargna.

Enfonçant un doigt dans la bouche, elle me disait :

― Cochonne, suceuse, cours vers les hommes.

Cela me fâchait et m’irritait. Je n’osais parler à personne. Le cordon bleu me permit d’avoir le mot de cette fureur persévérante.

Marie Rougemont, sa peine expirée, reprit sa place à mon côté. Un jour, elle me dit tout bas :

― Tu peux mener partout avec toi, dans la maison, une de tes amies pendant les récréations. Conduis-moi au dortoir pour que nous recommencions la petite chose de l’autre nuit. On ne nous punira pas.

J’y consentis ; mais, avant de retrousser les jupes pour prêter mon cul aux fantaisies de ma camarade, je lui racontai les vilains procédés de sa grande amie à mon égard.

― Bon, dit-elle, si tu lui avais répliqué, en la traitant de sodomite, d’enculée, si tu t’étais jetée sur elle et l’avais fortement fouettée, elle t’adorerait et te lécherait des pieds à la tête. Elle est ainsi. Elle veut des romans avec les élèves ; puis, à la moindre aventure, elle se brouille, les agonise de sottises, en s’arrangeant à ne pas être surprise. Elle a agi de la sorte avec Athénaïs qui lui administra une bonne raclée et depuis elles sont d’accord. Tu es forte et quoiqu’elle soit nerveuse, ne la ménage pas à la première occasion. Tu verras que, comme elle a le caprice de toi, elle te mangera de caresses.

― Qu’est-ce que c’est que sodomite, enculée ?

― Tu ne le sais pas ? C’est recevoir dans le cul la queue d’un homme.

― La queue ?

― La machine, pardi. Isabelle est la préférée de M. Dandin qui la lui fourre toujours, à ce que j’ai entendu dire par les grandes.

― Je te remercie et tu peux t’amuser avec mon cul tant qu’il te plaira.

La petite coquine prit sa revanche, elle me fourragea tant et si bien avec sa langue au bon endroit, au trou, que je déchargeai deux fois. Elle termina sa jouissance par une fessée de six à sept claques que je supportais pour qu’elle se vengeât de celles supportées en mon honneur.

La classe se passa très bien ; à la fin de la leçon, Mlle Robert ayant remis une note à Blanche, celle-ci me dit :

― À la récréation, vous vous rendrez à la chapelle où vous attend monsieur l’aumônier.

Je compris qu’il allait exercer ses petits droits de seigneur et, du reste, les regards et les propos des élèves me l’eussent révélé en cas de doute.

L’une d’elles me dit : avant de faire ce qu’il te demandera, prie-le de donner une fête de nuit pour te fêter. Tu sais, on danse, on s’amuse, tu n’en as pas idée.

Une autre me souffla :

― Demande-lui une inspection des dortoirs ; il y a après de bien drôles et de bien bonnes choses.

Et une troisième :

― Ne te gêne pas. Tu sais, il a toujours le goût des nouvelles. Si tu as des fantaisies, dis-lui, et tu verras que toute la maison s’y soumettra. Il est l’un des plus gros actionnaires de la pension et c’est lui qui décide de l’admission des élèves.

L’aumônier m’attendait à la sacristie et il me conduisit au petit salon où nous nous amusâmes avec Isabelle.

Sur une petite table, un goûter était servi et il m’invita à manger et à boire.

Tandis que je contentais ma gourmandise, sa main s’appuyait sur mes genoux et ses yeux brillaient de mille feux.

Je souriais et je le laissais faire, grignotant des gâteaux.

Sa main glissa sous mes jupes ; il me chatouillait entre les cuisses. Puis, m’asseyant sur ses genoux, jupes retroussées, il mit sa grosse machine, sa queue, dans la fente de me fesses et, m’enlaçant, il croisa les mains sur mon ventre, me soulevant parfois par la vigueur de sa chose qui voulait se tenir toute droite.

Quand j’eus achevé de manger et de boire :

― Ma petite protégée, ma petite mignonne, avant de commencer à jouir, je veux faire quelque chose pour toi. Dicte un de tes ordres et on l’exécutera. Tu peux me tutoyer dans le plaisir.

― Alors, c’est bien vrai que je suis comme ta petite sultane ?

― Qui t’a dit ça, chérie ?

― Une de mes amies.

― Nomme-la-moi.

― Pourquoi ? Tu penserais peut-être à elle et, moi, je veux rester ta petite sultane.

Ma réponse l’enchanta. Il envoya sa langue dans ma bouche et je me pressai contre son cœur.

― Tu es une petite rouée, et je ne crois pas qu’ici malgré tous leurs succès, il t’en arrive une à la cheville.

― Tu dis ça parce que je suis nouvelle.

― Oh, la coquette ! Elle me damnerait, si ce n’était déjà fait. Voyons, que demandes-tu ?

― Une fête de nuit.

― On te l’a indiqué. Je voudrais quelque chose qui te plut en particulier.

― Mais je m’amuserai à la fête de nuit.

― Soit ! C’est entendu pour la fin de la semaine. On se reposera dimanche matin. Maintenant, suce-moi un peu. Puis tu t’abandonneras comme avec l’abbé Dussal.

Un frisson me parcourut tout le corps.

Assise sur ses genoux, je sentais sa queue qui courait partout sous mon cul. La reniflant au milieu de la raie, sur les fesses, il me semblait qu’elle était encore plus grosse qu’en réalité par la facilité avec laquelle elle me poussait de côté et d’autre.

Je lui jetai les bras autour du cou et il me répliqua :

― Ne crains rien, ma mignonne. Les chairs se prêtent, et si cela t’écorche un peu la première fois, il n’y paraîtra plus ensuite. Je te lécherai. Avant de t’approcher, je mettrai beaucoup de salive au trou et ça entrera comme dans du beurre.

Il ne me déshabilla pas. Il dégrafa mon corsage, me tripota les seins, et je m’agenouillai entre ses jambes pour le sucer.

Il ne prolongea pas trop ce plaisir. Il m’étendit sur un divan et, avec la langue entre mes fesses, il me donna de rapides coups sur le trou qui l’excitèrent et l’enragèrent.

Il bava dessus et quand il l’eut enduit de sa salive épaisse, comme le boa pour sa victime, il m’attira entre ses cuisses et m’imprima un premier mouvement. Le gland ne parvint pas à disjoindre l’orifice. Il le dirigea avec la main, je m’arc-boutai et la chair céda, mais je ne poussais pas un cri, j’éprouvais une forte douleur.

Il était lancé, il n’écoutait plus rien.

Il appliqua la main sur ma bouche comme pour étouffer mes cris. Je baisai et mordis cette main, mon cul répondait à son assaut, la douleur luttait avec la volupté, sa queue pénétra mieux que dans ma bouche, sa rosée m’inonda, elle me produisit l’effet d’un baume merveilleux, cicatrisant la blessure.

II avait joui et bien joui.

Satisfait, il me contemplait avec une admiration qui me gonfla d’orgueil.

Je devinai que mon empire s’assurait sur les sens de cette autorité de la maison, et qu’une nouvelle ère de félicités allait s’ouvrir pour moi.

Il me confessa le pouvoir que j’acquérais sur sa pensée.

― Ma petite, dit-il, tu es une enfant et tu es une femme. Tu réunis dans ta personne l’agrément de tes maîtresses et de tes camarades. Tu es une nature qu’a deviné et formé mon vieil ami Dussal. Je ne veux pas être jaloux. Ces Messieurs te disputeront à mes plaisirs. Rappelle-toi que je suis le plus puissant d’entre tous et que, si tu sais te modérer avec eux, sinon les éconduire, pour te conserver à mes voluptés, tu seras plus maîtresse dans cette pension que les dames Géraud elles-mêmes.

Penses-tu à cela, mon Paul, penses-tu à ce pouvoir accordé à ta chère sœur ? Ah ! que ne puis-je solliciter qu’on t’amène ici ; je voudrais que tu partageasses mes joies et mes ivresses.

Déjà femme par tout ce que j’apprenais, à cette boutade de l’aumônier, je répondis de la seule façon possible. Je posai mes lèvres sur les siennes et j’eus le bonheur de lui arracher ce gros soupir :

― Je ne veux pas que tu manques tes études ; ne me pousse pas à recommencer. Je te verrai souvent. Fais vite ta toilette et sauve-toi, petit démon.

À bientôt d’autres nouvelles, mon petit frère.

Ta sœur, Adeline.

III. DE LA MÊME AU MÊME

Comme j’étais fiévreuse en jugeant mon pouvoir, tu ne saurais t’en faire une idée.

Une seule crainte me tourmentait l’esprit : celle d’exciter la jalousie des demoiselles Géraud et de mes maîtresses ; il n’en fut rien.

Dans la soirée, après le coucher des moyennes et des petites. Juliette et Fanny, qui s’étaient jointes aux grandes surveillantes, m’attirèrent dans an coin et nous causâmes.

― Votre éducation et votre instruction, ma chère enfant, me dit Juliette, ne laissent rien à désirer. Votre précepteur vous a poussé très bien et vous êtes en avance sur vos camarades. D’un autre côté, votre croissance physique marche en proportion. Vous seriez donc de nos grandes si notre règle n’imposait de façon absolue l’âge de 15 ans et la vacance créée par le départ d’une élève. En attendant qu’il nous soit possible de vous classer ainsi, nous vous considérons comme appartenant à une classe intermédiaire. La protection de l’aumônier, aussi ouvertement accordée (ce qui n’a encore été fait pour aucune autre élève), vous crée une situation à peu près exceptionnelle. Il deviendra indispensable que vous entriez dans la confrérie des Filles Rouges, nous en parlerons plus tard. Nous nous en rapportons jusque-là à tout votre tact, à toute votre gentillesse pour ne mécontenter ni froisser personne. Pourrons-nous compter sur vous.

― Oui, ma chère maîtresse ! Je ne demande qu’à vous obéir et à vous aimer.

Elles m’embrassèrent et Fanny ajouta :

― Pas trop de triomphes à la fois ; d’ici quelque temps, nous vous fêterons à notre tour, chez nous.

Je me couchai à 9 heures pour me lever à 7 heures, n’abusant pas de la permission.

L’occasion que je cherchai pour mettre fin à l’irritante persécution d’Isabelle se présenta ce matin-là.

Comme je m’apprêtais à sortir du dortoir, je me trouvai nez à nez, sur la porte, avec Isabelle.

Nous nous examinâmes un instant des pieds à la tête, puis, prenant son air méchant, elle me dit :

― Tu te figures peut-être que ton ruban bleu et la protection de ton sucé m’arrêtent ! Tu te trompes ; tu n’es qu’une salope et une mangeuse de couilles.

La crudité de ces mots, que je n’avais jamais entendus, dont je compris tout de suite la signification, me jeta dans une violente colère. Je me précipitai sur elle, la tirai par les oreilles, lui lançai deux à trois calottes et, avant qu’elle ne fût revenue de sa surprise devant cette brusque attaque, je la poussai contre un lit, retroussai ses jupes, la frappai du plat de la main et de toutes mes forces sur ses fesses, par-dessus le pantalon, en disant :

― Ah, tu m’appelles salope, ah, tu te sers de si vilains mots que, si Madame l’apprenait, elle sévirait durement ; tiens, tiens, défends-toi, puisque tu es si forte. Voilà un coup de poing sur ton cochon de cul, espèce d’enculée, de sodomite. Ah, que j’ai été bête de te le caresser. Si tu m’instilles encore, je ne te prends pas en traître, j’en référerai à Mlle Juliette, et ce sera tant pis pour toi.

Elle avait d’abord essayé de ruer, mais la rage décuplait mes forces et, de plus, comme elle était très petite malgré la vigueur de ses nerfs, par cela qu’elle se sentait fautive, elle se défendait mal.

Dans mes bourrades, je déchirai son pantalon et apercevant un morceau de chair, la méchanceté m’envahissant l’esprit, je la pinçai avec furie ; elle allait pousser un cri de douleur lorsque des sanglots la suffoquèrent et elle s’avoua vaincue.

J’appuyai de tout mon poids sur les reins et ma main la fustigeant sans pitié, ses pleurs finirent par suspendre mes coups. Elle murmura :

― Pardonne-moi, pardonne-moi. Je ne t’outragerai plus ; le dépit m’excitait pour deux raisons : d’abord parce que je voulais être ton amie préférée ; ensuite, parce que je guignais la faveur de l’aumônier. Ne me frappe pas, je suis ton aînée. Allons, ma méchante, faisons la paix.

Défiante, j’observais la défensive. Elle joignit les mains en me contemplant avec des yeux d’enjôleuse, et continua :

― Dis, Adeline, redevenons amies ; n’est-ce pas à mon rendez-vous que tu dois les bonheurs qui t’arrivent ? Sois gentille ! Veux-tu, je serai ton amoureuse selon ton accord.

Elle était vraiment à croquer, cette mignonne créature, dans sa pose rie suppliante ; je me souvins des ivresses éprouvées sur son cul, je me raidis et, me rappelant les conseils de Marie, je repris :

― Je ne demande qu’à oublier ; mais tu m’as si gravement insultée qu’il me faut une preuve convaincante de l’amitié amoureuse que tu m’offres.

― Celle que tu imposeras est acceptée d’avance. Je cherchai quelques secondes, puis lui dit :

― Écoute, j’allais au cabinet, quand je t’ai rencontrée. Attends devant la porte que je t’appelle, lorsque j’aurai fini, pour me frotter le cul. Ensuite, tu le laveras et tu me le lécheras. Je pourrais exiger que tu le fisses après que tu aurais passé le papier.

― Si nous sommes surprises, nous risquons la flagellation avec la badine et la protection de l’aumônier ne t’en préservera pas.

― Tant pis ! je veux cela et pas autre chose.

― Soit, je consens.

Le petit réduit n’était pas loin. Elle fit le guet et dès que j’eus achevé, elle prit le papier et m’en essuya les fesses que je lui présentais.

Elle rit en me disant :

― Il n’y a pas de trace ; le travail n’est pas pénible. Du reste, le cul est si beau et si blanc, qu’il exclurait toute répugnance. Je te lèche de suite si tu l’ordonnes.

― Non, après l’eau seulement.

Nous revînmes nu dortoir, elle me lava, me bichonna, me parfuma ; me penchant le haut du corps sur le lit, elle glissa sa fine tête à l’entrebâillement du pantalon et me rendit au centuple les caresses dont je la dévorai au fameux rendez-vous de la chapelle.

L’extase ne nous était pas permise. L’heure de la classe approchait, nous nous séparâmes en nous promettant de fréquentes entrevues.

Hélas ? L’une et l’autre nous devions expier ma sotte exigence ! La petite Lise Carrin entendit notre discussion !

Elle courut raconter l’affaire à Mlle Robert et celle-ci assista à la fin de nos ébats, contrôlant ainsi la dénonciation de l’enfant.

Elle en adressa un rapport aux demoiselles Géraud.

À la fin de la classe, on me manda auprès de Mlle Juliette.

Très ennuyée de l’histoire, elle me dit :

― Vous avez commis, Adeline, de complicité avec Isabelle, l’une des plus grosses fautes dont cette maison ait été le témoin. Je voudrais vous soustraire l’une et l’autre au châtiment, qui ne manquera pas de provoquer la colère de deux des personnes dont l’appui m’est précieux ; cela m’est impossible à cause de l’élève qui vous a vu. Vous me trouvez chagrinée, irritée et, je vous le dis franchement, effrayée sur les conséquences de votre étourderie. Des mots ont été prononcés dont je ne m’explique pas la provenance. Je sais qu’Isabelle est une nature turbulente, parfois dangereuse, un esprit vicié dès la première heure et que nous avons eu beaucoup de mal à régler. Mais vous, élevée dans une famille honnête, pure, comment sûtes-vous les mots qu’on m’a répétés ? Probablement quelque camarade vous les aura soufflés, et je ne vous inciterai pas à la délation. Ne les employez plus à l’avenir. Croyez-en mon expérience. Le plaisir est une chose si belle et si douce qu’il ne faut jamais le ternir par des expressions grossières. Votre cas entraîne la flagellation par la badine, le retrait du ruban bleu, la séparation d’avec vos compagnes pour un mois et des pensums journaliers, jamais l’aumônier n’autorisera cette sévérité. En faveur de cette protection, je tournerai la difficulté. Sauf les heures de classe, vous n’aurez aucun contact avec vos amies et on vous ramènera dans mes appartements où l’on vous supposera en punition. Cela durera jusqu’au jour de la flagellation que vous ne pouvez éviter. Après, à cause de la fête de nuit que vous m’avez demandé, je lèverai toutes les punitions et vos camarades ne crieront pas à l’injustice puisqu’elles vous seront redevables de leurs plaisirs. Je vous en supplie, dans votre intérêt comme dans le nôtre, fuyez de pareilles algarades ou précautionnez-vous pour qu’aucun élève ne s’en doute. Vos maîtresses fermeront les yeux.

Si une certaine terreur m’emplissait l’âme au sujet des coups de badine promis à mon pauvre postérieur, je ressentais d’un autre côté une grande joie en constatant l’importance que me valait la protection de l’aumônier.

Il était mon amant avoué, reconnu, et ma volonté comptait beaucoup pour lui.

J’en eus la preuve le soir même.

Sur les six heures et demie, je travaillais à mes devoirs dans le petit salon de Mlle Fanny. L’aumônier entra, tout ému, m’apportant une jolie boîte de bonbons.

Il connaissait l’affaire et il me conta qu’il s’était vertement fâché, qu’il n’entendait pas qu’on n’abîmât mes gentilles fesses, qu’il avait menacé de ne plus mettre les pieds dans la maison si l’on ne profitait pas de la fête de nuit pour enlever sur-le-champ cette punition et toutes les autres.

― Mademoiselle a-t-elle consenti ? demandai-je.

― Non. Elle prétend que l’exemple est nécessaire. Je m’en moque de l’exemple. Ce n’est pas lorsque je rencontre une nature si délicate, si charmante que je l’abandonnerai à des coups de cravache.

― Laissez faire, je me soumets. Une petite a vu ce que nous aurions dû cacher. La souffrance ne durera qu’un moment ; je m’y résigne et si vous nourrissez quelque affection pour votre jeune amie, ne vous fâchez pas contre ma chère maîtresse.

― Elle est accomplie ! Ah, mon enfant, vous ignorez l’effet des coups ! Plus de vingt-quatre heures votre derrière endommagé refusera le plaisir !

― S’il vous plaît d’en user avant ou après, vous le frotterez dispos.

Il me baisa sur les yeux et répondit :

― Je dois le ménager. Il ne faut pas trop le fatiguer avec ma grosse queue ! Je vous aime vraiment, ma mignonne !

Sur ces mots, il guida sa main vers son terrible engin, et je le branlai (je deviens savante), selon ses indications.

Il ne voulut même pas que je le suçasse ; il s’essayait à dominer ses sens pour me pénétrer de l’empire qu’il m’autorisait à exercer sur lui.

Fanny nous surprit dans cette attitude et dit à l’aumônier :

― Vous nous gâterez cette chère enfant !

― Non, ma chère amie ! Elle vient de me demander elle-même de ne pas la soustraire à la flagellation, et la pension a fait dans sa personne une précieuse conquête.

― Il suffit que vous l’ayez remarqué, pour qu’elle affirme sa valeur.

La queue de l’aumônier, dure comme une pierre, se tendait dans mes doigts ; le désir me poursuivait. Une idée folle s’empara de mon esprit. Fanny se trouvait à portée de ma main, je la pris par sa robe, la retroussai brusquement par devant et lui poussai les cuisses contre celles de l’aumônier.

Ne l’espérait-elle pas ? Elle fut de suite à cheval et ses yeux humides me témoignèrent sa reconnaissance.

L’aumônier n’hésita pas. Il l’enfourna et, voulant jouir du spectacle, je m’accroupis sur le sol, par derrière Fanny, dont je relevai les jupes. J’aperçus la queue qui manœuvrait dans son conin.

Par dessous, je joignis mes coups de langue tantôt au cul de Fanny, tantôt aux couilles de l’aumônier, et bientôt ils tressautèrent dans des transports enragés.

Étendu sous eux, la jupe retroussée, je me grattais le bouton et je déchargeai comme l’extase les emportait.


Ses sens satisfaits, avant de partir l’aumônier ne perdit pas de vue le sujet qui le préoccupait.

― Je désire qu’on la venge, dit-il. Pour un fait quelconque, quatre petites paieront la dénonciation de l’une d’entre elles.

― Pardonnez, murmurai-je.

― Non, ma chérie ! On frappera ton cul avec la badine ; les petites seront fustigées.

― Le prétexte est tout trouvé, intervint Fanny : la dénonciatrice était en défaut. On ne peut la punir à cause de la faute révélée ; on appliquera la peine pour la responsabilité morale à un tiers de la classe.

Ses quelques lignes, mon Paul, te dépeignent la maîtresse situation que je suis en train d’acquérir dans la maison.

Ta sœur qui t’adore, Adeline.

IV. DE LA MÊME AU MÊME

Ah, quel supplice ! Je n’eusse jamais supposé que cela fit autant mal !

L’aumônier n’assistait pas à mon exécution. M. Gaudin, le protecteur d’Isabelle, quoique très pâle, a eu le courage de rester jusqu’au bout.

Vu la gravité de notre cas, la séance des punitions a débuté par nous.

Nous sommes arrivées devant le conseil et les classes réunis, Isabelle et moi, avec notre chemise de nuit relevée par derrière et épinglée aux épaules, montrant ainsi notre cul et le derrière de nos jambes ; nos cheveux dénoués en deux tresses pendaient par devant de chaque côté.

On nous avait dispensées de porter le pot de chambre ; mais nous tenions à la main des feuilles de papier et, parvenues au milieu de la salle, sur l’ordre de Mlle Nanette, nous dûmes imiter le mouvement de nous en torcher mutuellement, ce qui provoqua l’hilarité de nos camarades et notre confusion.

Puis, saisissant le papier avec lequel j’avais torché le cul d’Isabelle, Nanette me le passa sur le visage en disant :

― Embrassez ce que vous aimez, mademoiselle la sale. Tous les goûts sont dans la nature ; tant pis pour vous si les vôtres méritent la société des pourceaux.

Je fondis en larmes, humiliée et fortement émue tandis qu’elle recommençait la même scène avec Isabelle.

Mon amie jouissait du plus parfait sang-froid.

Elle embrassa carrément le papier et dit en désignant des élèves de la petite classe :

― Il faut bien amuser ces enfants !

Au-dessus de nos têtes se balançaient deux trapèzes.

On nous y attacha par les bras, mais de façon à ce que nous puissions saisir la barre avec les mains.

Je sus bientôt pourquoi.

Pour la flagellation, mon cul appartenait à Mlle Nanette et celui d’Isabelle à Mlle Robert.

Les deux badines se levèrent à la même seconde, sifflèrent dans l’espace et s’abattirent lourdement sur nos fesses.

Je poussai un cri, m’élançai en avant et le trapèze, se mettant en mouvement, je le saisis instinctivement avec les mains, courant avec lui.

Un deuxième coup de badine me porta à me hisser, c’est-à-dire à ramener mes jambes et à suivre le balancement imprimé aux cordes de suspension.

Retournant en arrière, je reçus un troisième coup et, dès ce moment, j’offris une image si grotesque que les petites se tordirent de rire, tandis que les grandes et les moyennes criaient :

― Grâce pour Adeline !

Au rire des petites, Mlle Juliette se leva et, brutalement, en désignent quatre, on les sortit des rangs pour être fessées à cause de leur hilarité scandaleuse.

Je ne me rendais pas compte de ce qui s’accomplissait.

Entraînée par le trapèze, je me ratatinais sur mes jambes, espérant esquiver les coups, et la badine retombait sur les fesses et le gras des cuisses, m’arrachant des cris.

Isabelle supportait plus crânement son supplice, dans une espèce de ravissement même, c’était étrange.

La peine appliquée, on nous détacha et nous sortîmes. Je sanglotais.

Blanche me mena au dortoir, m’enduisit les chairs de cold-cream, m’engagea à me reposer, et me laissa étendue sur le lit. Les petites payèrent la dénonciation. Elles furent durement fouettées et quoiqu’on ne donna pas la véritable cause de leur châtiment, comme elles n’étaient pas bêtes, elles en devinèrent le motif et conservèrent quelque temps de la rancune à l’égard de Liza Carrin.

J’eus la fièvre toute la journée et ne me levai que le lendemain matin.

Le beau soleil dissipa ce cauchemar, il n’en subsista que la satisfaction d’avoir enlevé un souci à mes chères maîtresses.

Angèle et Marie qui reçurent, de leur côté, douze claques à cause de nous, ne boudèrent pas, et Angèle me dit :

― Ma chère Adeline, voilà deux fois que tu m’attires la fessée, je ne m’en fâche pas ; je dois cependant te prévenir qu’une troisième exécution romprait notre lien d’amitié. Cela me chagrinerait, tâche donc de l’éviter.

Nous commencions à bien nous entendre avec ma grande amie. Mise au courant de ses goûts par Isabelle, dès que nous nous trouvions seules, je défaisais son corsage, sortait ses seins et les lui suçais, ce qui la jetait dans de frénétiques ardeurs.

D’autre fois, elle me priait de la fesser, doucement d’abord, puis plus fort, parce que ça l’excitait, et elle finissait toujours par jouir sous mes coups.

De son côté, elle m’aimait beaucoup et, sachant qu’il me plaisait d’être caressée en minette, c’est-à-dire entre les cuisses, elle m’en régalait souvent.

L’annonce de la Fête de Nuit, fixée au samedi suivant, et la levée de toutes les punitions, effacèrent la mauvaise impression de cette journée qui me valut un succès de plus.

Je remarquai à la récréation les regards veloutés que me lançait Nanette et je lui souris pour l’encourager.

Elle hésita tout un jour, puis, le soir, quand ses élèves furent endormies, elle descendit au salon de veillée où je restais, ayant reconquis le cordon bleu, et elle m’adressa un signe.

Je m’empressai de la rejoindre et, sur le palier, elle me dit :

― Voudriez-vous me tenir compagnie quelques instants dans ma chambre ? Vous me rendriez bien heureuse.

― Bien vrai, Nanette ?

― Petite coquine, viens vite !

Nous nous glissâmes sans bruit et laissâmes retomber la tenture sur le seuil séparant la chambre du dortoir.

Assise sur son lit, elle me regardait avec une réelle admiration, et murmura :

― La vie est bien bizarre ! Il y a déjà trois ans que je suis maîtresse de classe dans cette maison, j’ai vu des nouvelles, pas énormément puisque le recrutement ne se fait que lentement, dans des conditions déterminées et irrévocables. Aucune n’a jamais produit ton effet. La dernière entrée est Léonore Trécœur, elle a suivi sa petite ligne de conduite, sans exciter plus de caprices que les anciennes. Il est vrai que les nouvelles appartiennent en général à la petite classe. Nous avons cependant eu une grande, Diane de Varsin. Ç’a été calme comme tout. Toi, tu apportes la perturbation dans toutes les classes et chez toutes les maîtresses.

― Oh, répondis-je, tu es la première qui pense à moi.

― Et Blanche ?

― Une fois lors de ma première punition.

― Et Fanny, et Juliette, et Elise ?

― Rien, rien, rien !

― On murmure qu’en cachette toutes te couraient après.

― Tu me l’apprends.

J’étais, debout devant elle. Elle balançait les jambes, et ses jupes remontaient petit à petit jusqu’aux genoux. Je devinais bien qu’elle désirait mes caresses, que ma petite frimousse, fourrageant ses cuisses et ses fesses, lui paraissait comme la sublime ivresse de l’instant et déjà habile en l’art de piquer les sens, je m’amusais à attendre son jeu pour la pousser à quelque extravagance.

Elle soupirait, s’agitait. Ses jupes se mettaient vers le haut des cuisses ; j’apercevais au-dessus des genoux les chairs blanches et appétissantes Je ne bougeai pas, m’entêtant à causer.

― Cette pension est le Paradis sur terre, murmurai-je.

― Oh, oui ! Et ni les élèves, ni les maîtresses ne l’oublient jamais.

― Quel chagrin lorsqu’on la quitte.

― On ne s’en va que pour se marier, ou pour une position indépendante qui permette de revenir.

― On y revient ?

― Oui, à quelques grandes fêtes, et les soirs des Offices Rouges.

― Les Offices Rouges !

― Tu les connaîtras en appartenant à la confrérie. Il est certain que l’aumônier voudra que tu en fasses partie.

Elle se décida à me prendre la main, à m’attirer entre ses cuisses, à guider mes doigts vers son conin.

Quel feu y couvait !

― Hein, dis-je en la chatouillant avec légèreté, tu m’as joliment fustigée avec la badine, si je te boudais à cette heure ?

― Méchante, tu n’en auras pas le cœur.

Pesant sur mon bras, elle s’empara du haut de mon corps, appuya ma tête, et ses jambes s’entortillant autour de mon cou, mes lèvres se collèrent sur sa fente toute rosée, toute frémissante ; un frisson la parcourut dans toute sa personne.

Quel charmant spectacle, mon cher Paul, que ces jolies cuisses caressant les joues, que ce ventre satiné et bombé dominant votre front, que ces poils vous chatouillant le nez, la bouche, que cette perspective des fesses s’arrondissant au-dessous.

Nanette ne se plaignit pas de mes minettes et me déchargea par deux fois sur le visage.

Puis elle suspendit mes caresses et murmura :

― Je suis une égoïste. Monte sur mon lit qu’à mon tour je te fasse jouir. Ensuite tu me délecteras les fesses et tu exigeras de moi ce que tu voudras. Ah ! quelle science de minettes !

Elle s’y entendait mieux qu’Angèle, la seule qui me les eût encore faites à la pension.

Sa langue me picotait partout, ses mains me soulevaient les fesses, ses lèvres rue brûlaient en m’aspirant les poids qui se sont diantrement allongés et fournis depuis mon départ de Chartres. Elle adressait mille délicieuses grimaces à toutes mes chairs. Je jouis tout d’un coup, me pâmant sous un grignotement de dents, qu’elle essayait ma fente.

Alors, elle m’apporta ce cul, dont j’admirai l’habileté de jeu en présence de Blanche, de Fanny et de Marie.

Ce fut tout un poème.

Elle l’étendit à la hauteur de mon visage, l’avança, le recula, l’aplatissant sur le lit ou contre ma figure, y retenant ma langue, enfermée au milieu de la raie, le tournoyant en tous sens avec une célérité vertigineuse.

Je m’affolai dans ces caresses et le dévorai de baisers, de suçons, avec une telle ardeur qu’elle envoya la main à ma tête, la colla contre dans une crispation subite, et déchargea avec de telles secousses qu’à chacune d’elles mon nez courait la ligne de la fente depuis la naissance des reins jusqu’à l’entrecuisse où il se mouilla d’un jet de sa liqueur.

Nous ne nous étions pas déshabillées.

Installées sur le lit, la main dans la main, elle me demanda :

― As-tu bien joui, ma chérie ?

― Et toi aussi ?

― Comme une petite fille ! Comment me trouves-tu faite ?

― Aussi belle qu’un ange !

― Flatteuse. Me trouves-tu aussi bien que les autres ?

― Jusqu’ici, je n’en ai pas beaucoup contemplées.

― Et Fanny, et Blanche, et Isabelle, ma rivale pour le cul, et Angèle, et celles que j’ignore ; combien t’en faut-il, gourmande ?

― Les voir toutes !

― Tu es franche, friponne ! Paris ne s’est pas construit en un jour. Avec du temps, de la méthode, tu satisferas tes désirs. Dis, chérie, veux-tu que nous nous rencontrions souvent ?

― Oh, oui ! Tu me plais beaucoup. Je t’avouerai cependant que j’ai promis à Isabelle d’être sa petite amoureuse.

― L’intrigante ! Elle se fourre toujours partout. Bah ! Ne la refuse pas ; d’ailleurs, elle ne peut avoir avec toi que des relations coupées, puis elle est très inconstante. Consens sans arrière-pensée à nos rendez-vous.

― De grand cœur, Nanette, mais tu ne me frapperas plus aussi fort si je mérite la flagellation ?

― N’as-tu pas voulu ta punition ? Dis : est-ce que le cul d’Isabelle vaut le mien ?

Je me mis à rire, et répondis :

― Ma foi, il est presque pareil par la forme et les qualités.

― Ah, tu compares donc en léchant ?

― Tu t’inquiètes de mon opinion ; comment la formulerais-je sans me rappeler ?

― Fi de la logique, mademoiselle. Prétendriez-vous devenir maîtresse d’école ?

― Je ne m’en plaindrais pas, à condition que ce fût dans une pension comme celle-ci.

Et tout cela, mon chéri, agrémenté de baisers, de caresses, de succès. L’heure s’envolait, nous nous séparâmes pour bien dormir et reprendre des forces. Bonne nuit, Monsieur mon frère, je te le suce.

Ton Adeline.

V. DE LA MÊME AU MÊME

Elle n’était pas sotte celle qui me conseilla de demander la fête de nuit. Quelle journée et quelle soirée !

Petit Paul, je te voyais là et je pensais aux folies que tu aurais commises.

Peut-être en serais-tu malade ; mieux vaut donc que ton joli museau n’ait pas joui des grands triomphes que je rêvais.

Dès le matin même, modification dans tous les règlements : le sommeil prolongé d’une heure et demie ; au réveil, toutes les élèves, leur toilette terminée, attendirent nues, avec les bottines et les bas seuls, la visite du docteur Bernard de Charvey venant examiner si l’état de santé de chacune était apte à supporter le plaisir et... la gaudriole. Mlle Blanche nous prévint par ces simples mots, en frappant des mains, le lever :

― Visite du médecin.

Mes compagnes savaient ce que cela signifiait. Marie Rougemont me mit au courant.

Le docteur passa, successivement derrière tous nos rideaux ; on le recevait devant le lit.

Parvenu à moi, il m’étudia des pieds à la tête, me palpa sur tous les points du corps, appuya l’oreille sur mon dos, sur ma poitrine, mon ventre, en me recommandant de tousser, et satisfait du résultat, me dit :

― Robuste constitution, vous irez loin. Il plaça un doigt entre mes cuisses, essaya de l’enfoncer, tandis qu’obéissant à un signe de ses yeux, je plongeai la main dans sa culotte.

Je touchai un autre modèle, de queue, assez courte mais grosse, grosse, encore plus grosse que celle de l’aumônier.

Il me pencha sur mon lit et l’approcha de mon conin, je crus un instant qu’il s’apprêtait à me dépuceler.

Il s’arrêta, me baisa sur les lèvres, ventre contre ventre, et murmura :

― Je m’oubliais, mon inspection n’est pas terminée. Nous nous retrouverons, ma mignonne.

Une chose m’intriguait.

À mesure qu’il quittait une élève, elle se rendait dans la chambre de Mlle Blanche, d’où elle ne sortait que lorsque la suivante la remplaçait.

À mon tour, j’y pénétrai, et j’eus l’explication du mystère.

Blanche, dans la même tenue que nous, couchée sur le ventre, livrait son cul aux feuilles de rose de Marie qui m’y précéda.

Avec regret, ma camarade se retira, et Blanche, relevant la tête qu’elle tenait appuyée sur les liras, me dit :

― Venez m’embrasser, Adeline, sur la bouche. Là, sucez la pointe de mes seins ; tout cela est parfumé, prêt à toutes les folies. Votre corps est aussi en parfait état, le rapport du docteur le constatera. Maintenant, mignonne, une caresse à mes fesses et tu rejoindras tes amies pour t’habiller et descendre à la classe. Cette première caresse que votre maîtresse vous accorde présage vos joies de la fête de nuit.

Sur le cul de Blanche, je me rappelai quelques-unes de mes savantes sucées exercées sur ceux d’Isabelle et de Nanette. Elle eut un tressaillement et murmura :

― Tu as progressé depuis ta fessée. Assez, quitte-moi. Nous ne devons pas prolonger la séance.

De mes deux mains j’ouvrais bien large la raie et ma langue, que je pointai le plus possible, frétilla au trou du cul.

― Ah, ah ! Non, tais-toi, va-t-en. Je te le répète, ne me fais pas jouir. Tu m’exposerais à être fautive chaque chose en son temps.

Je suspendis mes caresses et, en riant, je lui allongeai une grosse claque qui retentit dans tout le dortoir. Je me sauvais, gracieuse ; elle me menaçait du bout du doigt.

Le dortoir était en effervescence.

Les premières visitées, an lieu de se vêtir, paradaient et l’on se promenait de lit à lit.

Pour sa part, Marie, agenouillée en avant de ses rideaux, avait une véritable clientèle de ferventes, attendant qu’on leur léchât le cul.

À la suite les unes des autres, elles se présentaient, soutenant leurs fesses entrouvertes avec les mains, approchant leur raie du visage de Marie qui, rapidement, exécutait de la langue une douzaine de rapides sucées.

Quand je revins, il en restait trois, dont les yeux brillaient et qui se contorsionnaient le dos les unes contre les autres, disant tout bas à celle dont le cul se délectait des caresses de Marie :

― Assez, dépêche-toi, nous n’aurons pas le temps nous autres !

On précipita l’action et elles eurent leur ration de feuilles de rose.

Heureusement que pour cette journée la sévérité n’exista plus. Blanche comprit sans doute les petits caprices qui s’exerçaient et elle nous laissa nous préparer à notre aise. On n’abusa pas.

La classe de l’après-midi fut avancée et, à cinq heures et demie, nous nous réunîmes au réfectoire pour un lunch. On devait sonner à neuf heures après avoir dansé.

Le lunch terminé, on alla revêtir nos toilettes de gala.

Ah, mon petit Paul, aucun détail ne se négligeait.

J’étais jolie à croquer sous ma robe blanche, ornée d’un petit décolletage en pointe, œuvre d’une habile tailleuse, une ancienne élève établie grâce à la protection de notre conseil de direction. Toute la classe moyenne portait la même toilette et nous n’avions pas mis de pantalons, détail qui en disait long. La jupe s’arrêtait au cou de pied et si, par hasard, nous la soulevions, on admirait nos bas de fil noir montant très haut.

À sept heures, nous entrâmes dans les appartements des demoiselles Géraud.

Jamais je n’oublierai l’aspect enchanteur des trois salons se suivant, brillamment éclairés et jetant la furie dans nos veines par tout ce que nous contemplions.

Juliette et Fanny portaient des toilettes de velours noir, l’autre bleu, décolletées, avec les seins presque libres, les bras nus, une aigrette en diamant dans les cheveux. Elles nous recevaient, en maîtresses de maison, en haut du premier salon.

Blanche avait une toilette de satin vert ; Lucienne de satin lilas ; toutes les deux aussi décolletées que les directrices, avec la jupe ouverte sur le côté par un élégant retroussé. Elles montraient aussi un dessous de mousseline nuageux, des bas rouges et la chair des hanches. Nanette se présenta en habit et cravate blanche, de même que Mlle Robert et quelques grandes, parmi lesquelles Angèle, Georgette Pascal, la seule travestie, était soubrette Louis XV, une ravissante friponne, provoquant mille fougueux désirs par ses déhanchements.

Mais ce qu’il y avait de plus endiablé, de plus extravagant, c’étaient les petites, nues sous une chemisette attachée à la ceinture par une faveur bleue ou rose, découvrant absolument les bras, les épaules, la poitrine, les jambes, les fesses, le tout fort gracieux, malgré l’état grêle des membres non encore formés ; toilette sommaire, complétée par de petites babouches blanches, des fleurs dans les cheveux et un nœud sur chaque épaule.

Et ce petit monde charmant, déluré, se trémoussait, tortillait le cul de droite à gauche, riait, s’amusait, se tapotait de légères claques, ne perdait pas la mesure des libertés, se guidait sur un simple regard de Nanette.

Je notai quelques distractions dans l’ensemble général des toilettes. Des Filles Rouges avaient au milieu de la ceinture un nœud de velours rouge. Sur le derrière de ma jupe blanche, on avait placé un bouquet de violettes ; Isabelle, Berthe Lytton et Georgette Pascal en portaient un de même. Cela marquait la protection accordée par un cavalier ; en effet, Berthe était la préférée de M. Callas, et Georgette du docteur.

Juliette, nous ayant retenues toutes les quatre, nous conduisit dans un boudoir séparé et nous nous trouvâmes en présence de ces messieurs.

― Mes amis, dit-elle, voici vos houris. Avant de les lancer au milieu de la fête, j’ai pensé qu’elles vous devaient un petit quart d’heure. Disposez-en donc à votre guise.

Isabelle, la plus hardie, s’élança sur les genoux de M. Gaudin et lui passa les bras autour du cou.

Pour ma part, je n’hésitai pas à l’imiter avec l’aumônier.

Georgette tendit les mains au docteur, qui l’attira sur son cœur ; quant à Berthe, elle attendit que M. Callas s’approchât d’elle et l’embrassât.

Juliette nous avait quittées.

― Messieurs, dit le docteur, ne soyons pas égoïstes, et puisque, à présent, nous possédons chacun une sultane, permettons-leur le plaisir avec leurs compagnes et menons-les dans le salon.

Un suçon sur les lèvres, et nous reparûmes.

On commençait à danser ; Mlle Robert tenait le piano. Les couples se formaient, et l’on tourbillonnait. Les petites n’étaient pas moins savantes, et s’en donnaient à cœur joie.

J’acceptai l’invitation d’Isabelle, qui, par ses regards un peu en dessous, me paraissait caresser encore quelque méchante pensée.

Bientôt j’acquis la preuve que je ne me trompais pas. Nous trouvant noyées dans les couples, elle me dit :

― Tu es une gentille amoureuse ! Ah ! vraiment, j’espérais que tue tiendrais plus que ça ! Depuis notre punition nous n’avons rien eu ensemble, et tu t’es amusée avec Nanette. Elle ne me vaut pas, tu sais ! Et de plus, elle m’en veut, parce que je lui ai soufflé Camille, je m’en fout.

― Oh, Isabelle !

― Ne m’embête pas, et laisse-moi parler, si tu ne veux pas que je dise des sottises devant tout le monde. Je n’ai pas l’habitude de me gêner dans mon langage. C’est Camille qui m’apprend tout ça, et ça l’amuse que je parle sale. Une amoureuse dans ton genre est bonne à vous enlever le tempérament. Moi, je suis très chaude, et il faut qu’on m’entretienne, autrement la bile me remue. Si je m’écoutais, je te ficherais des claques, et j’ai sur les lèvres toutes sortes de vilains mots à ton service. Je t’ai cependant torché le cul avec ma langue.

― Tu l’avais lavé.

― Je l’eusse léché quand même, je te l’ai proposé. Il me semblait, après notre accord dans la chapelle que nous étions pour nous entendre, et tu n’en abuses pas ? Après ça, tu préfères peut-être un cul dans le genre de ceux de Fanny et d’Athénaïs ! Tu n’es pas difficile dans ce cas. Un joli petit cul, bien rondelet, pas trop épais, bien tracé... Enfin, peut-être, tu es comme les hommes, qui les préfèrent bien nourris, bien pleine lune. Voyons, pourquoi ne me réponds-tu pas, garce ?

― Isabelle, je te défends d’employer ces mots.

― Bon ! bon ! Tu es cause qu’on m’a écorché les fesses à coups de badine, et deux fois pour toi en somme, j’ai souffert la punition. Jusqu’ici nous ne nouons ensemble que de mauvais rapports.

― Ce n’est pas ma faute.

― J’ai le droit de me fâcher. Jamais tu ne te places sur mon chemin, et les occasions ne se présentent pas toutes seules. Le soir, où tu as suivi Nanette, je comptais que tu comprendrais mes œillades. Ah, bien oui ! mademoiselle rêvait, et un simple signe de cette sacrée Nanette l’a décidée à partir. Cochonne !

Elle m’amusait dans sa colère, d’autant plus qu’elle valsait très bien, que je l’accompagnais à merveille, et que nous étions comme collées l’une à l’autre. Je m’abandonnais à sa vigoureuse pression, et je me laissais emporter dans ses bras, le souffle confondu au sien.

― Ah ! tu ne te défends plus, hein ? Tu acceptes mes injures, petit rien du tout ; tu te donnerais à tout le monde, et pas à ton amie Isabelle. Tu commences à te conduire en putain !

― Si tu continues à me parler ainsi, je me fâche.

― Je te tiens trop bien cette fois-ci, c’est un peu mon tour de te dompter. Mes bras t’enserrent, ma voix te chatouille, aussi bien que le feraient mes doigts à ton conin, et mes sottises t’exilent, puisque tu souris, mauvaise peau. Tu oublies que je suis ton aînée, et que j’ai plus d’expérience de la chose que toi.

Elle me guidait comme elle l’entendait, et le milieu se prêtait à ses discours.

Parfois, la valse s’alanguissait, s’arrêtait même pour permettre à quelques-unes de se reposer ou de changer de compagne ; les enragées stoppaient en cadence, et repartaient de plus belle ; on les acclamait. Nous brillions parmi celles-là.

Sur des fauteuils ou des canapés, les cavaliers s’amusaient les uns avec les autres, et sur les genoux de l’aumônier, deux petites, debout, se faisaient peloter à qui mieux mieux leur devant et leur derrière.

Je ne répliquai rien à la dernière boutade d’Isabelle, et sa lèvre becquetant la mienne, elle continua :

― Mérites-tu le miel de mes caresses, cochonne, toi, qui me criais l’autre jour, à qui ton frère le mit, et ensuite l’aumônier. Quand on dit des sottises aux autres, on ne doit pas leur jeter ses propres actes à la face.

― N’as-tu jamais sucé, toi, qui me traites de suceuse ? Elle sourit et riposta :

― Moi, si je l’ai fait, c’était pour plaire à mon protecteur. Et toi tu le fais par goût.

― Tous les goûts sont permis.

― Je ne chercherai pas querelle sur ce point. Je me fâche de ta négligence, et si tu me préfères Nanette, il n’est pas nécessaire que nous nous considérions comme deux amoureuses.

― Je ne préfère pas ; j’aime à m’amuser.

― Pourquoi ne m’as-tu pas appelée ?

― Et toi ?

La valse finissait. Nous nous séparâmes, sans conclure d’accord. Angèle, gentille au possible, sous son costume masculin, m’invitait pour la prochaine danse.

De plus, comme Isabelle était une excellente pianiste, on la pria de s’asseoir au piano, afin que les maîtresses prissent leur part de plaisir.

Elle s’éloigna, en me jetant un regard en dessous, qui me présagea quelque future algarade.

Angèle m’enlaça, m’embrassa, et me dit :

― Défie-toi d’Isabelle, mignonne. Elle englue et l’on s’en dépêtre difficilement.

Mais que se passait-il ? On se groupait au haut du salon de danse, s’y agitait, s’y échauffait.

Une chose qui ailleurs eût compromis, et gravement, la discipline de la maison.

Elise Robert et Nanette, tenant la traîne de la robe de Juliette, l’avaient retroussée, et découvert ses fesses, et toutes les petites, comme de folles gammes, s’agenouillaient derrière, les baisaient en les prenant dans leurs bras maigrelets, s’acharnaient à des caresses qui paraissaient délecter notre grande directrice.

Elles s’y succédaient les unes aux autres, puis couraient autour du salon, levant en l’air leur petit cul, que quelques grandes claquaient légèrement.

Isabelle préludait une mazurka ; Angèle me saisit par la taille, et nous nous élançâmes.

Il se fait tard, mon chéri ! Je renvoie à une prochaine lettre la suite du récit de notre soirée.

Ton Adeline, qui t’embrasse et te mord.

VI. DE LA MÊME AU MÊME

À la fin de cette mazurka, Nanette m’enleva pour une autre valse. Elle souriait gentiment, en me disant :

― Je parie que tu as vu la petite scène d’Isabelle.

― Non, non ! répliquai-je.

― Tu crains de la compromettre ? Ne t’inquiète pas ; je ne lui ferai aucun mal. Les caprices ne se commandent pas, et malgré sa vicieuse et inconstante nature, c’est encore un bon morceau. Les affections personnelles n’empêchent pas le désir des voluptés. Blanche m’a conté que tu lui as mis le godemiché. Dis : tu me le feras ?

― Oh, quand tu voudras !

― Même si Isabelle se place en travers ?

― Elle n’est qu’une élève, et tu es maîtresse de classe.

― Ce n’est pas une raison chérie ! Seul le plaisir doit inspirer ton cœur.

― Je l’ai prouvé. N’ai-je pas joui sur ta personne ?

― Ceci est mieux. Tu as beaucoup de tact naturel. Ecoute tes fantaisies personnelles ; tes maîtresses et tes amies ne s’en plaindront pas.

― Une pensée me tourmente depuis tantôt.

― Dis vite laquelle ?

― Les petites n’offrent-elles pas de danger ?

― Non ! Elles sont bien stylées, tenues, surveillées, et savent qu’elles perdraient ces occasions de s’amuser, si elles jasaient. Les trois quarts ne s’en vont pas en vacances, parce que leurs familles auraient peur de les voir recommencer la faute qui nous les amena. Et puis, en général petites, moyennes et grandes, n’aspirent qu’à ne pas quitter nos murs.

― Ce ne sont pas les demoiselles Géraud qui ont fondé cette maison ; elles sont trop jeunes, n’est-ce pas ?

― Elles ne l’ont que depuis cinq ans. Elles l’achetèrent à la sœur de l’aumônier qui s’est retirée, parce qu’elle s’échauffait trop ; Mlle Juliette dirigeait la classe des grandes.

― Je m’en doutais.

Soudain mes yeux s’effarèrent, et Nanette, suivant leur direction, ne put s’empêcher de sourire.

― Es-tu jalouse ? murmura-t-elle.

― Non, oh non ! Il me semble seulement que c’est raide.

― Allons donc ! Je m’étonnais qu’on n’eût pas déjà commencé.

Je venais d’apercevoir Liza Carrin, à deux genoux entre les cuisses de l’aumônier, et le suçant, debout à son côté, la sentimentale Lucienne d’Herbollieu, les jupes retroussées, se prêtait à son pelotage, et lui, il clignait des yeux, les lèvres épaisses, haletant comme un homme, approchant de la jouissance.

En ce moment, l’évolution de la valse m’entraînait près du piano, les regards d’Isabelle croisèrent les miens. Elle me désigna d’un air ironique le groupe de l’aumônier et de ses deux complices. Je ressentis, je l’avoue, quoique j’en eusse dit à Nanette, un accès de jalousie.

La danse touchait à sa fin. Cette valse termina la première partie de la tête. Il était temps de penser au souper, la licence se déchaînait partout, encouragée par les maîtresses.

Devant les tableaux qui se déroulaient, Nanette me fournissait des détails sur les mystères de la maison.

Fanny Géraud aimait beaucoup les femmes, et sa passion la plus chère, sa plus tendre amie, son amante de prédilection se trouvait être Elise Robert, dont le tempérament fougueux et lesbien la bouleversait. Les deux femmes couchaient souvent ensemble, vivant comme mari et femme, pimentant parfois leurs plaisirs par l’appoint d’une ou deux petites.

Juliette, en revanche, avait pour amant le mari d’une ancienne élève, qui la visitait fréquemment. Cette élève, fut son amoureuse, à l’époque où elle dirigeait la grande classe et leurs relations se continuaient, s’étalant aux Offices et aux Fêtes des Filles Rouges.

Lucienne d’Herbollieu, la beauté sentimentale jouissait d’une nature très lascive, et recherchait fort les relations avec Nanette, ne négligeant pas quelques-unes de ses élèves, parmi lesquelles on citait Isabelle et Josèphe de Brongier.

Le nom d’Isabelle revenant encore sur le tapis. Nanette ne manqua pas de s’écrier :

― Tu le vois on est sûr de la rencontrer dans toutes les histoires.

Les dernières mesures de la valse se jouaient : elle suspendit ses racontars.

Rapidement j’examinai l’ensemble du salon, la fièvre amoureuse courait dans tous les coins. On ne parlait pas, on n’entendait presque plus de bruit, on se groupait pour satisfaire ses sensualités.

Elise Robert tenait sur ses genoux Juliette, la becquetait sur les lèvres et celle-ci, apercevant Marie Rougemont, qui patouillait le cul de la petite Anne Flavand, l’appela en ces termes :

― Marie, je te donne le mien, puisque tu les aimes tant ! Se couchant en travers sur les cuisses d’Elise, elle se retroussa par derrière, et Marie, heureuse, fière de cette autorisation, gratifia le joli cul de Juliette de ses mignardes caresses.

Comme Elise était installée sur un canapé, Blanche grimpa à son côté, et, se plaçant debout en face d’elle, lui présenta le conin pour recevoir des minettes.

Une petite de douze ans, Clémentine de Burcof, une blondinette élancée, assez grande pour son âge, déhanchée, comme nue dans sa toilette sommaire, allait de groupe en groupe, pelotant, pelotée, hardie, effrontée, soulevant les jupes rebelles, demandant de ci de là des suceuses, des baiseuses de cul. Extravagante et folle, elle s’échappait aussitôt qu’on l’avait satisfaite pour courir à d’autres.

Angèle, ma grande amie, était avec Georgette Pascal ; toutes les deux enlacées, égaraient leurs mains entre leurs cuisses.

Si Isabelle m’avait narquoisement désigné l’aumônier, Liza Carron et Lucienne d’Herbollieu, j’aurais pu lui rendre la pareille pour M. Gandin, folâtrant avec une élève de ma classe, Marguerite Déchelle, une brune de 13 ans, grande, forte, un peu boulotte, mais très gracieuse, déjà femme, avec des fesses accentuées qu’il paraissait fort apprécier, sans doute par opposition à celles d’Isabelle.

Fanny frappa dans ses mains, tout s’arrêta par enchantement. Le souper nous attendait.

Le repas était servi au réfectoire, où l’on avait organisé, bien en dehors de nos trois tables, rangées en long, une quatrième table en travers, la précédant toutes les trois la table d’honneur.

La fête de nuit se donnant sur ma demande, j’y pris place entre l’aumônier et Angèle.

Cette partie de la fête s’offrait comme très agréable.

Magnifiquement couvertes de fleurs, de gâteaux, de mets délicats, brillamment éclairées de multiples lumières, les tables activèrent la joie générale.

Le service se faisait par des élèves, sous la direction de Georgette. Il ne laissa rien à désirer.

― Eh bien, ma petite amie, me dit l’aumônier, vous amusez-vous bien, vous, pour qui brille cette exubérance de vie ?

― J’ai beaucoup dansé, répondis-je simplement. Il me prit le menton, et me demanda :

― Il n’y a pas de peine cachée derrière ce joli front ?

J’avoue vraiment que je faisais la moue.

― Petite coquette, ajouta-t-il tout bas, ce soir je vous abandonne à vos plaisirs, ne vous privez pas de vos fantaisies ; l’agrément de cette fête, une véritable saturnale consiste en ce que les élèves deviennent les maîtresses. Nous nous retrouverons ensuite pour fixer nos divins rapports.

Mlle Juliette, au commencement du repas prononça ces quelques mots :

― Mes chères enfants, nous ne désirons que vos plaisirs et votre bonheur. Je vous recommande d’éviter le tapage et les cris, afin que nous ne regrettions ni notre complaisance, ni la confiance que nous avons en votre tact. Après le souper, toute permission vous est accordée pour vos caprices. Vous vous coucherez sans bruit et sans désordre à minuit, au signal de vos maîtresses. Mangez maintenant comme des personnes raisonnables, et vous nous encouragerez à renouveler ces fêtes.

― Vive nos maîtresses, s’exclama-t-on à toutes les tables.

― Chut, chut, mes amies, pas de tumulte.

Ma description de notre repas, mon petit Paul, ne t’intéresserait pas. Je te la supprime. Il dura plus d’une heure ; puis on s’éparpilla un peu partout.

Le noyau principal se maintint dans le salon des danses.

Je m’y rendis. Là, Marie, qui était ma meilleure camarade de la classe, me dit au nom de plusieurs de mes compagnes :

― Ma chère Adeline, nous te sommes redevables de cette soirée. Consens à l’amuser quelques instants avec nous, pour que nous te prouvions notre amitié sincère. Dicte-nous les caresses que tu désires. Dis, veux-tu que je débute par ton cul ? Toutes.

― Il faudrait toute la nuit !

― Non, non, histoire de rigoler, dit Léonore. Montons à notre dortoir : cela marchera le mieux du monde.

Sitôt proposé, sitôt exécuté.

En un instant les jupes furent retroussées, et j’aperçus une ravissante collection de cuisses et de fesses. Marie s’accroupissant derrière moi, s’octroya les miennes.

Bientôt je me livrai avec furie à la fantaisie. Je pelotai la plus proche, la suivante, une autre, ainsi de suite : je reçus des caresses, et en prodiguai, et, nous nous échauffant à ce jeu, nous nous agenouillâmes à la file les unes des autres, nous léchant réciproquement le cul et le conin.

Un bruit de pas dans l’escalier nous dispersa comme une bande de canards effarouchés.

Les grandes personnes avaient quitté les salons, c’est-à-dire que les élèves, grandes, moyennes et petites, pas toutes encore, quelques-unes ayant été amenées dans les appartements réservés pour les conseils de direction, agissaient à leur guise.

On ne songeait plus qu’à la sensualité.

Isabelle, les yeux perdus dans le vague, jouissait sous les minettes de Berthe Lytton.

Deux petites, natures précoces et prématurées, au milieu du salon, entourées d’un groupe les excitant, se tortillaient avec crânerie dans la figure du 69. C’était Pauline Marbeuf et Clémentine de Burcol. Angèle, parmi les spectatrices, dirigeait les ébats des deux enfants, lesquelles se délectaient à leurs caresses, ne s’arrêtant que pour lancer quelques apostrophes à leur cercle :

― Montre comment tu es faite, toi !

Et, l’apostrophée, se retroussait sur le champ Athénaïs Caffarel s’approcha de moi et me dit :

― Veux-tu m’accompagner ? Je me disposais à accepter. Isabelle se dégageant de Berthe, se précipita et intervint brutalement :

― Je l’ai retenue avant toi.

― On ne s’en serait pas douté, répliqua Athénaïs, et je ne te cède pas.

― Adeline est ma petite amoureuse, et comme telle, c’est avec moi qu’elle a affaire, de préférence aux autres.

― Est-ce vrai, Adeline ? interrogea Athénaïs.

― Oui, répondis-je, nous sommes d’accord avec Isabelle ; mais je ne te refuse pas.

― Et moi, j’entends que tu refuses, s’écria Isabelle avec dureté.

― Oh ! ces airs, répliqua Athénaïs. Elle n’est pas ta chose, et avant tes caprices, elle est la protégée de l’aumônier, qui se fâchera, si tu lui cours après.

Je ne savais trop quelle contenance tenir dans cette discussion. Je trouvais mes amies ridicules, et moi aussi.

Isabelle me saisit par le bras, et m’entraîna à son dortoir. Elle n’avait pas sa chambre à elle.

― Pourquoi n’as-tu pas refusé ? dit-elle.

― Tu ne m’avais pas prévenue que ma qualité de petite amoureuse de la personne m’interdisait d’autres plaisirs. Je ne suis pas du tout résignée à m’en priver.

― Même, si je t’en supplie ?

― Ce n’est pas sérieux ! Pourquoi ne pas jouir de toutes les façons ?

― Parce que j’ai envie de tes caresses, et que tu ne les donnes pas.

― Nous voici ensemble, profitons !

― Tu es énervée, tu me caresseras mal.

― Tu es tout de même drôle ! Ne parlons pas et agissons.

― Tu sais ce que j’aime ?

― Oui, tu me l’as dit la première fois. Tu aimes qu’on te lèche le cul ; Marie t’en a inspiré le goût. Tu mérites bien que je lui prodigue mes tendresses, après ce que tu m’as fait ! D’ailleurs, il est si gentil, si beau, si habile, que je brûle de le bien adorer.

Elle sauta sur son lit se retroussa, et me montra l’objet.

La chaleur qu’il dégageait me pénétrait tous les pores, et je pris à cœur de me surpasser dans mes baisers.

J’acquérais de plus en plus l’expérience de ce jeu. Entre les hommages rendus à celui de Nanette, entre les caresses reçues sur le mien par Marie et d’autres, je commençais à apprécier les voluptés de ces charmantes jumelles, et je crois sincèrement que la passion de mon amie me gagnait.

Quand j’eus devant les yeux les délicieuses rotondités d’Isabelle, et qu’elle me murmura doucement de désirer mes ardeurs, je les contemplai un instant avec émotion, puis les caressai de la paume de la main, le cœur tressautant dans la poitrine.

Isabelle se tut, balançant lentement une jambe, et le cul courut en ligne serpentine, suivant l’ondulation du mouvement.

Elle se tenait couchée sur le côté gauche, me le présentant de trois quarts.

Comprenant à une pression de ma main, le repoussant un peu plus en avant, que je voulais approcher le visage de son plein épanouissement, elle se retourna tout à fait sur le ventre.

Alors, ma langue voltigea des reins aux cuisses, mes doigts glissèrent au clitoris, je la branlai, je le baisai, la suçai, enfiévrée par les contorsions du cul, du dos, des jambes, des bras, allant et venant, par le déhanchement de tout le corps, se jouant en mille poses fébriles, par la volte-face soudaine de l’énamourée Isabelle, se mettant sur le dos, et ayant soin d’aplatir le cul sur mon visage, pour m’en donner des coups précipités, tandis qu’elle se grattait elle-même.

Puis me l’enlevant, elle se poussa vers le haut du lit et murmura :

― Cours après, empares-t’en.

Mes mains crispées la saisirent à la taille, et la ramenèrent à portée. Elle se pelotonna en boule, et ma langue pénétra comme la pointe d’un sabre, enfilant l’orifice du trou, et le délectant de mille soubresauts.

Elle jouit trois fois dans ce fougueux assaut, et moi-même, je déchargeai presque tout le temps.

Gentille au possible, elle me mignarda, me prit dans ses bras, contre son cœur, me disant :

― Avec qui éprouverais-tu pareille extase, Adeline ? Tiens-t’en à moi. Je suis très chaude, et tu l’es aussi ; nous nous convenons sous tous les rapports. Viens, que je te lèche à mon tour ; tu verras que je suis aussi active à la caresse qu’à être caressée. Mes baisers te sécheront, puisque tu es toute mouillée, et tu n’auras plus que moi. Dis que tu ne le feras pas avec Athénaïs ; je ne puis la sentir. Me le promets-tu ?

― Si je te le promets pour Athénaïs, tu l’exigeras pour les autres, et quand l’envie de jouir me tourmentera, il me faudra solliciter la permission, à quoi je ne consentirai jamais.

― Rien que pour Athénaïs !

― Et Nanette ?

― Ah ! tu m’en parles la première. Oui, pour elle aussi.

― Ça, non ! Nanette me plaît.

― Plus que moi ?

― Non ! mais elle est maîtresse de classe. J’ai du goût pour ses charmes ; je ne veux pas que tu me la défendes.

― Écoutes ! fais-le-lui en cachette. Cela me contrarierait de le savoir.

― Tu as de la folie dans le caractère !

― Un peu, je me connais. Maintenant que tes caresses me produisent plus d’effet que celles des autres, je tiens à les conserver. Tu as jugé ma nature emportée ; je ne puis me dominer. Malgré toute mon affection, je te ferai du mal en apprenant que tu t’amuses ailleurs, alors qu’avec moi tu n’as qu’à parler pour satisfaire toutes tes fantaisies.

Elle était ensorcelante ! Elle jouait avec mes lèvres, avec mon corps, m’affolait de ses caresses, buvait mon âme dans ses baisers, et ses suçons, et je faillis souscrire à toutes ses tyranniques volontés.

Que t’importent les scènes qui s’accomplissaient à droite, à gauche ? Minuit sonna, on se retira successivement dans les dortoirs, dans les chambres, on éteignit les lumières, le silence s’établit, on s’endormit le cœur encore à la fièvre, on dormait tard le dimanche matin.

Me voici acclimatée, mon trésor chéri ! Mille tendres caresses de ta sœur.

Adeline.

Chapitre IV

LES OFFICES ROUGES

I. ADELINE À PAUL

Ne m’oublies-tu pas à Londres, mon frère chéri ? Un siècle s’est écoulé depuis notre séparation, et encore des semaines depuis mes dernières lettres.

J’embellis, et mes aventures continuent, entremêlées de grandes joies et de quelques corrections.

La flagellation a du bon et du mauvais. Tu n’en a pas goûté, mignon. J’estime que tu y perds un plaisir soit au passif soit à l’actif.

Après la Fête de nuit, pour rétablir l’équilibre dans nos esprits, pendant plusieurs jours, les sévérités demeurèrent excessives. On étouffait ainsi les velléités d’indépendance. Les devoirs augmentés, les exercices fatiguant les corps, multipliés, les repas réconfortants mais portant à la somnolence, sagement distribués, aidèrent à reprendre les forces dépensées dans l’orgie nocturne.

Impossible aux petites de fauter. La surveillance ne les quittait, ni le jour ni la nuit.

Moyennes et grandes, relativement en subirent le contrecoup.

Chacune apporte la meilleure volonté du monde à se soumettre à ce régime afin d’obtenir de nouvelles faveurs, et les punitions n’abondèrent pas.

La période fixée pour le port du ruban bleu s’étant écoulée, je rentrai dans la discipline courante.

Blanche m’expliqua que, si je me plaçais en dehors de mes compagnes de classe, j’éveillais des jalousies, lesquelles m’attireraient des désagréments.

La nécessité de me coucher à huit heures et demie ne me peina que parce qu’elle m’enlevait les occasions d’approcher Isabelle.

Durant les quelques soirs de veillée dont je disposai, plusieurs fois j’en profitai pour me retrouver avec ma chaude amie, et à mesure qu’elle prodigua son conin et son cul à mes ardeurs, je m’en épris de plus en plus follement. La passion qui domina Marie s’inocula dans mes veines, et tout mon sang bouillonna à la seule pensée des délices qu’elle savait me faire goûter avec le jeu savant de ses fesses.

La méchante suivait avec joie ses progrès sur mes sens, et comme me l’avait annoncé Angèle, elle m’engluait littéralement à ses jupons.

Dans la journée, à la récréation, tout en jouant avec mes camarades, je la contemplais à la dérobée, et, lorsque je la voyais me sourire d’une certaine façon, d’un sourire lascif, mystérieux, accompagné d’un geste de main ou de hanche, pour attirer mon attention sur sa ceinture ou son derrière, il me semblait qu’à travers l’étoffe ses chairs appelaient les miennes, et des torrents de feu me couraient par tout le corps.

Tant que dura la permission de me coucher tard, notre entente se desserra de plus en plus, et à part l’aumônier, je ne songeai pas à d’autres voluptés.

En vain Nanette essaya de me ressaisir ; je l’évitai, en prétextant des fatigues, en feignant de ne pas la comprendre.

Un jour, peu après le Fête de nuit, l’aumônier m’emmena dans le petit salon derrière la sacristie.

Il me complimenta, comme toujours, sur ma gentillesse, sur ma discrétion, m’assurant qu’il nourrissait une vive passion pour ma petite personne.

Il me mignarda sur la bouche, m’assit sur ses genoux, me supplia de lui conserver tonte confiance, disant qu’il voulait mon bonheur, non seulement pour le temps que je passerais à la pension, mais aussi pour l’époque où je me marierais.

Conte-moi tes moindres désirs, mignonne, et mon amitié sera heureuse de les réaliser.

Un gros baiser sur ses lèvres le remercia de ces bonnes paroles, et il me mit toute nue.

Il m’étendit sur un divan, et, tout en se dévêtant, il me dicta quelques poses que j’exécutai.

Il me fit coucher sur le dos, la tête sur la ligne du corps, les jambes ramenées et croisées, puis il me fit allonger les bras en croix, et les cuisses ouvertes : ensuite, à demi tournée contre le mur, accoudée sur un bras, une main caressant la raie des fesses ; enfin à quatre pattes, le cul bien en l’air, la tête à ras du sol.

Il achevait en ce moment de se déshabiller, et, nu à son tour, il glissa la tête sous mon ventre, la passa entre mes cuisses, souleva une de mes jambes, et me lécha le conin, les fesses, le trou du cul.

Je me trémoussai selon la méthode d’Isabelle, il s’enflamma, me dévora de feuilles de rose… et, avec le doigt, tenta de percer ma virginité.

Il soupirait, et je mourais du désir de sa chose.

Il le devina, et s’avançant sous moi, je pus le sucer dans l’enivrante position du 69.

Plus je voyais sa queue, plus elle réapparaissait volumineuse. Je m’y habituais de plus en plus, et sa main pressant mes fesses, je compris qu’il lui fallait l’acte sodomite. Je m’arrangeai, poussai mon cul vers ses cuisses ; il se retourna brusquement, sauta sur mon dos, et m’encula dans une frénésie de soubresauts, qui provoqua notre jouissance à la même seconde.

Il me combla de tendresses, me recommanda la docilité avec mes maîtresses, me promit mille merveilles, et nous nous habillâmes.

En me quittant, il m’annonça son départ pour plusieurs jours à cause d’affaires urgentes, et me dit qu’à son retour nous établirions des relations suivies.

L’aumônier absent, le ruban bleu retiré, soumise à la règle générale, je commençai à éprouver les ennuis de l’attachement exclusif voué à Isabelle.

Elle attendait sans doute cet instant où mon esprit et mes sens ne vivraient que de nos voluptés.

Elle inaugura des intermittences d’indifférence et de passion, qui me bouleversèrent l’âme.

La cruelle imposait son empire, et riait de mes tourments.

Je lui écrivis les plus ardentes lettres, lorsqu’elle ne me parlait plus de toute la journée ; elle s’enfermait dans un mutisme absolu, disparaissait des récréations, et je ne savais où la trouver.

Mes sens s’exacerbaient, ne s’intéressaient qu’à ses charmes, me suscitaient de folles visions, où la nuit et le jour, je rêvais de ses chairs, de son cul qui dodelinait devant mes lèvres et les fuyait.

Puis elle me revenait, fixait un rendez-vous, et, dans une heure de délire, m’abreuvait de telles ivresses, que tout pâlissait, qu’en dehors d’elle il n’existait plus rien.

Elle me rivait à ses jupes, et, connaissant son pouvoir, elle résolut de me pousser à bout.

Pendant une semaine, elle me refusa tout contact, et, un soir, à la récréation, elle me dit enfin :

― Tu me mangerais les fesses, si je te les prêtais trop souvent, et j’y tiens. Je suis fière des éloges qu’on leur décerne. Tu es toujours après moi, et tu m’empêches de satisfaire ma petite amie Marie, avec les autres qui les désirent. J’ai beaucoup d’affection pour toi, puisque tu es mon amoureuse ; mais il faudrait concilier nos caprices. Ecoute actuellement j’ai une toquade pour la petite Clémentine et la nuit du samedi à midi, quand tout le monde dort, doucement je vais à son dortoir, je l’éveille, si elle s’est endormie, et nous nous amusons. C’est justement le jour. Je te prendrai en passant, et nous ferons une partie à trois.

― Oh, Isabelle ! Quelle grosse faute me proposes-tu là !

― Nous ne risquons pas plus et nous risquons moins que lorsque je t’ai léché le cul en sortant du cabinet. D’ailleurs, je veux cette preuve de la force de tes désirs.

Quand elle parlait ainsi, elle prenait un air décidé et si mauvais que je craignais toujours de nous brouiller, et je cédais.

Cette fois, la faute se commettant contre Nanette, pour laquelle, malgré ma négligence amoureuse, j’éprouvais une vive sympathie, j’essayai de raisonner et murmurai :

― Le plaisir que nous aurons manquera de charme par la crainte du danger d’être surprise et par l’étroitesse du lit de Clémentine.

― Le danger excite la volupté. Pour l’étroitesse du lit, nous nous arrangerons. Oui ou non ; je te le dis, si tu ne viens pas, c’est fini entre nous.

― La peur me prendra, répondis-je. Non seulement cela m’inquiétait à cause de Nanette, mais aussi pour Clémentine, cette blondinette effrontée de la fête de nuit, pour qui souvent, moi, son aînée, je dus éviter des occasions où elle me relançait. Cette enfant, à la pension depuis un an, avait une nature plus que précoce. Elle avait été débauchée par la femme de chambre de sa mère, et on prétendit que le mari de cette créature faillit la violer. Aux cris de la petite, on accourut, on découvrit le pot aux roses, on chassa les deux serviteurs pour ne pas ébruiter l’affaire, et on la confia aux demoiselles Géraud. Son tempérament promettait. L’examen du docteur étant favorable, on lui fixa une hygiène pour activer sa croissance. Elle figurait au rang des favorites de Fanny et d’Elise, et appartenait aux Filles Rouges.

Clémentine jouissait d’une grande liberté dans la maison, quoique médiocre travailleuse. Ses parents n’exigeant qu’une instruction ordinaire, on ne l’accablait ni de devoirs ni de leçons. On la dirigeait plutôt vers les arts d’agrément où elle mordait, brillant au piano et au dessin.

Quatre à cinq jours après la fête, comme au fond du jardin je pissais dans l’herbe, me croyant toute seule, j’aperçus Clémentine qui me proposa de boire mon urine à mesure qu’elle sortait.

― Petite sale, m’écriai-je, n’as-tu pas honte de demander pareille horreur ?

― Honte, pourquoi, si j’aime à faire ça ! Veux-tu, dis ?

J’avais terminée et je lui répondis :

― Si tu répètes ta demande, je te dénoncerai à ta maîtresse et elle te punira.

― Tu seras une moucharde et je te ferai tout le mal que je pourrai. Tu dois à Liza Carrin des coups de badine, je t’en voudrai de mon côté.

― Tu es une effrontée polissonne et pour te montrer combien je me moque de ta menace, je cours tout raconter à Mlle Nanette.

― Vas-y ! Tu t’en repentiras bientôt.

Elle marcha tranquillement après moi et vit que je n’abordais pas la maîtresse.

Un autre jour, à la récréation, elle entra derrière moi à la bibliothèque et, se baissant tout à coup, elle glissa sa tête sous mes jupes.

Avant que je revinsse de cette surprise, elle me mordit durement aux fesses et se releva en disant :

― C’est pour t’apprendre à ne pas faire attention à moi.

Je me contentai de lui tirer les oreilles et de répliquer :

― Quand tu seras plus grande, nous recauserons.

― Il y en a de plus âgées que toi qui ne me dédaignes pas.

― Ça ne me plaît pas de les imiter.

Enfin, une troisième fois, une nuit, comme je m’apprêtais à dormir, mon rideau s’entrouvrit et la tenace petite apparut.

Elle s’approcha de mon oreiller et m’embrassant le bout du nez qu’elle suça ensuite, elle murmura :

― Tu ne me renverras pas, eh ?

Je tremblais d’être surprise ; je la repoussai et répondis tout bas :

― Va-t’en ou j’appelle Mlle Blanche.

Elle pinça les lèvres puis me tira la langue, et riposta :

― Tu es une sale bête, une rosse. Je ne me serai pas dérangée pour rien ; j’en trouverai une plus aimable et plus avenante que toi.

Elle me quitta. Je me penchai pour écouter et je l’entendis réveiller Marie.

Celle-ci, moins farouche, à demi endormie, demanda :

― Que veux-tu, Clémentine ?

― Chut ! M’amuser ! Tu le veux, n’est-ce pas ?

Si elle le voulait, Marie ! Un cul et une bonne volonté qui s’offrait ! Aucun bruit ne transpira de ce qui s’accomplissait derrière les rideaux. Le lendemain, Marie m’avoua avoir gardé plus d’une heure la petite.

Depuis, si les yeux de Clémentine parlèrent, elle feignit de me traiter avec indifférence et mépris.

Et voilà qu’Isabelle exigeait ma visite à ce joli démon !

J’avais promis.


Je parie, mon chéri, que tu ne te serais pas tourmenté et que tu te serais précipité sur l’aventure. On a des préventions qui ne se commandent pas. Je les subissais. Mes plus tendres caresses.

Adeline.

II. DE LA MÊME AU MÊME

Tout dormait ; le silence le plus absolu m’entourait. Isabelle, en chemise, souleva mes rideaux, appuya les lèvres sur mes lèvres, et murmura :

― Merci, chérie ! Tu m’attendais ; viens vite.

Mes mains fouillèrent sous sa chemise ; elle sourit, se laissa peloter, et ajouta :

― Hâtons-nous. Nous serons mieux là-bas. Nanette a le sommeil plus dur que Blanche.

Avec précaution, je descendis du lit et suivi. Mon dortoir donnait sur celui des petites par une porte que recouvrait seule une tenture.

Les lanternes chinoises n’éclairaient presque pas ; tout nous favorisait. Nous glissâmes telle des ombres.

Clémentine occupait le quatrième lit de la seconde rangée.

La coquine nous attendait toute nue.

― Eh ! dit-elle dans un petit souffle, te voilà à la fin.

Comme un singe, elle sauta à terre, passa la tête sous ma chemise, appliqua la bouche sur mon conin et le tint un instant ainsi embrassé.

Isabelle me serrait les mains dans les siennes approchait ses lèvres des miennes et versait l’extase dans mon être par quelques gouttes de salive qu’elle échangeait avec la mienne.

Clémentine souleva nos chemises par devant et, avec ses mains, poussa nos ventres l’un contre l’autre ; dessous nous elle appuya une main sur mes fesses et, immobiles toutes les trois dans cette position, elle chauffait de son haleine nos conins tandis que nous nous becquetions.

Je m’oubliais dans une divine volupté. Soudain je sentis un peu d’humidité sur mes cuisses.

Etonnée, j’allongeai la main et eut l’explication. Isabelle, moins bégueule que moi, pissa sur la figure et les épaules de Clémentine, laquelle en avalait une bonne partie en se grattant avec furie son petit conin.

Me maintenant serrée contre elle à bras le corps, mon amoureuse m’empêcha de la quitter et, tout à coup, dardant le jet de son pissat, elle m’en inonda tout le bas ventre.

Il n’y a rien qui vous entraîne comme la grosse cochonnerie. L’exemple me gagna et je consentis à mon tour à cette scène dégoûtante. J’envoyai en plein sur la tête l’urine qu’elle désirait si vivement goûter, et Isabelle, à ma grande surprise, arrangea son ventre sous mes cuisses pour en être imbibée.

Clémentine jubilait ; le vertige m’envahissait. Bouche sur bouche, Isabelle me murmura :

― Attends ; arrête-toi. Pisse-moi, dans la fente du cul. Se retournant prestement, elle plaça les fesses entre mes jambes et, obéissant, j’épanchai la fin de mon pissat le long de sa raie. En dessous, Clémentine recevait cette douche d’un genre nouveau avec une telle allégresse qu’elle colla de suite les lèvres sur le cul de mon amie et le lécha pour le sécher, à ce qu’elle dit. La turpitude se terminait.

Je constatai qu’on l’avait prévue, j’aperçus sur le tapis un linge placé par la rouée Clémentine, pour empêcher nos eaux de mouiller le sol.

Le corps souillé de cette petite ne m’engageait pas beaucoup, malgré mon effervescence.

Isabelle, moins délicate, poutonna le visage et les épaules de ce Chérubin ordurier, prétendant que cela décuplait ses envies.

Néanmoins, reconnaissant que nous manquions d’aise pour nous mouvoir derrière les rideaux du lit, toutes les trois nous déménageâmes et nous nous rendîmes à la salle de bains des élèves où nous trouverions le nécessaire pour nous rapproprier et ensuite nous amuser dans un boudoir que la précédait.

Nous nous lavâmes avec conscience et il ne resta plus trace du pissat.

Alors, toutes nues, nous nous livrâmes à nos passions réciproques.

Isabelle aimait Clémentine pour les horreurs que cette petite concevait, pour la saveur de ce corps encore non formé et, me retournant, la lascivité qu’elle en menait, elle s’électrisait à me caresser ; puis, revenant à l’enfant elle s’en fourrait à en mourir, la tortillant, l’enlaçant, la couvrant de son corps, la baisant, la léchant. Et elles luttaient de furibondes lubricités où elles se gouaillaient à coups de vilains mots et de propositions saugrenues.

La petite marchait de pair avec la grande.

Clémentine, cherchant la morsure qu’elle fit à mes fesses, morsure qui s’effaçait à peine, la découvrit vite et dit :

― Elle ne voulait pas que je tétasse son pipi au jardin et aujourd’hui elle y a consenti ; elle m’a chassée de son lit, et Marie m’a tellement sucé la raie du cul que je croyais qu’elle me l’avalerait avec tout ce qu’il y avait dedans. Dis, Isabelle, tu la dresses bien mal, ton amie !

― Toutes ne sont pas des goulues de ta force, petite onaniste ; toutes ne comprennent pas que si jeune, tu sois déjà si porcherie. Moi, ça me va ; Adeline est une sentimentale.

― Oh, là, là ! Sentimentale ! Quand on ne vit que pour sucer le cul, ton cul, où ça se niche-t-il le sentiment ? Moi, lorsque je m’amusais avec ma bonne, elle me disait que si l’on craignait le piment, il ne valait pas la peine de se mettre à table.

Elle appelait le piment ce que tu appelles des horreurs, et ce que tu fais cependant. Elle rigolait en me flanquant tous ses poils dans la bouche et me conseillait de bien sentir le jus de son mari qui venait de la tirer.

― Pouffiasse ! Elle a soigné ton instruction, cette catin.

― Je te crois ! Je n’ignore rien des choses ; et que j’ai été contente d’entrer dans cette boîte. Vraiment un joli jour de bonheur. Dis, Adeline, est-ce que je ne lèche pas aussi bien qu’Isabelle et tes autres amies ?

La friponne honorait mes fesses de ses plus savantes sucées, agenouillée derrière moi, tandis qu’elle tenait entre ses cuisses la tête d’Isabelle, laquelle, étendue sur le tapis, lui faisait minette et feuille de rose.

Je m’étirais les bras, je m’abandonnais, j’écoutais, et j’attendais mon moment pour m’emparer d’Isabelle, dont le corps sinueux se dessinait sous mon regard.

― Jacasseuse, reprit celle-ci, narre à Adeline comment on a voulu forcer ta perte ?

― Oh, ça c’est une bête d’histoire, et il faut que les hommes soient diantrement cochons pour aller courir après des choses impossibles !

Je m’amusais avec Annette, la femme de chambre de ma mère, ma bonne en même temps, à qui l’on me confiait sans cesse. Une gaillarde solide, qui avait toujours des démangeaisons quelque part sous les jupes. Elle m’emmenait dans sa chambre et, là, elle se roulait sur son lit, sans me rien dire, lançait des coups de jambes qui envoyaient en l’air ses vêtements, et je voyais ses poils très noirs, très épais, son cul bien blanc, ses cuisses qui s’ouvraient et se fermaient, en se claquant très fort. Je n’osais parler ni rien demander. Je regardais et je prenais goût à la chose. Puis, quand elle avait bien gigoté, elle se flanquait à quatre pattes, s’asticotait avec les bras, les jupes par dessus la tête, le cul allait et venait, et elle marmottait des mots où j’entendais toujours :

« Oh, mon chéri, mon chéri ! C’est bon. Ah, je jouis ! Oui, enfonce encore, mon chéri, toujours ! »

Je mourrais d’envie d’approcher et de toucher ses chairs ; je craignais qu’elle me sautât dessus. Il fallut qu’elle m’appelât tout près pour m’y décider. J’aperçus à travers les jambes sa tête qui, de l’autre côte, me souriait, et elle m’invita à venir l’embrasser en glissant entre ses cuisses. Ah, que j’en profitai ! Hein, la première fois que la cochonnerie mord la peau, comme on s’en régale. A partir de ce jour, elle m’apprit les plus délicieuses choses du monde et elle était rudement agaçante. Son mari, Joseph, la baisait souvent, et elle avait la manie de me faire sentir l’odeur de l’homme. Une fois que nous nous étions enfermés toutes les deux, Joseph arriva alors qu’elle ne l’attendait pas, et il nous surprit. Il ne dit rien, se déshabilla, et ne le voilà-t-il pas qu’il m’attrapa par une jambe, me fourra sous lui et m’appuya sa grosse machine entre les cuisses. D’abord, je crus à un nouveau plaisir et je me mis à rire. Annette se fâchait contre son mari, le bourrait de coups de poing, l’agonisait d’injures, essayait de m’arracher de dessous lui ; il me cramponnait, me serrait de plus en plus, et je commençais à avoir peur. Sa machine me faisait mal sous le ventre, je voulus me dégager. Il pesa lourdement sur mes épaules ; il me sembla qu’il allait m’ouvrir les cuisses. Je poussai des hurlements ; on les entendit, on accourut, il y eut du grabuge. Je ne vous dis que ça. Moi, je jouai l’innocente ; on renvoya les domestiques et on m’enferma ici. J’en avais appris long.

Elle racontait son histoire avec un aplomb, un sang-froid imperturbable, l’entrecoupant de farces extravagantes, et elle ne négligeait ni ses attouchements, ni ses léchades, envoyant des coups de pied aux fesses et aux jambes d’Isabelle qui se tordait de rire à ses mimes, à ses gestes, à ses gamineries, soulignant certains passages de son aventure.

À voir cette radieuse blondinette, nul n’eut soupçonné le vice dont elle faisait déjà parade. À côté d’Isabelle, réputée pour la chose, elle prenait de telles proportions que je me demandais jusqu’où elle n’irait pas.

Elle aimait la chair et elle se grisait de cochonnerie avec Isabelle, s’expliquant de vilains mois, se les répétant avec délices.

Mon amie s’abandonnait enfin à mes caresses. Clémentine lui dit :

― Tu n’as pas de cœur de l’avoir fait languir si longtemps ! Moi, quand on veut me sucer, je consens tout de suite, et aussi quand on veut que je suce, n’importe où et avec qui que ce soit, je suis toujours en train.

Nous formâmes bientôt le plus charmant des triangles ; ma tête reposait sur les cuisses d’Isabelle qui transmettait mes caresses au petit postérieur de Clémentine, laquelle me gratifiait de ses plus habiles coups de langue.

Nous eûmes la chance de rejoindre nos lits, sans que rien ne nous troublât ; mais le lendemain, de petits faits nous signalèrent.

Ayant abusé de l’heure, le lendemain au réveil, je dormais si profondément qu’on dû me secouer pour me décider à sauter à bas du lit. Et quel visage j’avais !

Dans le dortoir des petites, Clémentine ne songea pas au linge ayant servi d’éponge à nos urines ; elle s’endormit dans le garer, et sa voisine, en s’habillant, s’écria que ça sentait fort.

Nanette vint se rendre compte, découvrit le linge, interrogea Clémentine qui répondit ne pas avoir fait attention, et qu’à moitié endormie, elle y pissa sans doute dessus. La version incongrue ne satisfit pas la maîtresse. Dans la salle de bains, on constata notre passage ; des eaux oubliées, un de mes mouchoirs sentant l’urine, par cela que j’en avais essuyé les épaules de Clémentine, devinrent des pièces à conviction. On rapprocha les faits.

Clémentine et moi, nous fûmes accusées de rencontre nocturne. Je me défendis mal, ne sachant pas mentir ; seule Isabelle échappa.

On nous condamnait à la flagellation par le martinet jusqu’au sang.

La cruelle Nanette se vengea durement de mes négligences. Chargée de l’exécution, elle brandit le martinet avec toute la vigueur de son bras et cingla mon pauvre cul de si rudes coups que bientôt il fut criblé de cicatrices et que le sang en jaillit.

Clémentine et moi, nous subirent ensemble le supplice, toutes deux entièrement nues.

Ni l’une, ni l’autre, nous ne criâmes.

Je pleurai silencieusement au début ; puis je m’extasiai. Un étrange chatouillement me caressait l’épiderme et à mesure que le martinet retombait, que les chairs me cuisaient, un long frisson me parcourut l’épine dorsale, assouplissant la douleur pour la changer en une sensation âcre et violente me plongeant dans un divin ravissement.

En cela mon imagination aida beaucoup.

Je m’étais promis, sur les conseils d’Angèle et d’Isabelle, d’y chercher la jouissance et j’y réussissais.

Clémentine offrait un spectacle si alléchant par le tortillement de son cul aux coups de martinet que mes amies me racontèrent avoir vu nos maîtresses se gratter le conin à travers les jupes.

Ce diablotin de fille serrait les fesses et, le coup frappé, elle les écartait soudain en mille tressaillements, imitant les battements d’ailes d’un oiseau prêt à s’envoler.

Le comble de cette affaire fut la punition décrétée par le conseil de direction contre nos deux maîtresses, Blanche et Nanette, pour leur défaut de surveillance.

Toutes les deux reçurent la flagellation par la badine des mains des surveillantes, Elise et Georgette, sitôt après notre exécution et en notre présence.

On nous agenouilla de chaque côté, Clémentine près de Nanette, moi près de Blanche. On épingla leurs jupes aux épaules ; on leur attacha les mains et les jambes et, six fois, la badine s’abattit sur leur peau.

Leur titre de maîtresse les empêchait de s’émouvoir, mais leur visage et la contraction de leurs membres parlaient pour elles.

En dehors du châtiment, toujours pénible, lorsqu’on occupe une situation officielle, la souffrance est semblable pour toutes.

Blanche, très pâle, tressautait à chaque coup envoyé par Georgette Pascal ; son cul se zébrait de lignes rouges, et ses jambes tremblaient. Elle essayait de sourire ; ses lèvres s’amincissaient et elle se les mordait. Son regard errait dans le vague, évitant de s’arrêter sur nous, seules témoins ; l’exécution s’accomplissait en petit comité.

Quant à Nanette, elle affectait une fermeté stoïque ; Elise Robert tapait avec conviction, jouissant du spectacle, la main gauche carrément sous ses jupes où elle se grattait le bouton. Les fesses de cette suppliciée, moins dodues que celles de Blanche, frémissaient, se tortillaient, balancées sous l’impulsion du haut du corps. On s’apercevait que Nanette connaissait la méthode de la volupté de la flagellation et qu’elle la désirait.

Les six coups donnés, nous nous traînâmes sur les genoux vers ces fesses pour les embrasser et pour demander à nos maîtresses de nous pardonner, jurant de ne plus recommencer. On nous réservait une autre expiation.

Attachées dos à dos avec Clémentine, nous vîmes les trois classes défiler devant nous en nous narguant.

La plus pénible apostrophe me fut lancée par Isabelle, sortie indemne de l’aventure, qui me cria en passant :

― Débaucheuse de petites, ne cours plus après les grandes ou gare à toi !

Comme conséquence, cette punition rompit mon lien d’amitié avec Angèle qui ne reçut pas la flagellation, amena une tension de rapports avec ma maîtresse, me valut une sévère admonestation des demoiselles Géraud qui m’accusèrent d’hypocrisie, ne s’expliquant pas ma folle équipée avec une enfant, une Fille Rouge, il est vrai, doublement sacrée à ce titre.

Tout n’est pas toujours rose dans la carrière des plaisirs ; nous en savons quelque chose, mon petit Paul. Un million de baisers.

Adeline.

III. DE LA MÊME AU MÊME

Le retour de l’aumônier me tirait de l’espèce de disgrâce dans laquelle je vivais.

Au fond, je ne me tourmentais pas beaucoup, je travaillais de mon mieux, faisant mes pensums, et essayais à me distraire d’une autre façon.

Je reconnaissais le danger de la fréquentation d’Isabelle qui me battait froid, affichait une amitié des plus ardentes avec Eulalie Pierre de ma classe dans l’intention de me taquiner, cette élève ne s’accordant pas avec moi.

La conduite d’Isabelle m’irritait d’autant plus que séparée d’Angèle et sachant le goût qu’elle m’inspirait, Marie me proposa de troquer de grande amie, à la condition de la favoriser le plus possible dans les plaisirs qu’elle aimait.

Isabelle refusa net, prétendant qu’elle n’avait plus rien à apprendre dans nos rapports et qu’elle préférait conserver Marie.

Mon lien d’amitié échut à Eve Philippe, la jolie blonde que je fustigeai à la première séance.

Depuis longtemps nous sympathisions et elle me témoigna une véritable joie de l’avoir choisie.

Eve Philippe ne couchait pas en chambre ainsi qu’Angèle, et cela joints aux pensums qui me tinrent plus de quinze jours éloignée de mes compagnes, retarda l’établissement de notre entente.

Plus sérieuse que les trois quarts de nos élèves, Eve était ce qu’on appelle une bûcheuse, et elle méritait de tels éloges que, parfois, elle s’en glorifiait, ne craignant pas de discuter avec Lucienne.

Elle s’attira ainsi la punition dont je fus l’instrument.

Marchant sur ses 17 ans, on pensait que, ses classes terminées, elle accepterait de rester à la pension comme troisième surveillante, ce qui permettrait d’accroître la situation des maîtresses en leur enlevant les heures d’études et d’augmenter le chiffre des élèves.

Entrée dans la maison à 12 ans et demi pour une affaire dans le genre de la nôtre, Eve, depuis, était devenue orpheline de père et de mère, et riche de quarante mille francs, ne dépendant plus que d’un oncle, capitaine marin, voyageant toute l’année et bien aise de la laisser chez les demoiselles Géraud. Son frère, plus âgé de deux ans, la visitait souvent.

Excuse ses longs détails sur ma nouvelle amie, mon chéri, mais je veux que tu l’aimes. Nous avons causé de toi en causant de son frère. Je n’en mets pas davantage.

Dès son retour, l’aumônier ne manqua pas de me demander, et il me questionna sur les rapports faits à mon sujet.

Avec lui, je rétablis la vérité de l’aventure en le priant de ne pas revenir sur l’incident qui me valut de si dures représailles. Je signalai l’odieuse conduite d’Isabelle, ce qui ne le surprit pas ; je lui affirmai n’éprouver aucune rancune pour la sévérité qu’on me témoignait.

Il me mena séance tenante chez Juliette.

La grande directrice me boudait. Elle était impitoyable pour le détournement des petites, hors des occasions permises. Elle comprenait que le plus grand danger de sa maison se cachait de ce côté et elle eût sacrifié sans pitié trois moyennes, même trois grandes, pour le viol du dortoir qu’on m’imputait.

L’aumônier commença par déclarer qu’il ne s’agissait pas d’une dénonciation, mais d’une confession qu’il entendait divulguer pour empêcher l’injustice de se perpétuer.

Avant de ne rien révéler, il exigeait qu’on s’engageât à l’oubli et à ne pas sévir.

Juliette le promit et elle reconnut alors mon véritable rôle dans la nuit de la salle de bains.

Elle me gronda de nouveau très fort pour l’entraînement auquel j’avais cédé et me pardonna.

― Ne vous tourmentez pas, dit-elle, ne vous affligez pas. Isabelle ignorera que je sais sa culpabilité. Evitez de vous lier avec cette dangereuse enfant. Sa destinée est toute tracée dans le monde galant ; il est probable qu’elle sera du nombre de celles qui nous oublient plus tard. Cet oubli, devant de pareilles natures, est ce que nous pouvons désirer de mieux.

― Et si ces ingrates parlaient !

― Nos notes tenues à jour nous défendraient. Elles sont désignées comme hystériques intermittentes, sujettes à hallucinations, et nul ne douterait de notre bonne foi. L’aumônier profita de cette entrevue pour demander ma réception dans les Filles Rouges.

― Attendons qu’elle ait six mois de présence dans la maison ; il en sera temps.

― Ils ne sont pas loin.

― Ils n’y sont pas encore ; mais je vous promets qu’elle appartiendra à la Confrérie pour les prochains offices.

― Cette promesse me suffit.

Je reparus aux récréations et, après avoir été embrassée par Angèle devenue la grande amie d’une autre élève de ma classe, Louise Trossac, je rejoignis Eve qui me regardait avec ses yeux angéliques et doux. Elle me serra sur son cœur et murmura :

― Nous nous aimerons bien, n’est-ce pas ?

― Oh, oui !

― Tu ne te repentiras pas de notre amitié, va !

Personne ne parut s’occuper davantage de moi et nous bavardâmes à bouches que veux-tu.

Cependant Isabelle rôdillait tout autour, chantonnant de petits refrains drolatiques.

On jouait à la grande corde et les trois classes étaient représentées à ce jeu.

Clémentine, plus jeune et considérée pour cela même moins coupable que moi avait repris depuis plusieurs jours sa place parmi ses compagnes.

Elle figurait au rang des plus enragées sauteuses. En passant à mon côté, elle me sauta au cou et m’embrassa très tendrement, ce qui me toucha par le contraste avec Isabelle.

Celle-ci qui, justement en cet instant, revenait, sourit d’un air narquois et dit à Eve :

― Ta nouvelle amie ne renie pas ses complices ; elle te donnera de l’agrément.

― Tout le monde n’a pas ton caractère volage

― Oh, volage, ce sont des potins que vous lancez !

― Quelle est celle que tu n’as pas lâchée ?

― Vous êtes toutes des niaises !

― Merci de ton jugement.

Isabelle haussa les épaules pour courir après Eulalie qui, par derrière, lui avait mis les mains sur les yeux afin qu’elle devinât qui l’abordait. Elle cria, en me fixant :

― En voilà une avec qui l’on n’aura jamais envie d’être volage.

Eulalie Pierre, une brune aux yeux très vifs, avait beaucoup de l’allure d’un garçon. Sa personne, coupée à angles secs, n’offrait pas les jolies rotondités des autres. On ne pouvait pas dire qu’elle manquât de quoi que ce fût, mais ses hanches assez droites ne se développaient pas dans des fesses rondelettes. Son cul allongé et maigrelet eût plus convenu au corps d’un jeune collégien qu’à une fillette de 13 ans. Grande, hardie, autoritaire, elle se faisait remarquer par de longs bras et de longues jambes, avec la poitrine et les épaules un peu sèches, pas de duvet au conin. Habillée en garçon, on s’y fût trompé.

Elle me déplaisait et cela me choqua de la voir aussi libre, aussi familière avec Isabelle.

Celle-ci courait pour l’attraper. Elle tournoya dans toute la cour ; puis se jetant entre Eve et moi, elle se laissa prendre par mon ex-amoureuse qui la fessa en riant par-dessus les jupes.

― Dis, me fit Eulalie en me bousculant et se débattant avec Isabelle, est-il vrai que tu aimes à ce qu’on te pisse dessus ?

Je devins tonte rouge et demeurai interdite.

Isabelle, l’embrassant, s’écria :

― Que tu es bête de raconter de si vilaines choses ! Où apprends-tu de si grosses saletés ?

― On n’a pas besoin de les apprendre. Ça se sent près de certaines élèves.

La colère faillit m’emporter. J’hésitai une seconde à la gifler ; la réflexion m’arrêta et je répondis :

― On prête aux autres ses défauts et quand on fréquente certaines amies, on devient aussi sale qu’elles.

― Est-ce pour moi que tu dis ça, intervint Isabelle.

― Je réponds à Eulalie. Si tu y trouves quelque chose à ton adresse, c’est que tu es coupable à mon égard.

― Ne fait pas ta noire ! Parce que tu as eu de la chance dans la maison dès ton arrivée, tu voudrais que tout le monde se pliât à tes caprices ; moi, ça m’horripile et je me moque de tes grands airs.

― Adeline ne cherchait querelle ni à l’une ni à l’autre, dit Eve. Je ne comprends pas pourquoi vous veniez vous mêler à notre conversation.

― Causez, les belles tourterelles ! Vous ne nous empêcherez pas de dire ce que nous pensons et de remettre à leurs places les sottes prétentieuses.

Cette discussion ouvrit une petite ère de taquineries, n’influant ni sur mon caractère, ni sur mon parti pris d’insensibilité.

Isabelle me témoignait presque de la haine, et sans motif.

Ma classe se divisa en deux camps : les unes marchèrent avec Isabelle, qui me déclara la guerre, les autres avec moi. Cela m’amusa !

On me joua quelques mauvais tours, jusqu’à me surnommer « Mlle l’urine » et à me déposer dans mon pupitre de petits vases minuscules contenant quelques gouttes de pipi. Cela ne me troubla pas.

Isabelle voulait me faire payer cher la passion que je nourrissais pour son corps. Cette passion ne diminuait pas ; je la cachais, voilà tout.

Les maîtresses, devant mon calme imperturbable, me rendaient leur affection.

Un soir, comme je m’apprêtais à me coucher, Elise Robert vint me prendre pour me conduire chez Fanny.

Jamais pareille faveur ne m’était échue ; aussi j’en ressentis une grande joie.

Athénaïs Caffarel, Josèphe de Branzier, M. Camille Gaudin et le docteur Bernard s’y trouvaient réunis.

Les demoiselles Géraud ont chacune un appartement spécial qui leur permet de s’amuser à leur idéal, sans se déranger mutuellement.

Le salon de Fanny, un salon magnifique avec de jolies glaces, de superbes tentures et de nombreux canapés brillait sous la profusion des lumières.

À mon entrée avec Elise, les scènes voluptueuses ne demandaient qu’à se produire.

Athénaïs et Josèphe, assises sur les genoux du docteur, lui tiraient la moustache en riant comme des folles, et, lui, les tenant par la taille, leur baisait successivement les lèvres.

M. Gaudin, l’ami d’Isabelle, causait de très près avec Fanny dont les yeux animés trahissaient de chaudes intentions. Fanny m’appela et me dit :

― Ma petite, vous commencerez bientôt votre apprentissage de Fille Rouge ; en attendant, prouvez que tous les plaisirs vous sont également chers. Ne refusez rien et l’on ne vous refusera rien. Est-ce entendu ?

― C’est aller au-devant de mes désirs.

― Elle est charmante ! Je vous présente un cavalier à qui on a vanté votre talent... de bouche. Il sollicite de l’expérimenter. Surpassez-vous et vous ne vous en plaindrez pas.

L’émotion m’embarrassait un peu. M. Gaudin me supplia de ne plus l’appeler que Camille, m’entraîna vers un canapé, m’agenouilla entre ses cuisses et m’offrit sa queue à sucer.

Elle était de moyenne grosseur, assez longue, se terminant presque en pointe. Il paraît que cette catégorie désigne les meilleurs mâles.

Le protecteur d’Isabelle, tout déculotté, me montrait son ventre ombragé d’un poil épais et noir, des couilles très fortes, très lourdes, sous lesquelles il me plaça les mains.

Il appuya sur ma tête pour que je prisse sa chose dans les lèvres et je me mis à la sucer, d’abord lentement, ensuite avec plus de vigueur, prenant ses couilles entre mes doigts comme si je voulais les traire.

Je précipitai le mouvement, avalant toute la queue, la laissant ressortir, et ses tressautements me révélaient que mon jeu réussissait.

Je m’amusais à garder un instant le gland sur le bord des lèvres, serré entre les dents, et à le regarder avec malice. Il me donna une tape affectueuse sur les joues et murmura :

― Va, va, petite enjôleuse ! Jamais encore aucune élève ne m’a sucé aussi bien que toi. Isabelle est une folle qui me fatigue avec ses turlutaines et que je remplacerai par Athénaïs ou Josèphe.

― Elles n’ont pas le diable dans le corps comme votre protégée.

― Bah, elles l’acquerront ! Tiens, vois Athénaïs si elle ne sait pas se faire apprécier !

Athénaïs, les jupes retroussées sur le bras, le corps penché en avant, prêtait ses fesses à Elise qui les claquait à petits coups espacés et mignards devant Fanny qui, les cuisses en l’air, se grattait le clitoris.

― D’ailleurs, ajouta Camille, si les culs nerveux ont leur charme, les culs dodus en ont encore plus quand ils se mettent à désirer vos caresses. Celui de Fanny vaut mille fois mieux que celui d’Isabelle. Mais, friponne, veux-tu bien continuer et ne pas me marchander tes suçons.

Camille venait de me rappeler le cul de Fanny et, de suite, la pensée de comparer le plaisir que j’y éprouverais avec celui éprouvé près d’Isabelle s’empara de mon esprit.

Comment y arriver ? Je me hâtai dans mon suçage afin de gagner ma liberté et ma hâte me trahit.

Il devina que je caressais quelque projet particulier, et il me dit :

― Ma mignonne, nous nous retrouverons. Je vais courir jusqu’à Athénaïs ; agis maintenant à ta fantaisie.

L’occasion se présenta mieux que je ne l’espérais.

Fanny, la main sur sa motte, étendue sur un canapé, contemplait le docteur, lutinant Josèphe et souriait à Elise ; Robert et Athénaïs se fessant mutuellement.

J’arrivai en tapinois près d’elle, m’agenouillai et, brusquement, appliquai les lèvres sur son conin.

Elle tressaillit, et eut un sursaut de fesses, dont je profitai pour y pousser les mains. Elle se renversa en arrière, et je la dévorai de minettes.

Ah ! quelle chaleur, quelle fougue, quelle différence avec toutes les autres caressées jusqu’alors ! Je ne l’imaginais pas, et je me demandais comment il se faisait que je n’eusse pas encore goûté à cette ivresse.

Fanny, c’était bien la femme faite, épanouie, appréciant la volupté, et vous l’inoculant par ricochet.

Mes lèvres aspiraient les délices éprouvées par son conin. Son parfum excitait mes nerfs ; sa sensualité éveillait ma fièvre. Ma bouche demeurait collée entre ses cuisses ; ma langue la pénétrait en pointe, fouillait ensuite les alentours et se multipliait en baisers et suçons prolongés.

Peu à peu j’abaissai la tête, et mes léchées parvinrent à l’extrémité des rotondités, explorant près du conin Fanny releva de plus en plus les jambes, les cuisses ; et le trou du cul m’apparut au fond de la raie céleste qui y conduisait.

Ma respiration sifflait. Ma chère maîtresse devina le but que je poursuivais ; elle se retourna d’un prompt mouvement et m’étala tout son cul.

Ce n’était plus celui si flexible, si nerveux d’Isabelle, ce n’était plus ce long et rapide trémoussement de la cambrure de mon amie, s’agitant en contorsions effrénées ; ce n’était plus cette brutale domination du cul, exigeant le sacrifice de tout votre être aux caresses qu’il sollicitait. Mais c’était aussi tout un poème de grâce, de souplesse, de majesté, incitant le corps à mille désirs lascifs. Ces chairs blanches et nourries, cette raie profonde et vertigineuse, ces poils courant vers le bas, cette exquise rotondité, se développant sous vos yeux, ces effluves magnétiques miroitant sur toute la personne, tout appelait vos dévotions, les encourageait, vous en témoignait reconnaissance. Je ne l’avais plus vu depuis longtemps, et je me délectai, le servant avec le même feu ardent, dont j’honorais celui d’Isabelle.

Je le sentis frissonner, frémir ; il se souleva, s’agita sous mes feuilles de rose. Je lui communiquai une partie de ma passion, et il se mit à faire, comme je l’aimais tant, à s’ouvrir et à se refermer de lui-même, à se rétrécir, puis à s’épanouir, à se dessiner en arabesques fantaisistes, au milieu desquelles la jouissance nous emporta toutes les deux.

Je triomphais, et tous les assistants, groupés autour de nos ébats, me félicitèrent.

Quelle nuit de plaisirs et de voluptés, mon petit Paul ! On se répète dans ces descriptions ; on risque de se fatiguer. Je ne veux pas que tes désirs s’émoussent ; je t’embrasse bien fort.

Adeline.

IV. DE LA MÊME AU MÊME

La petite soirée de Fanny me posa définitivement dans la maison. D’un autre côté, j’atteignais mes quinze ans, et de droit, par l’âge, par l’instruction, j’appartins à la grande classe, dans laquelle je ne prendrai rang qu’après les vacances.

J’ai une vigueur de tempérament qui s’impose. Je trouvai les amitiés qui me boudaient, sauf Isabelle qui s’entêta à me dédaigner.

On célébrera dans quelques jours les Offices Rouges, et je serai reçue membre de la Confrérie. En attendant, on m’initia à mille petites choses, qui me plongent dans le ravissement. Il y a des cérémonies de toutes sortes qui sont amusantes et enivrantes.

L’autre soir, chez Juliette, j’ai assisté à une réunion : les quatre messieurs du Conseil de direction, les maîtresses sept grandes, quatre moyennes et trois petites. Notre toilette t’en dira long.

Pour tout costume, une courte blouse noire, s’arrêtant à la ceinture, laissant nu le ventre, les fesses, les jambes, les bras, les épaules ; sur la tête une capuche cachant le visage, avec des trous pour les yeux et la bouche. On a exécuté une drôle de figure.

Les petites se sont placées au centre, et ont été entourées par les moyennes, les grandes, les maîtresses ; les messieurs se sont placés aux quatre pôles du cercle ainsi formé. Laissée seule en dehors, l’aumônier et le docteur me prirent chacun par une main, me conduiront près des femmes, en m’ordonnant de toucher les fesses et le conin à chacune.

Et à mesure que j’obéissais, l’un approchait un doigt de mon conin, l’autre, du trou de mon cul.

Parvenue devant les trois petites, je m’étendis tout de mon long sur le tapis, et toutes les femmes s’agenouillèrent autour de moi, en me tournant le dos.

Camille Gaudin et Jules Callas s’accroupirent par-dessus moi ; l’un sur ma tête pour que je suçasse sa queue, l’autre sur mes cuisses, pour chatouiller mon conin avec la sienne.

On me requit ensuite d’aller en rampant caresser toutes les femmes.

Puis on se releva. Les petites dansèrent une espèce de gavotte, en tortillant le cul ; les moyennes fessèrent quatre grandes, les maîtresses et les autres grandes se gamahuchèrent, et moi, je suçai les quatre cavaliers.

Cela se termina par une farandole échevelée, où les blouses tournoyaient ; les yeux devenaient phosphorescents derrière l’ouverture des capuches, les chairs tressautaient de désirs, et l’on roula pêle-mêle, pour se satisfaire de n’importe quelle façon. De cette soirée, ce qui me causa le plus grand bonheur, ce fut la proposition de Fanny de m’emmener passer un instant avec elle. Tu comprends, mon chéri, si j’acceptai.

Elle me fit raconter l’équipée de l’escapade avec Isabelle et Clémentine, et rit beaucoup de cette petite de vouloir boire le pipi.

Elle ne s’en étonna pas, disant que, parfois dans les plaisirs, les choses les plus fantasques apportent du stimulant, et que, lorsqu’on lèche le conin, et qu’on se délecte de la liqueur d’amour, on peut parfaitement, dans l’excès de la volupté, goûter au pissat.

Comme elle me parlait ainsi, il m’entra dans l’esprit de le solliciter de sa tendresse ; je n’osai.

Hein, j’en ai fait du chemin ! Que veux-tu ? Les nerfs tendus poussent aux plus violentes satisfactions.

Elle causait de sa douce et claire voix ; j’étais étendue sur son ventre, dans ses bras, lèvres contre lèvres, et nous nous becquetions.

Ses seins picotaient les miens, bien formés maintenant, sa langue me chatouillait le palais. Elle m’enivrait de sa gentillesse, et me dit :

― Une fois seulement j’ai eu cette fantaisie. Nous débutions dans la direction de cette institution. Il y avait parmi les grandes une blonde dorée de 17 ans et demi qui touchait au terme de son instruction. Nuageuse, vaporeuse, sensitive, un rien la jetait dans des extases infinies. Il semblait impossible qu’une aussi fine créature pût avoir des besoins matériels comme les autres et, folle d’elle, la dévorant de minettes, de feuilles de rose, qu’elle me rendait avec usure, je cherchais à renifler quelque odeur... douteuse. La coquette se parfumait avec de douces essences qui s’alliaient à merveille à sa beauté idéale. Une obsession s’empara de mon esprit : celle d’obtenir qu’elle me fit pipi dans la bouche. Au milieu de nos délicieuses étreintes, soudain je le lui demandai. Elle tremblait comme une feuille et me répondit que cela lui serait impossible.

― Tu ne m’aimes plus, ajouta-t-elle avec tristesse, si tu penses que j’y apporte mauvais vouloir. Cela est au-dessus de mes forces. Je ne comprends pas que la nature nous inflige une pareille horreur et je mourais de honte s’il me fallait t’obéir.

Je n’insistais pas. Je tenais à mon amie et je la savais incapable de mentir. Je l’aimais comme une déesse et elle partit sans m’avoir satisfaite sur ce point. Je ne supposais pas que dans la passion, des élèves se procuraient cette bizarre volupté.

Je jetai les bras autour de son cou et murmurai :

― Oh, je voudrais goûter la tienne ! Elle tressauta, me prit la tête dans ses mains, et répondit :

― Répète un peu, Adeline.

― Oui ! Je voudrais la goûter. Chasse-moi si je te dégoûte.

― Non, ma mignonne, tu ne me dégoûtes pas, mais je ne puis te satisfaire. Ces choses-là ne se commandent pas à volonté, et le refus de Laurette me légua pour toujours une certaine gène dans cette fonction.

― Je l’aurai bu comme du lait du Paradis.

― Vilaine, contente-toi de nos plaisirs et, si un jour cela me dit, je ne te refuse pas de façon définitive. Et nos plaisirs terminés, je réintégrai le dortoir. Je me couchais à peine que je vis trembloter mon rideau. Je m’accoudai pour en reconnaître la cause, espérant encore que Fanny me faisait rappeler. Je demeurai stupéfaite devant Isabelle qui, parvenue près de mon lit, laissa tomber sa chemise, et toute nue, tenant un sein dans une main, impérieusement le pencha vers mon visage et le présenta à mes lèvres.

Toute ma passion se raviva comme un éclair et, reprise des fous désirs qu’elle m’inspirait, j’obéis, suçai ce sein d’un modelé parfait, fermant les yeux d’extase et de bonheur. Elle ne bougea pas. Je ne distinguai pas son regard à cause de la faible clarté des veilleuses ; je suçai le sein, sans me livrer à aucun autre exercice.

Elle le retira, se retourna, chercha ma main et la dirigea vers ses fesses.

Je ne me contins plus. Je descendis du lit et la couvris de caresses ardentes, brûlantes, ininterrompues.

Elle se laissait faire, impassible statue ne se tortillait pas comme les autres fois ; aucun muscle ne remuait Je m’abîmai dans le délire de mes sucées, désirant presque la mort sur cette Circé, effrayante par son immobilité.

Je glissai un doigt entre ses cuisses ; elle les écarta. Je chatouillai son conin ; elle ouvrit davantage les jambes. Ma tête passa par dessous, mes lèvres se collèrent sur son con, mes mains pressèrent ses fesses, je m’affolai dans mes minettes, enfonçai un doigt dans chacun de ses trous, attirai ses cuisses contre mes épaules et mes seins. Elle se prêtait à tous mes mouvements, mais ne répondait à aucune de mes ivresses.

Entraînée, éperdue, me souvenant de ma prière à Fanny, au paroxysme de la félicité, je lui dis tout bas :

― Oh, pisse, pisse dans ma bouche et ne reste pas si froide, toi si chaude !

Et voilà qu’un petit fil d’urine coula entre mes lèvres et je le happai avec délice ; petit fil soigneusement dirigé par petites gouttes, m’enrageant, me bouleversant, me jetant le feu dans le sang.

Ma bouche entourait son con et ne le lâchait pas ; mes mains pelotaient ses fesses. A demi-renversée en arrière, le ventre en avant, la motte en relief, son gentil trou de devant bien détaché, ses mains s’appuyèrent sur ma tête, pour m’empêcher d’abandonner ce vertige. Elle continua de pisser presque goutte à goutte et chaque goutte me produisit l’effet de mille coups d’épingle, activant nies ardeurs.

Mes sens s’exaspérèrent, ma raison menaçait de s’égarer, la folie bourdonnait dans mon cerveau ; je voulus échapper à cette fascination, arracher mes lèvres. Elle me serra brusquement dans ses cuisses, me maintint collée contre son conin et, précipitant son pissat, m’en éclaboussa le cou et les seins.

Elle se plaça à cheval par-dessus ma tête et, sur mes cheveux, sur mes épaules, une véritable cataracte s’abattit.

Quand elle s’arrêta, cela dégoulinait tout le long de mon corps et, un peu ahurie de cette douche inattendue, je me hâtai de quitter ma chemise pour qu’elle séchât et je m’emparai de mes linges de toilette pour réparer mon désordre.

Assise sur mon lit, je devinai qu’elle avait son mauvais sourire sarcastique.

J’achevai de m’approprier, sans s’occuper de son attitude ; puis, résolue à dompter cette nature rebelle, renonçant à ma douceur habituelle, je la tirai violemment par la jambe et lui dis :

― À toi maintenant et obéis si tu ne veux pas que je renouvelle la correction de jadis. Je me moque du bruit tout autant que toi.

Debout, face à face, elle me répondit :

― Quelle mouche te pique ! Est-il nécessaire de te fâcher pour me demander le plaisir ? Ne suis-je pas venue de moi-même ?

― Et n’ai-je pas consenti à tout ce que tu m’as dicté ?

― Je désire tes caresses, tout comme je te les ai faites.

― Mais volontiers.

― Je te pisserai dans la bouche.

― Tout de suite, si cela te plaît.

Elle s’accroupit entre mes cuisses, plaqua la bouche sur mon conin, me prit les fesses, me dévora de caresses et attendant mon pipi.

Plus vicieuse, elle me prévint qu’elle me réservait un plaisir que j’ignorais, me recommandant de suivre son impulsion.

― Ne pisse que d’une seconde, murmura-t-elle, quand je te toucherai le trou du cul avec le doigt et présente-le-moi.

Elle recueillit une gorgée d’urine, me fit tourner, pencher en avant presque couchée devant elle, écarta mes fesses, découvrit le trou et, habilement, me rejeta dedans la gorgée qu’elle détenait. J’en ressentis le plus agréable des chatouillements.

Puis elle sortit mon vase de nuit et, me le tendant, elle dit :

― Je ne crains pas que tu m’inondes, mais je crois qu’il est préférable de verser là ce qui te reste de pipi, afin d’éviter les surprises. Je me rince la bouche et nous nous amuserons ensuite sur ton lit.

Elle s’humanisait, je n’insistai pas davantage, et elle se faufila dans mes draps, entre mes bras.

Alors je retrouvai l’ardente Isabelle que j’aimais tant.

― Dis, murmura-t-elle, ne m’en veux pas si parfois je t’injurie ou si quelques-unes de mes amies te tracassent. Ma nature est ainsi faite ; il faut que je sois désagréable à celles que je préfère et c’est toi que j’aime par dessus toutes les autres. Tu peux me croire, et tu le sens aux frissons de mon corps, uni au tien. Ce que j’ai été heureuse quand tu m’as demandé de pisser dans ta bouche, tu ne peux te l’imaginer. J’ai bien vu que tu me conservais toujours le même goût. Et quand tu te lavais, que tu me menaçais, je redoutai que tu fusses aussi bête que les autres fois pour ne pas exiger de moi la même chose. Moi, si tu l’ordonnais, je boirais plus que ton urine. Les sens me travaillant pour quelqu’un, j’accomplirais les plus extravagantes fantaisies. Tu ne sais pas que j’ai chipé le godemiché de Lucienne et si tu veux, nous nous dépucellerons.

Nous nous becquetions ventre contre ventre, seins contre seins, et cette adorable créature me suçotait les épaules, les moindres parcelles de chair à sa portée m’enlevant toute raison ; je résistai cependant à sa proposition.

― En cachette, répondis-je, cela nous expose trop ; jouissons par nos lèvres, mais ne passons pas à des moyens trop violents :

― Et si je te supplie de me le mettre dans le cul, dis, me refuseras-tu ?

Elle souligna sa demande d’un coup de langue si habile dans ma bouche que tout mon corps tressaillit, et je murmurai :

― Décide, mon amour, ta volupté me grise.

― Oh, alors, répliqua-t-elle, c’est chose gagnée.

Vite, glisse vers mon cul et prépare-le par tes petites caresses. Oh, le délice de cette jouissance ! La coquine se surpassa.

N’en déplaise à Camille Gaudin, n’en déplaise aux fidèles des nus dodus, rien ne rivalise avec les mille ressources du cul délicat et fin d’Isabelle. Il avait de ces attitudes, de ces poses, de ces soubresauts, à enflammer les êtres les plus froids. Il triompha sans peine de mes dernières hésitations.

Isabelle m’ajusta à la ceinture le fameux instrument, me donna quelques conseils pratiques, se plaça dans mes cuisses, et je la manœuvrai avec une réelle adresse.

Quoi, je possédais réellement mon amie ? Je ne pouvais en douter.

Dans ses coups de dos, dans ses extases, dans ses contorsions félines, elle ne cessait de dire :

― Oui, ma douce Aline, ma petite colombe, prends-moi, fais-moi tienne, jouis de moi, de mon cul, comme je jouis sous tes coups de ventre. Tu es mon amant, mon bien ; je t’adore, je t’adorerai toujours. Tout à l’heure, je te mangerai les lèvres de baisers, de baisers tels que tu n’en as jamais reçus. Oui, chérie, enfonce bien, tu ne me fais pas mal. Bien au contraire, tu m’ouvres le Paradis. Ton ventre me brûle les fesses. Dis que tu m’aimes ; je t’adore. Je me violentais en te témoignant tantôt de la froideur. Je brûlais d’envie de partager ton amour. Là, là ! Ne bouge pas d’un instant, tu es bien au fond. Recommence, tire ! Ah, je me meurs.

Les spasmes succédaient aux spasmes ; j’enfonçais dans ce cul bien-aimé le godemiché et, mes mains le pelotant avec ivresse, ne le quittaient que pour gratter le bouton, la pointe des seins. Mes lèvres se joignaient aux siennes.

Parfois elle me saisissait une main et, dans ses tressaillements, la portait à sa bouche pour en sucer tous les doigts, l’un après l’autre.

Quelle nuit, mon Paul ! Nous la passâmes presque toute entière ensemble. Elle ne se retira que lorsqu’il eut été dangereux de rester plus longtemps. Nous ne dormîmes pas. Tu vois nos têtes aux classes du lendemain. Mes plus chaudes caresses !

Adeline.

V. DE LA MÊME AU MÊME

Mon petit Paul, les Offices Rouges ont été célébrés et me voici de la Confrérie des Filles Rouges. Cela ressemble à une plaisanterie, mais c’est très sérieux et je t’assure que j’en conserverai le souvenir toute ma vie.

Cette Confrérie consacre et perpétue les habitudes sensuelles de la maison. On y fait entrer les natures qui paraissent les plus sûres, et c’est une espèce de franc-maçonnerie qui engage les anciennes et les nouvelles élèves, les maris de quelques-unes d’entre elles et les maîtresses.

La religion et le profane s’allient pour pimenter l’institution : la néophyte qu’on reçoit est sensée prendre le voile.

Une trentaine d’anciennes élèves, dont une douzaine accompagnées de leurs maris, ont assisté aux Offices Rouges exécutés en mon honneur.

Tout d’abord, je fis une retraite de trois jours avec les Filles Rouges, actuellement à la pension, retraite pendant laquelle on m’instruisit des diverses cérémonies où je ne pourrais jamais plus tard refuser mon concours. On me communiquait l’importance des engagements que je contractais.

On m’apprit toutes sortes de signes pour me reconnaître avec mes frères et sœurs Rouges, ainsi que pour se demander entre soi quelques plaisirs.

Je ne te les cite pas ; j’espère que tu entreras dans la confrérie, et tu les apprendras alors.

Cette retraite où la continence la plus absolue fut observée, afin de communier dignement le dimanche matin, exaspéra nos sens, d’autant plus qu’on nous servit une nourriture substantielle.

Après la communion, une collation réunit les invités ; puis on me mena chez Juliette pour m’habiller en mariée.

On avait décoré les murs de notre petite chapelle de grandes draperies de velours rouge, démonté l’autel et élevé à la place une espèce de trône où, sur un fauteuil, se tenait toute nue Mme Noémie Breton, une superbe brune de 26 ans, ayant le titre de chancelière de la Confrérie et mariée à un bijoutier très riche, un de nos confrères.

Clémentine de Burcof et Pauline de Marbeuf, les deux plus jeunes adeptes, nues aussi, étaient assises sur un escabeau, chacune d’un côté.

Toutes les dames et les élèves avaient revêtu une toilette rouge, d’apparence sévère ; d’apparence seulement, car si elle montait jusqu’au cou, cachant le corps des pieds à la tête, la jupe était fendue sur la droite, de façon à se retrousser facilement et à se boutonner à grande ouverture sur le devant et sur l’arrière, et on n’avait qu’à détacher du corsage une pèlerine pour que les seins, les bras et les épaules fussent nus. Les cavaliers portaient le costume monacal, aussi de couleur rouge.

On s’installa dans des rangées de chaises. Les demoiselles Géraud étaient sur leur banc, en avant. Un siège spécial m’était réservé, en face du chœur, avec un tabouret de chaque côté pour mes marraines, Nanette et Eve.

L’aumônier apparut, vêtu de ses ornements sacerdotaux, tout nu par dessous, accompagné de deux moyennes, remplissant les fonctions de lévites.

En même temps, l’orgue préluda à une marche symphonique.

L’aumônier s’agenouilla devant Noémie, imité par ses deux suivantes, murmura quelques paroles latines, toute l’assistance se trouvant debout.

La marche de l’orgue terminée, il baise les deux cuisses de Noémie, se releva, souleva sa chasuble, présenta la queue à ses lévites qui la baisèrent, et il dit :

― Baisez, mes filles, la source de vie, et baisez la Puissance créatrice.

Dans l’assistance, on se baisa sur les lèvres entre voisin et voisine ; prosternée, je baisai le conin de Nanette et les fesses d’Eve qu’elles me présentèrent l’une après l’autre.

L’aumônier s’avança vers Noémie, posa la main sur ses seins, et chanta le premier verset d’un cantique disant :

Béni soit ton sein,

Bénit soit ton conin !

Verse la volupté,

Verse l’éternité !

L’orgue accompagnait. On entonna ce chant d’une quinzaine de versets pendant lesquels les attouchements aux seins s’exécutèrent, les dames enlevant leur pèlerine.

L’aumônier lançait la première phrase, l’assistance la reprenait. Il tournait autour de Noémie, se prosternait, baisait le conin, se relevait pour recommencer en portant les mains aux seins.

Les lévites exécutaient le même exercice sur les petites.

Le cantique achevé, au milieu du silence succédant au chant, l’aumônier fit trois pas en avant et s’écria :

― Oh, femme, pour mes péchés, pour leur expiation, je me prosterne et, nu comme un verre de terre, je te supplie de me flageller afin d’obtenir grâce et pardon !

Les lévites l’aidèrent à se dépouiller de ses vêtements sacerdotaux et, nu, il se mit à quatre pattes sur le seuil du chœur, en face de moi.

Nanette et Eve me prirent par la main et me conduisirent devant son postérieur.

Je m’agenouillai et lui appliquai trois fortes claques, après quoi je baisai en croix ses fesses, le dernier baiser sur le trou.

L’orgue joua une marche douce et voluptueuse. Toutes les femmes de l’assistance, les unes après les autres, vinrent le fustiger, le baisant avant de retourner à leur place, ainsi que je l’avais fait, lui et Noémie, sur les cuisses, le conin et le nombril.

De retour à leurs chaises, elles retroussaient la robe et recevaient feuilles de rosés du cavalier le plus près ou, à son défaut, de la plus jeune fillette assise sur la rangée.

Toutes ayant défilé, Noémie se leva, descendit les marches du trône, s’approcha de l’aumônier, sortit le pied droit de la babouche qui l’enfermait et, promenant le pied nu sur toute la raie du cul, dit :

― Au nom de mes sœurs, je te déclare absous de tes pochés et je te pardonne.

Elle s’assit à cheval sur son dos, en sens inverse, de face à l’auditoire, appuya une main sur les fesses, frotta son conin sur ses chairs et ajouta :

― Que par mes appas l’amour entre dans ton être et l’incite à la volupté.

Elle se glissa ainsi tout le long du corps, en partant du postérieur et remontant vers la tête, et là, se soulevant peu à peu, elle entonna ce nouveau cantique :

Gloire à Priape,

Gloire au Coït !

Homme, femme,

Vivre, aimer.

Vivre, jouir !

L’aumônier se redressa, lui offrit la main et, tous les deux, suivis des lévites, des deux petites, firent le tour de la nef. Au milieu des couplets de ce chant, ils me saluèrent en passant et revinrent au trône.

Noémie se rassit, l’aumônier reprit ses ornements sacerdotaux et s’installa à sa stalle avec ses suivantes.

Ce cantique avait une douzaine de versets.

Quand il fut achevé, quatre messieurs allèrent chercher un magnifique dais, tout fermé de draperies de satin blanc argent, s’avancèrent vers mon siège et m’enfermèrent dessous avec mes marraines.

Nous nous trouvâmes séparées du reste de l’assistance.

Les quatre cavaliers gardaient les quatre bigues.

L’aumônier entonna ce nouveau chant :

La vérité est nue,

Et la beauté aussi.

La fille du Prêtre

Veut la vérité,

Que son corps soit nu !

À mesure qu’un verset succédait à un autre, Nanette et Eve m’enlevaient quelque chose de ma toilette et le passaient en dehors pour le déposer sur la rampe du chœur. Dès que je fus en corset, Nanette frappa des mains et l’orgue continua seul la mélodie du chant.

On frappa du pied de l’autre côté de la draperie, on releva un rideau et j’aperçus Noémie qui me tendait la main.

― Va, me dirent Nanette et Eve.

Déconcertée de ma tenue, j’obéis et accompagnai Noémie à son trône. Là, me tournant de face à l’assistance, elle prit dans les mains mes seins et dit :

― Voyez et aimez ! Elle est femme par ceci. La voulez-vous dans le Temple ?

― Nous la voulons, répondit-on en cœur.

Elle me retourna, écarta les bords de mon pantalon, releva ma chemise, exhiba mes fesses, et dit encore en posant un doigt au trou du cul :

― Voyez et aimez ! L’homme a passé par ici. L’acceptez-vous dans le Temple ?

― Nous l’acceptons. Elle me replaça de face, me découvrit le ventre, posa la main sur mon conin et dit :

― Voyez et aimez ! L’autel est fermé. L’honorerez-vous dans le Temple ?

― Nous l’honorerons.

Elle délaça mon corset, l’enleva, le confia à Pauline, m’ôta mon pantalon, le donna à Clémentine, me retroussa la chemise jusqu’aux aisselles, me pria de la tenir, s’agenouilla, me baisa sur le conin, les fesses, en disant :

― Au nom de toutes et de tous, nous t’admettons sur le seuil du Temple ! Que tes lèvres me rendent ces caresses et consacre ton désir de vivre pour nos félicités.

À mon tour, je m’inclinai devant ses trésors, et leur rendit l’hommage sollicité.

Elle s’installa sur son trône et, ma chemise retirée, elle me mit à cheval sur ses cuisses, le dos contre sa poitrine, ses deux mains s’appuyant sur mon ventre, l’extrémité de ses doigts me caressant le conin.

On transporta près des autres le vêtement que je venais de quitter. L’aumônier prit un encensoir et les encensa, tandis que toute l’assistance, défilant, les baisait.

Il s’approcha du trône et nous envoya trois à quatre nuages de fumée. Les petites descendirent près de lui prirent dans la main sa queue, tandis qu’on chantait :

Le ciel s’ouvre

Pour l’élue qui arrive.

Le temple est en fête,

Une fille se donne.

Il fit le tour du trône en nous encensant, déposa l’encensoir, gravit les marches et nous délecta de minettes l’une et l’autre tout le temps que dura le cantique. Les petites agissaient de même à l’égard des lévites et, dans l’assistance, les couples se formaient pour ces caresses.

Les minettes finies, il me retira mes bottines et mes bas, me chaussa de simples babouches, comme toutes celles qui étaient nues, et me reconduisit sous le dais où je trouvais Nanette et Eve en 69.

Il entonna ce nouveau chant :

L’allégresse est en nous !

Le mariage, s’accomplit.

Les filles s’accouplent.

Pour nos félicités.

L’assistance reprenait le chant. Il sépara Nanette et Eve qui retroussèrent leurs jupes et les boutonnèrent pour les maintenir relevées, ôtèrent leur pèlerine et demeurèrent décolletées, imitées par toutes les autres dames et demoiselles.

Debout sous le dais, je reçus les minettes de mes marraines et les feuilles de rose de l’aumônier.

Toutes les femmes se placèrent par deux, défilèrent par la Chapelle, s’approchèrent de ma personne, m’examinèrent et se firent examiner sous toutes leurs faces.

Mes cavaliers leur succédèrent et deux de ceux-ci apportèrent un lit de fer, muni d’un matelas et d’un oreiller, recouvert d’une draperie de velours rouge, sur lequel on m’étendit.

On referma les côtés du dais et l’on m’y laissa seule.

L’orgue exécutait divers motifs. J’entendis un grand bruit de pas ; je ne savais rien de ce qui se passait.

Un cavalier tout nu entra sous le dais ; je reconnus le docteur Bernard de Charvey.

Il se coucha à mon côté, me prit dans ses bras, me becqueta les lèvres et je lui rendis ses caresses. Vaguement, les paroles de l’aumônier officiant près du trône me parvenaient. Elles s’incrustèrent cependant dans mes oreilles, avec les réponses qu’elles provoquaient.

Juges-en. Voici le dialogue textuel, coupé des silences de quelques secondes :

― Je te rends grâce, ô chère divinité, et je te salue dans tes beautés. Honneur à tes charmes que rien ne me cèle.

― Honneur, honneur au cul qui resplendit sur le trône. Vers l’extase en ses mystérieux plis par le jus de tes lèvres, dit l’assistance.

― Ma langue te pénètre et se délecte dans ta céleste voie sacrée. Ton cul est rond comme le globe qui nous porte ; le trou ouvre la porte du bonheur.

― Le bonheur t’appartient. Que ta langue s’enfonce dans le Temple, dont les assises nous apparaissent lumineuses par les blanches rotondités des fesses.

― Ma langue le chatouille, délicieusement, et le frisson le parcourut. Oyez, fidèles ! Le Temple s’élève à nos regards. Il monte vers le Ciel ; chantez mes louanges.

― Que le Temple s’abaisse et que ton épée le touche. Tu es l’ointe des Filles Rouges ; sacrifice, ô, Prêtre ! Ici le silence le plus long, puis grand brouhaha dans l’assistance, et le docteur me murmura :

― L’oint encule Noémie et dans le Temple tous les cavaliers enculent une fidèle. Les petites elles-mêmes, armées d’un godemiché, enculent les moyennes. Le sacrifice s’accomplit. Ta porte est ouverte ; veux-tu que je salue l’autre et que je la force ?

II me serrait dans ses bras. Ses lèvres parlaient, appuyées sur les miennes ; son ventre me brûlait de sa chaleur. Je ne m’effrayai pas de la grosseur de sa queue ; je répondis :

― Force ma porte, dépucelle-moi. Fais que je connaisse toutes les voluptés.

Oh, mon chéri, quelle souffrance et quelle extase !

La lutte fut longue et pénible mais semée de spasmes enlevant la douleur.

Dans une confusion de voix, j’entendis ces exclamations :

― Oh, encore ! Recommence, oui ! Tiens-moi bien ; serre plus fort mon cul. Oui, oui, encore ! Enfonce davantage. Ah, ah ! tu me le fends. Écarte tes fesses ; que ton ventre s’y frotte. Ah, s’il pouvait entrer dans le trou ! Ah, ah, je meurs.

Et moi, attaquée, à ces mots délirants me parvenant de la chapelle, je sautais dans des transports frénétiques. Mes cuisses s’ouvraient le plus possible ; la machine du docteur les déchirait comme avec des tenailles. Je ne quittai pas ses bras ; il s’enrageait à me percer, et il y parvint enfin.

Oui, mon Paul, ta sœur est dépucelée. A cette heure, elle sait tout de l’amour. Jamais je n’eusse supposé pouvoir enfermer entre mes cuisses un si gros volume de chair. La queue du docteur disparut en entier en moi.

Je dois dire qu’il avait humecté mon conin de divers ingrédient et qu’il avait mis sur sa queue force cold-cream.

Ajoute à cela que mon excitation, savamment entretenue, me prédisposait à des tortures autrement violentes.

Je crois que le martyre ne m’eût pas épouvantée.

Dans l’extase la plus complète, tous les deux enlacés, nos corps n’en faisant qu’un, nous attendîmes qu’un calme relatif s’établit au dehors.

Puis le docteur, me baisant les yeux, le nez, les joues, les oreilles, les lèvres, la pointe des seins, se leva et frappa des mains.

Nanette et Eve apparurent, apportant tous les objets nécessaires à ma toilette, et on entendit un nouveau cantique :

La vierge s’est livrée.

Hosannah à la nature !

L’amour immortel

Est pour ses fidèles.

Ma toilette terminée, on enleva le dais. Mes marraines me prirent par la main. Nous exécutâmes le tour de la chapelle et je vins m’asseoir sur une chaise, en face du trône.

Mes vêtements n’étaient plus sur la rampe du chœur et je me demandais si j’allais rester nue lorsque l’aumônier, les lévites, Clémentine et Pauline, que je n’avais pas aperçus, rentrèrent de la sacristie, portant divers effets.

L’orgue lança des modulations et l’on chanta :

Parez la néophyte

De ses habits de fête.

Ses sœurs l’attendent,

Qu’elle règne avec elles.

Pendant ce cantique, l’aumônier, après s’être prosterné à mes pieds, me baisa sur tout le corps. Puis, s’étant relevé, il me passa au cou une chemisette en tulle rouge, laissant le sein libre et descendant tout juste au nombril. À la chemisette s’ajoutèrent deux jupes, la robe, le corsage, la pèlerine, des bas, des petits souliers, costumes complets rouges.

La chanoinesse, debout, étendit la main sur ma tête. On fit silence et elle dit :

― Fille Rouge, dès ce moment et pendant toute ton existence, quel que soit l’instant où l’on t’appellera, tu appartiens aux membres de la Confrérie, et à ses règlements qu’on t’a enseignés. Y consens-tu ?

― J’y consens.

― Partout notre protection t’accompagne ; mais partout aussi tu protégeras les nôtres. Ton âme, ton cœur, tes sens sont pour toujours unis en nous tous. Acceptes-tu ?

― J’accepte.

Alors nous nous embrassâmes avec tendresse et un pelotage général commença, entrecoupé de caresses, de sucées, de léchées, de chûtes, de jouissances et de possessions.

Mais que doit être ton état en me lisant, mon petit Paul ! Le feu dévore ton sang, tu soupires après nos plaisirs si brutalement suspendus ! Le paradis ne s’est pas ouvert pour toi comme pour moi. Ah, si nos parents te mettaient dans un lycée de Paris, nous nous verrions souvent ! Les sympathies des demoiselles Géraud, d’Eve te sont acquises. Les vacances approchent !

Nous réunira-t-on ? Et si l’on nous réunit, trouverais-je l’occasion de t’inculquer ma science en gentilles cochonneries ? Souhaite-le, je suis prête à tout pour t’emmener ensuite au milieu des Filles Rouges ! Hein, que d’extravagantes séances ! Adieu mignon, un million de suçons de mes lèvres partout où tu voudras.

Ton Adeline.

FIN