PETITES ET GRANDES FILLES - Lecture en ligne - Partie 2

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PETITES ET GRANDES FILLES
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Longtemps je m’agitai, le sommeil s’entêtait à me fuir ; la fatigue finit par l’emporter.

Ma lettre est déjà bien longue, je la coupe, mon petit Paul, et te renvoie à la suivante pour connaître mon sort.

III. DE LA MÊME AU MÊME

À mon réveil, à six heures du matin, le souci tourmentait mon esprit.

Dès les prières terminées, les élèves rentrées dans les salles à étude, Mlle Blanche me conduisit dans une grande pièce toute tendue de draperies noires, et éclairée par un lustre à six branches.

Devant une table se tenait assise Mlle Fanny Géraud, en toilette de soie noire, lui allant à ravir et faisant ressortir sa blonde beauté, aussi fine que celle de sa sœur, mais n’enlevant rien à la sévérité de son regard.

Debout, devant la table, il y avait Mlle Nanette Coutelin, au milieu de la salle : sur un pouf, je vis Marie Rougemont, et on m’invita à m’asseoir sur un autre pouf à son côté.

Comme mobilier la salle n’offrait que des poufs et des prie-Dieu de diverses hauteurs et de divers modèles.

Mlle Blanche s’approcha de Mlle Fanny avec laquelle elle échangea quelques mots, puis, se plaçant près de Mlle Nanette, elle écouta le discours de notre grande directrice :

― Votre faute, Marie, est plus grave que celle d’Adeline. Elle ressort du tribunal et vous en rendrez compte demain. Mais, coupable en même temps qu’Adeline, vous assisterez à sa punition, afin que vous vous en souveniez toutes les deux. Vous n’ignorez pas, Adeline, la nature de la faute que vous accomplissiez en ne résistant pas aux sollicitations de votre voisine de lit. Elle a surtout sa gravité dans le fait du sommeil de vos compagnes, que vous risquiez de troubler. Comme on n’a rien à vous reprocher, soit dans votre application au travail, soit dans votre conduite, pour cette fois vous en serez quitte avec une simple et forte fessée de la main, appliquée ici en comité restreint ; une seconde faute pareille, vous attirerait la fessée avec la verge, et en présence des trois classes réunies, ainsi que du grand conseil de direction. Je n’ai pas besoin d’insister sur ce que cette punition aurait de pénible pour votre amour-propre. Remerciez votre maîtresse de la modération qu’elle a témoignée à votre sujet, et promettez de ne plus recommencer.

J’étais très émue, je le promis, et je ne refusai pas d’embrasser Mlle Blanche.

Mlle Nanette fut chargée de l’exécution de la peine.

On avança un prie-Dieu ; on m’agenouilla sur le marchepied assez élevé, on m’attacha les bras et les jambes, Mlle Fanny ramena mes jupes sur le dos, et comme on m’avait fait enlever mon pantalon, mon cul apparut tout nu, dans sa complète rotondité.

Tous ces préparatifs m’impressionnaient fort ; j’étais toute rouge et un sentiment de honte me paralysait l’esprit. Je n’osais regarder personne, et tout à coup, une terrible claque s’abattit sur mes fesses.

Je poussai un cri. Mlle Nanette avait la main dure. Le cul tremblait sous la vibrante commotion de la main, et elle ne s’en tint pas là.

Trois, quatre, cinq, dix, douze claques avec toute la force du bras, me jetèrent dans une surexcitation extrême. Je criais, je pleurais, j’implorais ma grâce, tout tourbillonnait autour de moi, il me semblait que mes chairs se déchiraient, je redoutais sincèrement que mon pauvre cul demeurât à jamais endommagé.

La punition cessa. A la tête, debout devant moi, se trouvait Mlle Fanny ; Marie Rougemont se leva, se prosterna derrière moi, et notre maîtresse de classe dit alors :

― Vous avez valu le supplice à ce cher trésor, Marie, baisez-le maintenant, et calmez la douleur qu’il ressent.

Était-ce possible ?

Après le châtiment, on autorisait la cause qui l’attira. Mes pleurs se tarirent par enchantement. Marie me caressa avec gentillesse. Peu à peu je repris mes esprits, et je distinguai à nos côtés Mlle Blanche, accroupie entre les cuisses de Mlle Fanny, toute retroussée, et la baisant comme tu me le faisais.

Puis, Mlle Nanette, ramassant les jupes sur son bras, s’approcha des deux femmes, leur montrant ses jambes et son cul entièrement nus, et Mlle Fanny la caressa de la main, tandis que par moments, Mlle Blanche se tournait et lui léchait le cul.

Les caresses de Marie me transportaient dans le ciel ; oubliant la souffrance endurée, je ne tardai pas à jouir.

De cette décharge, Marie me donna un baiser plus ardent que les autres, elle suspendit mon délire, et, venant aux trois femmes, celles-ci se mirent en ligne, pour lui offrir leur cul qu’elle lécha successivement.

Attachée à mon prie-Dieu, je me croyais le jouet d’un rêve délicieux.

J’admirais trois postérieurs féminins, dignes d’inspirer les plus fougueux désirs, et mes soupirs se multipliant, je m’agitais, maudissant les liens qui me retenaient.

Mlle Blanche comprit ce qui se passait dans mon esprit, elle se souvint de moi, et gentiment vint me détacher. Elle me montra du doigt Marie, accroupie derrière les fesses de Mlle Fanny et de Mlle Nanette, les caressant et les partageant habilement ; elle se retroussa et me présenta les siennes.

Ah ! mon petit Paul, je pensais en cet instant à tous tes plaisirs et ceux de l’abbé, lorsque vous dévoriez mon cul de vos chaudes lippées !

Le cul de Blanche, potelé, rondelet, bien marqué dans sa raie, ombragé vers le bas de quelques poils follets, s’épanouissait devant mes yeux ravis dans toute l’éblouissante blancheur de ses chairs.

Elle se pencha en avant, pour que j’en admirasse toute la suave conjecture, et je baisai avec émotion d’abord les parties charnues, envoyant la main entre les cuisses vers le conin, qui, coquet et mignon, apparaissait entre les poils.

Elle développa ses rondeurs, la raie miroita de mille feux brûlants, un de mes doigts la parcourut, puis mon nez, comme tu me le fis, enfin mes lèvres et ma langue.

Quelle extase, quelle fièvre ! Je nageais en pleine félicité, et tout à coup on me l’arracha. Je n’eus pas le temps de me plaindre, le cul de Nanette s’offrait à mon délire.

Quelle allure, celui-ci ! un peu plus petit que chez Blanche, on aurait dit qu’il possédait une âme tant il se prêtait à l’impulsion désirée. Élégant, d’un ovale parfait, ferme et dur, plein de nerfs et de muscles, il jouait de la raie avec une dextérité merveilleuse. Les joues se gonflaient soudain, puis se repliant, la raie s’échancrait fortement, pour se refermer brutalement et ne plus présenter qu’une mince ligne, où il semblait impossible de glisser l’extrémité d’un ongle.

Manœuvré avec une incroyable science, il s’élevait, s’abaissait, dessinait des courbes à droite, à gauche, au milieu desquelles ma langue, éprise de ses chaînes, le suivait dans toutes ses évolutions, le mouillant de la salive, qui me montait au gosier. Quel jeu divin, quel charmant dénouement à la peine de tantôt ! On me régala encore de celui de Fanny, en deux avec le cul de Marie Rougemont.

Cette dernière se mit à quatre pattes et par dessus elle, un peu en avant, se plaça notre grande directrice.

Je dus distribuer mes caresses à ces deux nouveaux bijoux.

Le cul de Fanny surpassait le cul de Marie par l’ampleur et le fin de ses formes, mais celui de Marie ne manquait pas de grâce et de gentillesse. Protégé par la superbe croupe de notre maîtresse, la plus forte de celles contemplées dans cette salle, il affectait la modestie, la timidité et appelait tout aussi bien la furie des lèvres.

Mais comment dépeindre cette royale beauté de Fanny ? Ah ! mon petit Paul, tu te serais vautré dessus à en expirer. Je me demandais, si bien prise dans tous ses membres, si délicate dans ses formes, elle pouvait avoir une telle ampleur du cul.

Étalé sous mes yeux, il dominait tout le corps, avec une raie profonde, accentuée, rosée, s’étendant très bas et très liant, avec des proportions à enfouir toute la machine de l’abbé.

Debout, tout rentrait dans les limites naturelles et raisonnables ; à quatre pattes il s’accroissait à m’affoler.

Je m’y cramponnai des mains, de la bouche, de la langue, des dents même, revenant de temps en temps à ma petite amie, et elle tressauta, jouissant déjà, murmurant :

― Petite Adeline, tu deviendras l’une de mes meilleures élèves. On t’aimera beaucoup, et tu aimeras notre maison. Rends-moi les coups que Nanette t’a donnés.

Je n’osais, je baisais et léchais. Nanette me poussant la tête sur le cul de Fanny, me dit :

― Tape donc petite, puisqu’elle te le demande, tu lui causeras ainsi de la volupté.

Tandis que je m’exécutais, frappant à coups redoublés ce joli cul, répondant à mes claques par des frissons, que je voyais courir le long de la fente, Nanette mit Blanche à cheval sur ses jambes, toutes les deux se collèrent lèvres contre lèvres ; leurs mains coururent sous leurs jupes, et elles s’agitèrent avec frénésie, se flottant le ventre l’une contre l’autre.

Fanny, à un moment venu, serra le cul de Marie entre ses cuisses, elle se souleva par dessus, l’écrasa de tout son poids, son ventre retombant brusquement, et elle répandit sa liqueur de jouissance.

La félicité me clouait expirante la langue entre ses fesses.

N’est-ce pas miraculeux, mon cher Paul d’être si bien tombée. Garde bien le secret de ces lettres, et tu sauras toujours tout ce qui m’arrive.

Adeline.

IV. DE LA MÊME AU MÊME

J’en suis restée, mon Paul à cette enivrante béatitude, qui s’empara de tout mon être en extase sur le cul de Fanny.

Peu à peu le calme renaquit ; on souleva une tenture ; un magnifique cabinet de toilette se trouvait à côté ; nous y passâmes, et on se lava.

Mlle Fanny se retira en nous embrassant, et comme je croyais la séance terminée, à ma grande joie, Mlle Blanche me pria de l’accompagner dans sa chambre, pendant que Nanette emmènerait dans la sienne Marie.

Chez elle, Blanche, qui m’autorisa à l’appeler de la sorte en dehors des classes, me fit mettre toute nue, et elle m’imita. Nous grimpâmes sur son lit, elle me prit dans ses bras, tenant mes fesses dans ses mains ; je pris également les siennes. Elle me tendit ses lèvres que je me dépêchai de baiser et de sucer ; ses seins des plus délectables, s’appuyèrent contre ma poitrine, son ventre se colla au mien, ce fut une véritable extase infinie, où, sans bouger, serrées l’une contre l’autre à nous fondre mutuellement dans nos chairs, nous aspirâmes notre haleine dans une série ininterrompue de baisers suceurs de nos langues.

Au Paradis, les joies et les félicités ne sauraient être plus grandes que celles ainsi éprouvées !

Nos mains ne quittaient nos fesses que pour se promener sur nos corps, que pour permettre à nos bras de nous enlacer. Pour une pareille fin de punition, je rêvais à me rendre coupable toutes les nuits de pareille faute.

Blanche devina ma pensée, et dit :

― Chère Adeline, malgré tout ton bonheur actuel et le mien, ne pêche plus. Pour être digne de l’ivresse que je te procure, et qu’on te procurera dans cette maison au fur et à mesure de tes progrès, il est indispensable de soigner sa santé, et de ne pas compromettre celle de ses amies.

Nous aurions pu sévir, et ne pas te convier à cette volupté qui t’ouvre le ciel ; nous ne l’avons pas fait pour te prouver que tes désirs trouveront satisfaction à leur heure, mais à la condition de ne pas transgresser les règles de sagesse qui maintiennent l’harmonie entre toutes nos élèves, en nous garantissant leur soumission et leurs efforts à nous contenter ; si nous n’interdissions pas ces contacts nocturnes, pas une de nos élèves ne se reposerait. Te voilà au courant de notre facilité de plaisir, n’abuse pas des mystères. Puis-je compter sur ton obéissance ?

― Oui, chère maîtresse.

― Nous savons que tu jouis d’une robuste santé, et nous réparerons tes fatigues par une hygiène que prescrit un de nos docteurs. Certaine de ton zèle, de ta bonne volonté, on ne te ménagera pas les occasions de t’amuser. Défie-toi des petites aventures avec des camarades capricieuses. Je te le confie ici, un rien nous avertit de la faute et elle est arrêtée à son début. Tu étais nouvelle, tu as bénéficié de l’indulgence de la direction, il n’en irait pas de la sorte la prochaine fois.

Nous ne cessions de nous becqueter, de nous chatouiller le conin et Blanche s’échauffait.

Sautant à bas du lit, elle ouvrit un tiroir.

― Tiens, me dit-elle, passe-toi ça à la ceinture, et je vais t’apprendre à devenir mon petit amant.

― Oh ! répondis-je, je sais comment ça se pratique, on l’enfonce dans le cul.

― On te l’a mis dedans ? dit-elle, en éclatant de rire.

― Oui, répliquai-je.

― Oh ! la pauvre petite, tu as dû joliment souffrir !

― Non, cela me plaisait beaucoup. Vraiment ! Nous essayerons une autre fois. Pour l’instant, ce n’est pas de côte qu’il s’agit de l’enfoncer, mais par ici entre les cuisses.

― Ça entrera ?

― Viens vite sur moi, et remue-toi en même temps. Ce joujou s’appelle un godemiché, et ça remplace l’homme. Tu m’as versé une telle chaleur dans les veines, qu’il faut que tu me prennes.

Ces leçons ne sont difficiles à retenir.

Blanche avait placé le bout de l’instrument sur son conin, elle se dandina, je l’imitai avec une folle ardeur ; bientôt la machine, assez grosse, disparue en entier dans son ventre.

Nous nous tenions enlacées, nous sautions en cadence, elle me dévorait de baisers, que je rendais avec passion, une chaleur pénétrante me brûlait la moelle des os, nous jouîmes ensemble, et nos décharges se mêlèrent dans nos poils.

― Tu me promets d’être bien sage, me dit-elle, en nous rhabillant.

― Je le jure.

― Je compte sur ta parole, et tu ne t’en repentiras pas.

Nous retournâmes alors à nos classes.

Deux des plus anciennes parmi les grandes, Berthe Litton et Josèphe de Branzier avaient remplacé les maîtresses.

Marie Rougemont était déjà à sa place. Elle ne me parla de rien, ni les autres élèves non plus. Tout marcha, comme si rien ne s’était passé.

Je m’étonnai à la récréation de ne pas voir mon amie Angèle. J’appris avec chagrin que ma faute retombait en partie sur elle, qu’elle serait châtiée le lendemain à cause de moi, et que pour la journée elle subissait les arrêts et des corvées.

On agissait ainsi sur notre moral, sur notre cœur, pour que nous ne persévérions pas dans nos erreurs.

Le lendemain, se trouvant le jour du tribunal, j’allais entrer tout à fait dans la vie de la maison.

Le tribunal se rassemblait à cinq heures de l’après-midi.

Ma maîtresse, Mlle Blanche, m’amena dans un petit salon, où l’on me présenta à l’aumônier, M. l’abbé Jacquart, à MM. Camille Gaudin, un juge, Jules Galles, propriétaire, et Bernard de Charvey, médecin de la pension, tous hommes âgés de 35 à 40 ans, et formant le grand conseil de la maison.

Très intimidée, je les saluai avec gaucherie, et ne tardai pas à me rassurer devant leurs gracieusetés.

Mlle Juliette et Fanny Géraud, les deux autres maîtresses, et une élève de la grande classe, Mlle Berthe Litton, nous rejoignirent bientôt.

On se dirigea vers la salle de punition, organisée d’une autre manière que le matin précédent.

En haut, cinq fauteuils servirent de sièges à l’aumônier au milieu, ayant à sa droite Mlle Juliette, à sa gauche Mlle Fanny, lesquelles eurent de l’autre côté, la première M. Camille Gaudin, la seconde M. Bernard de Charvey.

Les trois maîtresses s’assirent sur des chaises du côté gauche ; Berthe Litton, M. Jules Galles et moi, nous nous installâmes de même au côté droit.

Vis-à-vis des cinq fauteuils se trouvaient des rangées de chaises, l’autre extrémité, pour les élèves, qui ne les occupèrent pas pour le début des punitions.

On commença en effet par celles ayant mérité la flagellation sans la présence de leurs amies et la petite classe ouvrit la séance par une jolie brouette, Lisa Carrin, une gamine de 17 ans, qu’amena toute nue, une des deux surveillantes Mlle Elise Robert, une grande et superbe fille de 19 ans ; l’autre, Mlle Georgette Pascal, une mignonne et gentille blonde de 18 ans, forme d’antithèse de la première, solide brune avec un léger duvet sur la lèvre supérieure, ne lui allant pas mal.

La petite Lisa, toute rouge, toute mièvre, toute embarrassée, à demi pleurnichante, fut attachée à un socle, placé au milieu de la salle, le dos tourné vers le conseil.

Berthe se leva, prit une feuille de papier et lu :

― Mlle Lisa Carrin a donné une gifle à une de ses camarades, a mal répondu à sa maîtresse, qui la réprimandait, a refusé de copier les dix pages infligées comme pensum, a subi la privation de récréation, a été condamnée à recevoir en plus cinq claques sur les fesses devant l’assemblée, Mlle Adeline Mirzan est chargée de l’exécution.

Ainsi après avoir souffert la flagellation, je devais à mon tour l’appliquer, et cela devant tout le monde.

Une peur atroce me cloua à ma place, mes jambes tremblaient. Le silence régnait, la chair de la pauvre petite condamnée miroitait à mes yeux. Mlle Juliette m’apostropha en ces termes :

― Eh bien Adeline, décidez-vous. N’allongez pas le supplice de cette enfant par une cruelle et inutile attente. Fouettez-la et ferme, elle l’a bien mérité.

Tous les regards pesaient sur moi, je ne pouvais davantage reculer.

Je me dressai et m’approchai du terrible poteau.

Pauvre petite Lisa ! Ses jambes frêles supportaient un petit cul blanc et mignon ; elle tressaillait d’effroi ; elle me dit tout bas :

― Ne frappe pas trop fort, je t’en prie, je crains beaucoup les coups.

Mon cœur se serrait, Mlle Juliette reprit :

― Voyons, voyons, Adeline, vous apportez une déplorable lenteur à votre mission, nous n’en finirons jamais si vous ne vous hâtez pas davantage. Ce n’est cependant rien à côté des autres.

Refuser de frapper, j’y pensai un instant. J’entrevis que non seulement il m’en cuirait, mais encore à toutes celles qui devaient être châtiées ce jour-là.

Je fermai les yeux, et vlan, vlan, les cinq claques retentirent sur le petit cul. Lisa poussa un hurlement, je ne l’avais pas ménagée comme je l’aurais voulu, son cul ressortait cramoisi.

On la détacha et on l’emmena.

― Restez là, m’ordonna Mademoiselle Juliette, il y en a deux autres à expédier de la sorte.

Hélas, la suivante n’était autre qu’Angèle, qui apparut tout habillée et toute triste.

On lia ses bras, ses jambes, et on appuya le haut de son corps sur le dossier d’un prie-Dieu.

Berthe lut :

― Mademoiselle Angèle de Noirmont, condamnation par ricochet à douze claques sur les fesses, pour lubricité nocturne de sa jeune amie Adeline, surprise en flagrant délit avec Marie Rougemont. Privation de plaisirs une journée pour ne pas avoir appris à Adeline la nature du lien moral qui les attache l’une à l’autre.

On retroussa les jupes d’Angèle, on les épingla sur les épaules, son joli cul apparut divin, enchanteur, fascinateur ! Ah, comme j’eusse préféré le baiser : il fallut obéir, Mademoiselle Juliette prononça :

― Frappez, Adeline, et marchez plus vite que tantôt. J’allongeai deux, trois claques, avec une évidente mollesse : l’aumônier protesta :

― Ce n’est plus un châtiment si vous tapez aussi doucement. N’épargnez pas votre amie, Mademoiselle, sans quoi vous l’exposeriez à être fustigée par les verges.

Angèle ne soufflait pas mot, je m’exécutais et fouettais plus fort. Il me sembla que sa peau frissonnait, les fesses tressaillirent, les cuisses s’agitèrent ; soudain, à mon grand étonnement, au onzième coup elle déchargea.

Quoi, cette commotion devenait pour elle un bonheur ? Je ne pouvais en croire mes yeux, et par un effet de sympathie, je me sentis moi aussi toute chatouillée par le plaisir. Je frappais la douzième claque avec une violence inouïe.

On détacha Angèle, qui m’embrassa et partit.

La troisième coupable se trouvait être une autre grande, Mademoiselle Ève Philippe, condamnée à la flagellation avec verges, pour une discussion avec sa maîtresse, Mademoiselle Lucienne d’Herbollieu.

On la plaça comme Angèle et on remit un martinet à cinq ou six lanières.

Ève était magnifiquement faite, et d’une blancheur éblouissante, coquette et fine au possible, avec des yeux bleus d’une pureté angélique, elle représentait la plus idéale des blondes. Le cul bien pris, moins épais que ceux de mes maîtresses, entrevus la veille, n’en offrait pas moins une perfection absolue, et j’éprouvai encore de l’indécision à flétrir de si ravissantes chairs.

On me commanda, mon bras se leva et s’abaissa, les coups se précipitèrent, cinglant les deux fesses, pénétrant à l’entrecuisse, excitant les cris de la patiente qui se tordit, sollicitant sa grâce.

― Non, non, pas de grâce, s’écria Mademoiselle Juliette, frappez plus fort. À l’âge d’Ève, il n’est plus permis de commettre des fautes, de se disputer avec une maîtresse qui s’ingénie à être agréable à ses élèves. Plus on approche du jour où l’on quittera cette maison, plus il convient de se montrer déférente pour les bontés qu’on y rencontra.

― Je vous promets, Madame, de ne plus recommencer, j’en demande pardon à Lucienne.

― Frappez, Adeline, jusqu’à ce que le sang coule.

J’allais à tour de bras ; mes yeux se voilèrent. Les chairs de ce cul si charmant dansaient, je jouissais en tapant, mon teint s’animait, malgré moi, ma main libre se crispait sur ma robe entre mes cuisses, et à mesure que je frappais, je me grattais.

Personne ne paraissait s’en apercevoir. Ma folie m’envahissait le cerveau ; Ève pleurait, sanglotait, murmurait :

― Méchante, méchante, qui l’eut soupçonné ! Aïe, assez, pas plus, je vous en supplie tous.

Le sang coula, le supplice cessa, la pâleur sur mon visage remplaçait les couleurs ; on essuya et on pansa Ève, et détachée, elle dut m’embrasser en signe d’oubli de peine. Elle sortit et on m’appela devant le conseil. Alors, mon petit Paul, Juliette me retroussa, constata mon émotion, et je passai entre les mains de tous ces Messieurs, qui me caressèrent les cuisses et les fesses, me tapotèrent les joues, me prédirent mille félicités si je me montrais bien docile et bien discrète.

J’étais heureuse comme tu ne saurais l’imaginer et ils auraient exigé n’importe quoi, que je n’eusse rien refusé. Mais la séance allait continuer, chacun retourna à sa place, toutes les classes entrèrent.

En voilà assez pour aujourd’hui mon chéri, à demain les autres détails.

Ta sœur qui t’aime, Adeline.

V. DE LA MÊME AU MÊME

Vis-à-vis le conseil, mon cher Paul, s’installèrent les trois classes, les premiers rangs, ensuite les moyennes, au fond les grandes.

Je remarquai que certaines élèves des trois catégories portaient une robe rouge, avec une croix d’honneur sur la poitrine.

On m’apprit plus tard qu’elles appartenaient à la confrérie des Filles Rouges, lesquelles se lient pour toujours avec la pension, jurant de ne se marier qu’avec un mari présenté par nos maîtresses, et d’assister toujours aux grandes fêtes de la maison.

Parmi les petites, deux portaient cette toilette, trois dans les moyennes, et six dans les grandes.

Toutes la désiraient ; on ne l’accordait qu’aux plus méritantes, aux plus intelligentes, aux plus discrètes, après un certain temps d’apprentissage.

Dans cette assemblée d’élèves, instruites avec une si douce méthode amicale, le silence régna absolu.

Deux jeunes filles de la classe moyenne comparurent devant le conseil : Marie Rougemont et une nommée Désirée Brocard, surprise au cabinet d’aisance, s’amusant toute seule.

Marie apparut, vêtue d’une longue chemise de nuit descendant sur les pieds, les cheveux dénoués flottant sur le dos, les mains attachées par derrière.

On la plaça debout devant le conseil, et l’aumônier lui dit :

― Nous avons su, Mademoiselle, l’acte répréhensible que vous commîtes, nous ne le relaterons pas ; votre faute est impardonnable. Avant de vous notifier la punition fixée, nous désirons entendre votre défense. Qu’alléguerez-vous pour votre justification ?

― Je souffrais de la tête, envahie par le sang, les nerfs me travaillaient, je ne jouissais plus de ma liberté d’esprit, le sommeil me fuyait, toute la journée des pensées m’agitèrent, je risquais une maladie à ne pas faire l’acte que vous me reprochez. Je le regrette, et j’accepte la pénitence que vous m’infligerez ; mais je crains de ne pouvoir m’empêcher de recommencer et je préfère l’avouer de suite, sollicitant toute votre indulgence pour l’avenir.

― Pour cette fois, nous vous condamnons à la flagellation par la badine et avec la verge pendant trois soirs, avant de vous coucher ; pendant un mois vous serez séparée d’avec vos compagnes, et pendant quinze jours vous n’aurez aucun rapport avec votre grande amie.

― Oh, je vous en supplie, ne m’isolez pas un aussi long temps.

― Nous condamnons en outre votre amie Isabelle à la flagellation par le martinet, qu’elle subira à vos côtés. Le jugement est définitif.

Sur ces mots, on introduisit Isabelle Parmentier dans la même tenue que Marie.

On les plaça en face l’une de l’autre, on les attacha à un prie-Dieu, on releva leur chemise qu’on épingla aux épaules, et il m’échut de châtier Isabelle, tandis que Nanette châtierait Marie. Un nouveau cul s’offrait à ma contemplation, un cul nerveux, aux fesses rondes et saillantes, à la raie fortement accusée vers le haut et vers le bas, où l’on apercevait une touffe de poils très noirs.

Isabelle qui, par sa petite taille, faisait l’effet d’une gamine, présentait, vue ainsi, une vigueur peu commune dans les membres ; les mollets développés attiraient l’attention sur des jambes merveilleuses, et la chute des reins, nette, superbe, montrait des épaules d’un modèle exquis, surplombant des seins fermes et hardis, que trahissait le pli de la chemise.

Le cul d’Isabelle, si joli qu’il fût, reçu une ample moisson de coups de martinet, comme tantôt celui d'Ève. Elle ne pleura pas, tressaillit par instants, contrastant avec Marie, qui hurlait à chaque coup de badine.

Tout de suite après cette exécution, Désirée Brocard entra sous le même appareil que ses deux devancières, tenant en plus un pot de chambre à la main.

L’aspect était si bouffon que tout le monde partit d’un grand éclat de rire, lequel provoqua un très vif incarnat sur ses joues. On la fit asseoir sur un pouf, et, sur un second pouf, près d’elle, on installa le pot de chambre.

Mademoiselle Nanette glissa un miroir dans le vase, et l’aumônier dit :

― Mon enfant, la solitude est une belle chose, mais il est des lieux mieux choisis que celui où vous vous réfugiâtes pour en apprécier le charme et la douceur. Votre punition sera plus morale qu’effective. On va vous coiffer de ce charmant récipient, et vous recevrez douze claques des mains de Diane de Versan. Pendant huit jours, on mettra à côté des plats le petit meuble, qui vous rappellera le cher réduit où vous vous délectiez. Après votre flagellation, vous ferez le tour des classes, votre pot à la main, et vous l’emporterez, plein ou non, pour le nettoyer avec le miroir qui est au fond, lequel ornera la tête de votre lit tout un mois.

Le délire devint général, même dans les rangs du conseil, et Désirée, de plus en plus rouge, ne sut quelle contenance tenir. On la coiffa du pot, et son amie Diane la claqua très fort en disant :

― Voilà pour toi, vilaine sotte, que la honte te couvre tout entière. Est-il permis de s’isoler en si vilain endroit quand on est en si bonne société ? Vlan, sale, petite cochonne, une autre fois je demanderai à Mademoiselle de rompre notre amitié.

― Non, oh, non, Diane, je ne recommencerai plus, tape plus fort, si tu veux, mais pardonne-moi.

La promenade du vase mit le comble à la joie. Presque toutes les petites prétendirent avoir envie, et presque toutes y pissèrent quelques gouttes. Les moyennes et les grandes montrèrent plus de retenue. Malgré cela, le vase se remplit.

On l’apporta à l’aumônier qui, le prenant, contempla la coupable, et dit :

― Que penseriez-vous, si je vous ordonnais de le boire ? Désirée pleurait en silence, il continua :

― Si je l’ordonnais, je paraîtrais approuver le vilain acte que vous accomplissiez. Je pourrais encore commander qu’on le verse sur le corps, en vous condamnant à rester ainsi sale toute une nuit, je vous en dispense. Allez, et nettoyez-le. Ne repêchez plus.

La liste des punitions épuisée, on passa aux récompenses.

Après le relevé des bonnes notes, on énuméra les noms de celles qui s’étaient distinguées, en commençant par les grandes.

1° Mademoiselle Athénaïs Caffarel, admise au Grand Cordon rose, pour application soutenue, conduite exemplaire à l’étude, bonne volonté constante à aider la direction et le personnel dans les soins et services de la maison.

C’était une blonde de 17 ans et demi, possédant déjà ses premiers diplômes, et appartenant à la pension depuis l’âge de 10 ans.

2° Mademoiselle Angèle de Noirmont (ma grande amie) admise à la Confrérie des Filles Rouges, pour sa douceur de caractère, son attachement à ses maîtresses et à la maison, la perfection de ses études, son précieux concours apporté à aplanir les difficultés entre élèves.

3° Mlle Eulalie Pierre, 13 ans et demi.

4° Mlle Léonore Grécœur, 14 ans, permission du coucher à 10 heures du soir et du lever à 7 heures du matin, pour toute une semaine.

5° Mlle Anne Flavart, 11 ans, don d’un livre d’historiettes pour son application et son obéissance.

6° Mlle Pauline de Merbes, 10 ans et demi, très délurée et très dégourdie, admission aux Filles Rouges pour sa bonne volonté, l’indomptable énergie qu’elle apportait à se sermenter et à suivre les conseils de ses maîtresses.

Nous eûmes ensuite un discours de l’aumônier, prêtant à bien des sous-entendus, quelques paroles de Mlle Juliette, nous quittâmes la salle de punition, y laissant nos maîtresses et les Filles Rouges.

La récréation suivit sous la surveillance de Mlle Elise Robert, dans une cour vitrée, en attendant l’heure du dîner. Les classes, quoique mélangées, se ressentaient de l’absence de toutes celles restées avec le conseil et nos maîtresses. Mlle Robert s’amusa avec les plus petites ; les moyennes causèrent avec leurs grandes amies, je me joignis à un groupe cinq à six et m’instruisis sur quelques détails et habitudes de la pension.

Je cessais de figurer parmi les ignorantes et je n’avais plus qu’à être portée par le courant.

Te voilà, mon petit Paul, renseigné sur mes débuts chez les demoiselles Géraud ; attends avec patience une nouvelle série de lettres pour bien tout savoir de mes actes. Je ne te cacherai rien de mes aventures. C’est encore une jouissance de les conter. Je souhaite, si à Londres tu es privé des plaisirs de la chair, que tu les goûtes en pensée avec moi. Mes lettres sont imbibées de la chaleur de mes sens, qui se prêtèrent toujours avec bonheur à la satisfaction des tiens. Ne sois pas malade, mon chéri, et tôt ou tard, nous recommencerons ce qu’on a prétendu nous interdire, je te le promets de tout mon cœur.

Mille bons baisers de ta sœur qui t’aime.

Adeline.

Chapitre III

LA FÊTE DE NUIT

ADELINE À PAUL

Comme le temps file quand tout sourit à nos vœux, à nos rêves ! Plus de trois mois, mon chéri, que je ne t’ai écrit, et que de choses depuis.

Mes lettres te sont parvenues par le cousin d’Eulalie, ton condisciple aux Jésuites, que la mort d’une parente avait appelé à Paris. Déchire-les après lecture, de peur que nous n’en récoltions des ennuis et afin que nous puissions continuer ces chères confidences.

J’attends les tiennes, certaine qu’une occasion surgira qui me permette de les recevoir.

Je désire que tu t’amuses comme moi, et je t’envoie en tout cas le récit de mes folles ivresses pour te prouver que je ne change pas de manière de voir sur toutes ces bonnes choses.

Je te regrette souvent, mon petit Paul, c’est te dire que l’égoïsme ne me mord pas le cœur.

La vie bien réglée, bien organisée, ne nous fatigue pas, et nous vaut toutes sortes de joies, de surprises agréables.

A côté de notre lien avec la grande amie, il se noue de petits romans, et cela a bien son charme.

Quelques semaines après mon entrée à la pension, un matin, je trouvais dans mon pupitre une lettre qui me jeta dans une très forte surexcitation.

Chère Adeline,

Tu m’as joliment fouettée et tu m’as diantrement écorché le cul ; je ne t’en veux pas, bien au contraire. Marie m’a raconté que tu étais très chaude. J’éprouve un grand besoin pour ta personne et tu me rendrais bien heureuse si tes lèvres effaçaient le souvenir des coups, là où tu frappas. Si tu as le même désir de mes charmes que je l’ai des tiens, il est facile de nous voir, sans risquer de punitions. Demande demain la confession ; je suis chargée d’arranger l’autel pour dimanche. En arrivant à la chapelle à 4 heures, tu ne rencontreras l’aumônier qu’à 4 h. 30. Nous aurons une demi-heure à nous. Dans le cas où tu consentirais, mon cher petit ange, ce soir, au réfectoire, mets une faveur bleue dans ta chevelure.

Ton amie, Isabelle.

Je mis le ruban bleu, et le lendemain, à 4 heures, j’allai à la chapelle. Isabelle m’attendait. Elle me prit par la main, me conduisit dans la sacristie, ouvrit une porte et nous pénétrâmes dans un bijou de boudoir.

Elle me saisit dans ses bras, et quoique plus petite que moi, elle me souleva comme une plume, me poussa sur un divan, et me dit :

― Vite, dépêchons. Montre si tu es aussi bien faite que le crie Marie.

Ses mains me chatouillèrent les cuisses et les fesses ; elle écarta mon pantalon, sa bouche approcha, et sa langue, merveilleusement agile, eut vite fouillé dans les bons coins.

Se relevant ensuite, elle se retroussa, m’exhiba ses fesses que ne recevrait pas le moindre pantalon, et comme j’étais couchée sur le divan, elle les appliqua sur mon visage en m’ordonnant de les sucer.

― Suce partout, méchante, dit-elle, cruelle, qui, l’autre jour, tapa si fort. Tiens, tu vois, il se venge, il se pince le nez, il t’écrase la figure ; enfonce la langue, c’est ça, cherche bien le trou, j’adore ce chatouillement ! Ah, coquine, tu es une véritable petite maîtresse ! Oui, serre avec tes mains, tiens, tiens, le sens-tu bien sur toi ? La passion de Marie, cette passion qu’elle a pour les culs, m’a amenée à me délecter, quand on me le caresse. Oh, tu marches très bien ! Dis, que désires-tu en m’enlaçant plus. Dis, quel est le plus joli : celui d’Angèle ou le mien ?

― J’ai à peine contemplé le cul d’Angèle.

― Quelle plaisanterie ! Que faites-vous ensemble dans vos petites retraites ?

― Elle aime à me caresser, et quand c’est son tour, elle préfère le devant.

― Oh, que c’est drôle ! Avec ta devancière, elle lui demandait toujours de lui sucer la pointe des seins ! Angèle est une fantasque ! Oui, oui, mais ne t’arrête pas dans tes lippettes. Si tu n’a pas vu le cul de ta grande amie, tu en as vu d’autres, celui de Blanche, par exemple ; le préfères-tu au mien ?

― Il est plus gros, mais il ne sait pas se tortiller comme le tien.

― Ah, tu apprécies ça ! Il est toujours en chaleur, et j’y voudrais toute la journée une langue au milieu.

― Avec ces dispositions, Marie doit se satisfaire dans ses goûts.

― Marie est une plastique. Elle aime un cul qui ne remue pas, et moi, je ne le laisse jamais au repos quand on me le lèche gentiment. Elle se fera pincer parce qu’elle cherche les aventures nocturnes. Elle les cherche à cause de la peur d’être surprise, ce qui empêche de bouger celles à qui elle s’adresse. Elle s’aplatit sur le cul et le léchaille à légers coups de langue.

― Il est curieux que l’on ne s’entende jamais tout à fait bien !

― Je m’entendrais bien avec toi ! Tu es une fière mutine et tu manœuvres ta langue avec une réelle habileté ! Veux-tu être mon amoureuse.

― Et Angèle ?

― Angèle demeure ton amie officielle. Nous avons toutes une amoureuse cachée, et Angèle comme les autres.

― Vraiment, Angèle a une amoureuse !

― Tu ne connais donc pas encore les histoires de la maison ! Angèle a la toquade de son ancienne grande amie, Blanche. Elles couchent souvent ensemble, et c’est grâce à cela que vous avez été pincées avec Marie.

― Ah !

― Oui. Si Marie m’avait parlé ce jour-là, je lui aurais conseillé de remettre sa partie lors d’une visite de Blanche à Angèle.

― Elles changent de chambre ?

― Au moins deux fois par semaine.

Les léchées et les sucées continuaient. Nous sûmes nous arrêter à temps pour être dans la chapelle à l’arrivée de l’aumônier.

Je consentis à être l’amoureuse de cette petite endiablée qui me promit de nous ménager quantité d’ivresses voluptueuses.

C’était la première fois que je me rendais au confessionnal de la pension.

Sur ce point, les élèves dépassant 14 ans ont toute latitude, pourvu qu’elles communient aux époques fixées.

Je n’avais vu l’aumônier qu’aux séances de punition et aux offices religieux.

J’entrai dans la petite niche en toute quiétude d’esprit et le grillage ouvert après le pater et l’ave, l’aumônier me dit :

― C’est bien, mon enfant, de vous rappeler l’utilité de mon ministère. Vous éprouvez le besoin de me confier quelques petites fautes ?

― Vos conseils, mon père, me seront précieux et, depuis longtemps, je désirais les solliciter.

― Parlez, je vous écoute, mon intérêt le plus vif vous est acquis.

― J’ai un peu de trouble dans les idées. Je suis venue dans cette maison à la suite d’une aventure que vous devez connaître et, ici, je trouve presque autorisé ce qu’on a voulu châtier chez mon père. Où est le bien, où est le mal, je ne sais plus.

― Le cœur l’indique, mon enfant. L’obéissance envers les supérieurs qui nous dirigent ; l’observance des convenances de ceux avec lesquels nous vivons ; le silence sur ce qui peut affliger autrui ; la recherche des joies et des bonheurs qu’il est en notre pouvoir de procurer à nos amis.

― Je saisis à merveille, mon père. Il s’agit de pratiquer la morale selon les lieux où l’on vit, et de ne jamais choquer les pensées de ceux dont on dépend.

Un moment embarrassé, l’aumônier reprit :

― Le mal consiste dans l’erreur de nos besoins réciproques. Cette maison est régie par un ensemble de règlement différent de celui qu’observent les autres. Vous êtes une nature intelligente. Vous ne compromettrez pas le bonheur que vous éprouvez dans de vaines controverses. Goûtez le plaisir, mon enfant, et faites le goûter, selon les règles édictées ici. Je vous absous de vos péchés.

― Je vous remercie, mon père, et je vous témoignerai ma reconnaissance en avouant que le confessionnal m’a servi de prétexte pour rejoindre une amie à un rendez-vous voluptueux.

Il sourit et me répliqua :

― Je veux ignorer le nom de votre complice. Pour pénitence de votre subterfuge, vous calmerez l’irritation du pauvre diable que vous enflammez entre mes cuisses. Regardez, mon enfant.

J’appuyai le front au grillage et vis l’aumônier, la soutane relevée, montrant une machine… bien, bien longue.

― Comment la calmerai-je, mon père ?

― En la suçant dans la sacristie. Obéirez-vous à la pénitence ?

― Aurais-je le droit de révolte, que je solliciterais de l’accomplir.

― Oh, mon enfant, vous promettez une merveilleuse recrue pour cette maison. Venez donc à la sacristie.

― Pourquoi à la sacristie ? Si je vous rejoignais dans votre petite cellule et m’agenouillais devant vous ? Il tressaillit et répondit :

― Oui, oui, c’est cela.

Isabelle était toujours à l’autel. Elle se retourna au bruit de la porte du confessionnal et resta tout interdite en me voyant disparaître auprès de l’aumônier.

Je m’agenouillai entre ses cuisses ; il me caressa doucement la tête et ma bouche s’approcha de cette grosse chose. J’avais soif de ce plaisir. Depuis mon départ de Chartres, le joujou masculin me manquait. Je bénissais mon intelligence qui me mettait en face des attributs de l’aumônier. Le gland énorme glissa entre mes lèvres, mon cœur battit d’ivresse, de mes deux mains je soutins le goupillon.

Quelle taille, mon petit Paul. Deux fois gros comme l’abbé Dussal et trois fois comme toi.

Lentement j’appuyai la bouche et la descendit par saccades, de façon à engloutir peu à peu le monstre charmant.

Hélas, elle ne put le contenir en entier.

L’aumônier, renversé en arrière, les cuisses bien découvertes, s’abandonnait à mon entreprise et je ne résistai pas à l’enivrement de me repaître de ses chairs. Je laissai échapper la chose de mes lèvres, posai mon front au-dessous, redressai à coup de languette les deux boules, et me penchai pour lécher jusqu’à la pointe des fesses.

Il soupirait de plus en plus.

Il me frappa la tête avec le gland pour me rappeler au suçage ; je repris ma besogne, m’enrageant des lèvres et de la langue.

Il tressautait, pressait de ses mains sur mes épaules, se tortillait par instants, et soudain, il m’envoya dans la bouche, sur le nez, les joues, un violent jet de sperme (nom de la liqueur mâle qu’il m’enseigna).

Oh, les soubresauts de sa queue contre mon visage. Jamais je ne les oublierai. Elle battait une mesure précipitée à me briser les chairs.

Je restai la tête collée sur ses cuisses, abîmée dans une extase délicieuse ; il me caressa les joues, que j’appuyai contre sa chair, puis, avec un mouchoir, il m’essuya et je compris qu’il s’agissait de réparer les traces de l’aventure.

Quelques gouttes étaient tombées sur mon corsage et y faisaient une tache. Il laissa retomber sa soutane et me dit de l’accompagner à la sacristie où il le nettoierait.

Nous sortîmes du confessionnal et, en passant devant l’autel, je remarquai qu’Isabelle, dissimulée sur un des côtés, me regardait avec des vilains yeux.

Dans la sacristie, l’aumônier, avec un peu d’eau, répara l’accident de mon corsage ; je me lavai le visage afin que rien ne me trahisse, et je le quittais après qu’il m’eut embrassée tendrement, en me promettant sa protection.

Dans un couloir conduisant de la chapelle à la cour, je me heurtai à Isabelle qui, me saisissant le bras, me flanqua une paire de gifles et me dit :

― Tiens, cochonne, suceuse, tes amies ne te suffisent pas, il te faut mignarder les hommes, voilà pour t’apprendre à te mieux conduire. Nous sommes brouillées, cochonne, et n’aie pas peur, je parlerai à Angèle et elle t’arrangera.

Elle me tourna le dos et sauva, me laissant ahurie. Je pensais que tous les plaisirs devaient s’éprouver, et l’un d’eux me créait une ennemie.

Un nouvel ennui m’attendait à l’étude.

À mon retour, Mlle Blanche me dit avec une certaine ironie :

― Votre confession a été bien longue, Adeline. Vous aviez donc de nombreuses fautes à avouer ? Je ne m’en serais pas doutée. Elles ont une réelle gravité, votre visage est tout chiffonné et votre allure étrange. Je vous prive de récréation pour demain et vous me copierez tout le premier acte d’Athalie. Les vers parleront de poésie à votre âme.

Ce réveil voluptueux, mon petit Paul, était désagréable. Je me soumis sans murmurer.

Bons baisers de ta sœur.

Adeline.

II. DE LA MÊME AU MÊME

L’aumônier m’avait promis sa protection, il tint parole.

Il s’écoula quelques jours avant qu’il n’eût l’occasion de s’occuper de ma personne, mais ayant appris la punition infligée pour la longueur de ma confession, un matin il me fit appeler chez Mlle Juliette avec ma maîtresse.

― Je viens de lire sur le cahier des punitions, dit-il à Blanche, celle que vous donnâtes à Adeline. J’avais oublié de lui remettre son billet de justification. Cette punition est injuste et je demande à Juliette de lui accorder en compensation le cordon bleu. Elle la récompensera ainsi de sa soumission et de sa résignation, je la prends sous ma protection et j’exige qu’on ne la tracasse pas.

― Je serai d’autant plus heureuse de la distinction dont elle est l’objet, répondit Blanche, qui, quoique paraissant la bouder, elle ne m’en montre aucune rancune et, bien au contraire, travaille avec encore plus de zèle et de bonne volonté.

Juliette m’embrassa sur les deux joues et me passa autour du cou une faveur bleue, ornée d’une étoile.

Cette récompense m’octroyait le droit de me coucher à ma fantaisie à onze heures, et de me lever à huit, la faculté de circuler librement dans la maison, en dehors des heures de classe et de l’étude du soir.

La protection de l’aumônier, ainsi proclamée, me constituait en quelque sorte une position de petite sultane favorite, me permettant d’en appeler pour les peines de mes amies.

Il se contenta ce matin de m’embrasser sur le front et je revins à l’étude avec Blanche qui annonça à mes camarades ma récompense et ma bonne fortune auprès de l’aumônier.

Malgré la mauvaise humeur d’Isabelle à mon égard, Angèle ne partagea pas sa colère et me conserva son amitié.

Je passais souvent mes récréations à causer avec cette excellente amie qui, lorsqu’elle me sentait les sens émoustillés, m’amenait dans sa chambre et me satisfaisait de son mieux, pour ne pas m’exposer à des désagréments. C’était comme le bon pain assuré, mais cela manquait d’imprévu, et je désirais Isabelle, par cela même qu’elle m’insultait toutes les fois que nous nous trouvions seules.

Pas une fois dans ces rencontres elle ne m’épargna.

Enfonçant un doigt dans la bouche, elle me disait :

― Cochonne, suceuse, cours vers les hommes.

Cela me fâchait et m’irritait. Je n’osais parler à personne. Le cordon bleu me permit d’avoir le mot de cette fureur persévérante.

Marie Rougemont, sa peine expirée, reprit sa place à mon côté. Un jour, elle me dit tout bas :

― Tu peux mener partout avec toi, dans la maison, une de tes amies pendant les récréations. Conduis-moi au dortoir pour que nous recommencions la petite chose de l’autre nuit. On ne nous punira pas.

J’y consentis ; mais, avant de retrousser les jupes pour prêter mon cul aux fantaisies de ma camarade, je lui racontai les vilains procédés de sa grande amie à mon égard.

― Bon, dit-elle, si tu lui avais répliqué, en la traitant de sodomite, d’enculée, si tu t’étais jetée sur elle et l’avais fortement fouettée, elle t’adorerait et te lécherait des pieds à la tête. Elle est ainsi. Elle veut des romans avec les élèves ; puis, à la moindre aventure, elle se brouille, les agonise de sottises, en s’arrangeant à ne pas être surprise. Elle a agi de la sorte avec Athénaïs qui lui administra une bonne raclée et depuis elles sont d’accord. Tu es forte et quoiqu’elle soit nerveuse, ne la ménage pas à la première occasion. Tu verras que, comme elle a le caprice de toi, elle te mangera de caresses.

― Qu’est-ce que c’est que sodomite, enculée ?

― Tu ne le sais pas ? C’est recevoir dans le cul la queue d’un homme.

― La queue ?

― La machine, pardi. Isabelle est la préférée de M. Dandin qui la lui fourre toujours, à ce que j’ai entendu dire par les grandes.

― Je te remercie et tu peux t’amuser avec mon cul tant qu’il te plaira.

La petite coquine prit sa revanche, elle me fourragea tant et si bien avec sa langue au bon endroit, au trou, que je déchargeai deux fois. Elle termina sa jouissance par une fessée de six à sept claques que je supportais pour qu’elle se vengeât de celles supportées en mon honneur.

La classe se passa très bien ; à la fin de la leçon, Mlle Robert ayant remis une note à Blanche, celle-ci me dit :

― À la récréation, vous vous rendrez à la chapelle où vous attend monsieur l’aumônier.

Je compris qu’il allait exercer ses petits droits de seigneur et, du reste, les regards et les propos des élèves me l’eussent révélé en cas de doute.

L’une d’elles me dit : avant de faire ce qu’il te demandera, prie-le de donner une fête de nuit pour te fêter. Tu sais, on danse, on s’amuse, tu n’en as pas idée.

Une autre me souffla :

― Demande-lui une inspection des dortoirs ; il y a après de bien drôles et de bien bonnes choses.

Et une troisième :

― Ne te gêne pas. Tu sais, il a toujours le goût des nouvelles. Si tu as des fantaisies, dis-lui, et tu verras que toute la maison s’y soumettra. Il est l’un des plus gros actionnaires de la pension et c’est lui qui décide de l’admission des élèves.

L’aumônier m’attendait à la sacristie et il me conduisit au petit salon où nous nous amusâmes avec Isabelle.

Sur une petite table, un goûter était servi et il m’invita à manger et à boire.

Tandis que je contentais ma gourmandise, sa main s’appuyait sur mes genoux et ses yeux brillaient de mille feux.

Je souriais et je le laissais faire, grignotant des gâteaux.

Sa main glissa sous mes jupes ; il me chatouillait entre les cuisses. Puis, m’asseyant sur ses genoux, jupes retroussées, il mit sa grosse machine, sa queue, dans la fente de me fesses et, m’enlaçant, il croisa les mains sur mon ventre, me soulevant parfois par la vigueur de sa chose qui voulait se tenir toute droite.

Quand j’eus achevé de manger et de boire :

― Ma petite protégée, ma petite mignonne, avant de commencer à jouir, je veux faire quelque chose pour toi. Dicte un de tes ordres et on l’exécutera. Tu peux me tutoyer dans le plaisir.

― Alors, c’est bien vrai que je suis comme ta petite sultane ?

― Qui t’a dit ça, chérie ?

― Une de mes amies.

― Nomme-la-moi.

― Pourquoi ? Tu penserais peut-être à elle et, moi, je veux rester ta petite sultane.

Ma réponse l’enchanta. Il envoya sa langue dans ma bouche et je me pressai contre son cœur.

― Tu es une petite rouée, et je ne crois pas qu’ici malgré tous leurs succès, il t’en arrive une à la cheville.

― Tu dis ça parce que je suis nouvelle.

― Oh, la coquette ! Elle me damnerait, si ce n’était déjà fait. Voyons, que demandes-tu ?

― Une fête de nuit.

― On te l’a indiqué. Je voudrais quelque chose qui te plut en particulier.

― Mais je m’amuserai à la fête de nuit.

― Soit ! C’est entendu pour la fin de la semaine. On se reposera dimanche matin. Maintenant, suce-moi un peu. Puis tu t’abandonneras comme avec l’abbé Dussal.

Un frisson me parcourut tout le corps.

Assise sur ses genoux, je sentais sa queue qui courait partout sous mon cul. La reniflant au milieu de la raie, sur les fesses, il me semblait qu’elle était encore plus grosse qu’en réalité par la facilité avec laquelle elle me poussait de côté et d’autre.

Je lui jetai les bras autour du cou et il me répliqua :

― Ne crains rien, ma mignonne. Les chairs se prêtent, et si cela t’écorche un peu la première fois, il n’y paraîtra plus ensuite. Je te lécherai. Avant de t’approcher, je mettrai beaucoup de salive au trou et ça entrera comme dans du beurre.

Il ne me déshabilla pas. Il dégrafa mon corsage, me tripota les seins, et je m’agenouillai entre ses jambes pour le sucer.

Il ne prolongea pas trop ce plaisir. Il m’étendit sur un divan et, avec la langue entre mes fesses, il me donna de rapides coups sur le trou qui l’excitèrent et l’enragèrent.

Il bava dessus et quand il l’eut enduit de sa salive épaisse, comme le boa pour sa victime, il m’attira entre ses cuisses et m’imprima un premier mouvement. Le gland ne parvint pas à disjoindre l’orifice. Il le dirigea avec la main, je m’arc-boutai et la chair céda, mais je ne poussais pas un cri, j’éprouvais une forte douleur.

Il était lancé, il n’écoutait plus rien.

Il appliqua la main sur ma bouche comme pour étouffer mes cris. Je baisai et mordis cette main, mon cul répondait à son assaut, la douleur luttait avec la volupté, sa queue pénétra mieux que dans ma bouche, sa rosée m’inonda, elle me produisit l’effet d’un baume merveilleux, cicatrisant la blessure.

II avait joui et bien joui.

Satisfait, il me contemplait avec une admiration qui me gonfla d’orgueil.

Je devinai que mon empire s’assurait sur les sens de cette autorité de la maison, et qu’une nouvelle ère de félicités allait s’ouvrir pour moi.

Il me confessa le pouvoir que j’acquérais sur sa pensée.

― Ma petite, dit-il, tu es une enfant et tu es une femme. Tu réunis dans ta personne l’agrément de tes maîtresses et de tes camarades. Tu es une nature qu’a deviné et formé mon vieil ami Dussal. Je ne veux pas être jaloux. Ces Messieurs te disputeront à mes plaisirs. Rappelle-toi que je suis le plus puissant d’entre tous et que, si tu sais te modérer avec eux, sinon les éconduire, pour te conserver à mes voluptés, tu seras plus maîtresse dans cette pension que les dames Géraud elles-mêmes.

Penses-tu à cela, mon Paul, penses-tu à ce pouvoir accordé à ta chère sœur ? Ah ! que ne puis-je solliciter qu’on t’amène ici ; je voudrais que tu partageasses mes joies et mes ivresses.

Déjà femme par tout ce que j’apprenais, à cette boutade de l’aumônier, je répondis de la seule façon possible. Je posai mes lèvres sur les siennes et j’eus le bonheur de lui arracher ce gros soupir :

― Je ne veux pas que tu manques tes études ; ne me pousse pas à recommencer. Je te verrai souvent. Fais vite ta toilette et sauve-toi, petit démon.

À bientôt d’autres nouvelles, mon petit frère.

Ta sœur, Adeline.

III. DE LA MÊME AU MÊME

Comme j’étais fiévreuse en jugeant mon pouvoir, tu ne saurais t’en faire une idée.

Une seule crainte me tourmentait l’esprit : celle d’exciter la jalousie des demoiselles Géraud et de mes maîtresses ; il n’en fut rien.

Dans la soirée, après le coucher des moyennes et des petites. Juliette et Fanny, qui s’étaient jointes aux grandes surveillantes, m’attirèrent dans an coin et nous causâmes.

― Votre éducation et votre instruction, ma chère enfant, me dit Juliette, ne laissent rien à désirer. Votre précepteur vous a poussé très bien et vous êtes en avance sur vos camarades. D’un autre côté, votre croissance physique marche en proportion. Vous seriez donc de nos grandes si notre règle n’imposait de façon absolue l’âge de 15 ans et la vacance créée par le départ d’une élève. En attendant qu’il nous soit possible de vous classer ainsi, nous vous considérons comme appartenant à une classe intermédiaire. La protection de l’aumônier, aussi ouvertement accordée (ce qui n’a encore été fait pour aucune autre élève), vous crée une situation à peu près exceptionnelle. Il deviendra indispensable que vous entriez dans la confrérie des Filles Rouges, nous en parlerons plus tard. Nous nous en rapportons jusque-là à tout votre tact, à toute votre gentillesse pour ne mécontenter ni froisser personne. Pourrons-nous compter sur vous.

― Oui, ma chère maîtresse ! Je ne demande qu’à vous obéir et à vous aimer.

Elles m’embrassèrent et Fanny ajouta :

― Pas trop de triomphes à la fois ; d’ici quelque temps, nous vous fêterons à notre tour, chez nous.

Je me couchai à 9 heures pour me lever à 7 heures, n’abusant pas de la permission.

L’occasion que je cherchai pour mettre fin à l’irritante persécution d’Isabelle se présenta ce matin-là.

Comme je m’apprêtais à sortir du dortoir, je me trouvai nez à nez, sur la porte, avec Isabelle.

Nous nous examinâmes un instant des pieds à la tête, puis, prenant son air méchant, elle me dit :

― Tu te figures peut-être que ton ruban bleu et la protection de ton sucé m’arrêtent ! Tu te trompes ; tu n’es qu’une salope et une mangeuse de couilles.

La crudité de ces mots, que je n’avais jamais entendus, dont je compris tout de suite la signification, me jeta dans une violente colère. Je me précipitai sur elle, la tirai par les oreilles, lui lançai deux à trois calottes et, avant qu’elle ne fût revenue de sa surprise devant cette brusque attaque, je la poussai contre un lit, retroussai ses jupes, la frappai du plat de la main et de toutes mes forces sur ses fesses, par-dessus le pantalon, en disant :

― Ah, tu m’appelles salope, ah, tu te sers de si vilains mots que, si Madame l’apprenait, elle sévirait durement ; tiens, tiens, défends-toi, puisque tu es si forte. Voilà un coup de poing sur ton cochon de cul, espèce d’enculée, de sodomite. Ah, que j’ai été bête de te le caresser. Si tu m’instilles encore, je ne te prends pas en traître, j’en référerai à Mlle Juliette, et ce sera tant pis pour toi.

Elle avait d’abord essayé de ruer, mais la rage décuplait mes forces et, de plus, comme elle était très petite malgré la vigueur de ses nerfs, par cela qu’elle se sentait fautive, elle se défendait mal.

Dans mes bourrades, je déchirai son pantalon et apercevant un morceau de chair, la méchanceté m’envahissant l’esprit, je la pinçai avec furie ; elle allait pousser un cri de douleur lorsque des sanglots la suffoquèrent et elle s’avoua vaincue.

J’appuyai de tout mon poids sur les reins et ma main la fustigeant sans pitié, ses pleurs finirent par suspendre mes coups. Elle murmura :

― Pardonne-moi, pardonne-moi. Je ne t’outragerai plus ; le dépit m’excitait pour deux raisons : d’abord parce que je voulais être ton amie préférée ; ensuite, parce que je guignais la faveur de l’aumônier. Ne me frappe pas, je suis ton aînée. Allons, ma méchante, faisons la paix.

Défiante, j’observais la défensive. Elle joignit les mains en me contemplant avec des yeux d’enjôleuse, et continua :

― Dis, Adeline, redevenons amies ; n’est-ce pas à mon rendez-vous que tu dois les bonheurs qui t’arrivent ? Sois gentille ! Veux-tu, je serai ton amoureuse selon ton accord.

Elle était vraiment à croquer, cette mignonne créature, dans sa pose rie suppliante ; je me souvins des ivresses éprouvées sur son cul, je me raidis et, me rappelant les conseils de Marie, je repris :

― Je ne demande qu’à oublier ; mais tu m’as si gravement insultée qu’il me faut une preuve convaincante de l’amitié amoureuse que tu m’offres.

― Celle que tu imposeras est acceptée d’avance. Je cherchai quelques secondes, puis lui dit :

― Écoute, j’allais au cabinet, quand je t’ai rencontrée. Attends devant la porte que je t’appelle, lorsque j’aurai fini, pour me frotter le cul. Ensuite, tu le laveras et tu me le lécheras. Je pourrais exiger que tu le fisses après que tu aurais passé le papier.

― Si nous sommes surprises, nous risquons la flagellation avec la badine et la protection de l’aumônier ne t’en préservera pas.

― Tant pis ! je veux cela et pas autre chose.

― Soit, je consens.

Le petit réduit n’était pas loin. Elle fit le guet et dès que j’eus achevé, elle prit le papier et m’en essuya les fesses que je lui présentais.

Elle rit en me disant :

― Il n’y a pas de trace ; le travail n’est pas pénible. Du reste, le cul est si beau et si blanc, qu’il exclurait toute répugnance. Je te lèche de suite si tu l’ordonnes.

― Non, après l’eau seulement.

Nous revînmes nu dortoir, elle me lava, me bichonna, me parfuma ; me penchant le haut du corps sur le lit, elle glissa sa fine tête à l’entrebâillement du pantalon et me rendit au centuple les caresses dont je la dévorai au fameux rendez-vous de la chapelle.

L’extase ne nous était pas permise. L’heure de la classe approchait, nous nous séparâmes en nous promettant de fréquentes entrevues.

Hélas ? L’une et l’autre nous devions expier ma sotte exigence ! La petite Lise Carrin entendit notre discussion !

Elle courut raconter l’affaire à Mlle Robert et celle-ci assista à la fin de nos ébats, contrôlant ainsi la dénonciation de l’enfant.

Elle en adressa un rapport aux demoiselles Géraud.

À la fin de la classe, on me manda auprès de Mlle Juliette.

Très ennuyée de l’histoire, elle me dit :

― Vous avez commis, Adeline, de complicité avec Isabelle, l’une des plus grosses fautes dont cette maison ait été le témoin. Je voudrais vous soustraire l’une et l’autre au châtiment, qui ne manquera pas de provoquer la colère de deux des personnes dont l’appui m’est précieux ; cela m’est impossible à cause de l’élève qui vous a vu. Vous me trouvez chagrinée, irritée et, je vous le dis franchement, effrayée sur les conséquences de votre étourderie. Des mots ont été prononcés dont je ne m’explique pas la provenance. Je sais qu’Isabelle est une nature turbulente, parfois dangereuse, un esprit vicié dès la première heure et que nous avons eu beaucoup de mal à régler. Mais vous, élevée dans une famille honnête, pure, comment sûtes-vous les mots qu’on m’a répétés ? Probablement quelque camarade vous les aura soufflés, et je ne vous inciterai pas à la délation. Ne les employez plus à l’avenir. Croyez-en mon expérience. Le plaisir est une chose si belle et si douce qu’il ne faut jamais le ternir par des expressions grossières. Votre cas entraîne la flagellation par la badine, le retrait du ruban bleu, la séparation d’avec vos compagnes pour un mois et des pensums journaliers, jamais l’aumônier n’autorisera cette sévérité. En faveur de cette protection, je tournerai la difficulté. Sauf les heures de classe, vous n’aurez aucun contact avec vos amies et on vous ramènera dans mes appartements où l’on vous supposera en punition. Cela durera jusqu’au jour de la flagellation que vous ne pouvez éviter. Après, à cause de la fête de nuit que vous m’avez demandé, je lèverai toutes les punitions et vos camarades ne crieront pas à l’injustice puisqu’elles vous seront redevables de leurs plaisirs. Je vous en supplie, dans votre intérêt comme dans le nôtre, fuyez de pareilles algarades ou précautionnez-vous pour qu’aucun élève ne s’en doute. Vos maîtresses fermeront les yeux.

Si une certaine terreur m’emplissait l’âme au sujet des coups de badine promis à mon pauvre postérieur, je ressentais d’un autre côté une grande joie en constatant l’importance que me valait la protection de l’aumônier.

Il était mon amant avoué, reconnu, et ma volonté comptait beaucoup pour lui.

J’en eus la preuve le soir même.

Sur les six heures et demie, je travaillais à mes devoirs dans le petit salon de Mlle Fanny. L’aumônier entra, tout ému, m’apportant une jolie boîte de bonbons.

Il connaissait l’affaire et il me conta qu’il s’était vertement fâché, qu’il n’entendait pas qu’on n’abîmât mes gentilles fesses, qu’il avait menacé de ne plus mettre les pieds dans la maison si l’on ne profitait pas de la fête de nuit pour enlever sur-le-champ cette punition et toutes les autres.

― Mademoiselle a-t-elle consenti ? demandai-je.

― Non. Elle prétend que l’exemple est nécessaire. Je m’en moque de l’exemple. Ce n’est pas lorsque je rencontre une nature si délicate, si charmante que je l’abandonnerai à des coups de cravache.

― Laissez faire, je me soumets. Une petite a vu ce que nous aurions dû cacher. La souffrance ne durera qu’un moment ; je m’y résigne et si vous nourrissez quelque affection pour votre jeune amie, ne vous fâchez pas contre ma chère maîtresse.

― Elle est accomplie ! Ah, mon enfant, vous ignorez l’effet des coups ! Plus de vingt-quatre heures votre derrière endommagé refusera le plaisir !

― S’il vous plaît d’en user avant ou après, vous le frotterez dispos.

Il me baisa sur les yeux et répondit :

― Je dois le ménager. Il ne faut pas trop le fatiguer avec ma grosse queue ! Je vous aime vraiment, ma mignonne !

Sur ces mots, il guida sa main vers son terrible engin, et je le branlai (je deviens savante), selon ses indications.

Il ne voulut même pas que je le suçasse ; il s’essayait à dominer ses sens pour me pénétrer de l’empire qu’il m’autorisait à exercer sur lui.

Fanny nous surprit dans cette attitude et dit à l’aumônier :

― Vous nous gâterez cette chère enfant !

― Non, ma chère amie ! Elle vient de me demander elle-même de ne pas la soustraire à la flagellation, et la pension a fait dans sa personne une précieuse conquête.

― Il suffit que vous l’ayez remarqué, pour qu’elle affirme sa valeur.

La queue de l’aumônier, dure comme une pierre, se tendait dans mes doigts ; le désir me poursuivait. Une idée folle s’empara de mon esprit. Fanny se trouvait à portée de ma main, je la pris par sa robe, la retroussai brusquement par devant et lui poussai les cuisses contre celles de l’aumônier.

Ne l’espérait-elle pas ? Elle fut de suite à cheval et ses yeux humides me témoignèrent sa reconnaissance.

L’aumônier n’hésita pas. Il l’enfourna et, voulant jouir du spectacle, je m’accroupis sur le sol, par derrière Fanny, dont je relevai les jupes. J’aperçus la queue qui manœuvrait dans son conin.

Par dessous, je joignis mes coups de langue tantôt au cul de Fanny, tantôt aux couilles de l’aumônier, et bientôt ils tressautèrent dans des transports enragés.

Étendu sous eux, la jupe retroussée, je me grattais le bouton et je déchargeai comme l’extase les emportait.