PETITES ET GRANDES FILLES - Lecture en ligne - Partie 1

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Lecture en ligne "PETITES ET GRANDES FILLES"

Alphonse Momas

Petites et grandes filles

-1893

Chapitre I

DÉPART POUR LA PENSION

I

II

III

IV

V

Chapitre II

LA FLAGELLATION

I. ADELINE À PAUL

II. DE LA MÊME AU MÊME

III. DE LA MÊME AU MÊME

IV. DE LA MÊME AU MÊME

V. DE LA MÊME AU MÊME

Chapitre III

LA FÊTE DE NUIT

ADELINE À PAUL

II. DE LA MÊME AU MÊME

III. DE LA MÊME AU MÊME

IV. DE LA MÊME AU MÊME

V. DE LA MÊME AU MÊME

VI. DE LA MÊME AU MÊME

Chapitre IV

LES OFFICES ROUGES

I. ADELINE À PAUL

II. DE LA MÊME AU MÊME

III. DE LA MÊME AU MÊME

IV. DE LA MÊME AU MÊME

V. DE LA MÊME AU MÊME

Chapitre I

DÉPART POUR LA PENSION

I

Le plus grand silence régnait dans la maison Mirzan, à Chartres, et rien ne trahissait la triste aventure qui venait de s’y accomplir.

Pas un éclat de voix ne révéla au dehors l’explosion de colère qui domina M. Francisque Mirzan, lorsque, appelé par sa femme, il constata le flagrant délit de libertinage dans lequel ses deux enfants, Adeline et Paul, s’étaient laissés surprendre.

Une verte raclée de coups de canne sur les reins des deux coupables, qu’on enferma ensuite dans leurs chambres, une bordée de mots où brillaient les épithètes de salauds, de gibiers d’échafauds, de scélérats, destinés à déshonorer leurs parents, etc., puis, le calme, la prostration, les pleurs de la mère, les réflexions du père, et la décision de les expédier internes, l’un dans un lycée, l’autre dans un couvent.

M. Mirzan, un magistrat de l’ancienne école, représentait l’austérité même ; Mme Isabelle Mirzan, la dévotion la plus excessive.

Paul Mirzan, âgé de treize ans, reçut avec rage et fureur la correction paternelle ; Adeline Mirzan, âgé de quatorze ans et demi, la plus coupable dans l’affaire, la reçut avec une glaciale et superbe impassibilité.

On élevait les enfants à la maison. Un abbé leur faisait la classe ; aucun signe précurseur ne signala des instincts pervers, l’événement frappa comme un coup de foudre, et cependant, de lointaines ramifications le rattachaient au passé.

Dès sa première communion accomplie, à l’âge de douze ans, Adeline, nature précoce et vivace, ressentit de subites curiosités, qui allumèrent son sang, et la portèrent à comprendre vite ce qu’on cache aux enfants.

Grande pour son âge, élancée, les membres déliés, c’était une jolie blondinette aux yeux naïfs, dissimulant les arrière-pensées que nourrissait son jeune esprit.

L’abbé, chargé de l’instruction et de l’éducation des deux enfants, un homme entre deux âges, présentait toutes les conditions voulues pour la fonction dont on le chargea.

Laid, rabougri, presque difforme, marqué de la petite vérole, ayant toujours eu une existence difficile, sa reconnaissance et sa sévérité de mœurs le garantissaient aux époux Mirzan.

Il arriva que cet homme, ce saint, devinât l’éveil sensuel de la jeune Adeline et en éprouva le contrecoup.

À certaines langueurs du regard, à certains énervements qui la saisissaient par le fait d’un heurt involontaire, à certains soupirs lorsqu’il darda sur elle ses yeux luisants et concupiscents, il reconnut le terrain propice pour de savantes manœuvres et il n’hésita pas à le cultiver.

Jouissant de la plus complète liberté pour la conduite de ses élèves, il commença par retenir, de temps en temps, la fillette après les leçons, sous prétexte de lui expliquer un chapitre moins bien travaillé, de l’aider à résoudre un problème un peu compliqué, et alors, les chaises rapprochées, les yeux fixés sur les cahiers, dans la solitude de la salle d’étude, la jambe du prêtre, se balançant, rencontrait celle d’Adeline qui ne se retirait pas.

Les mains se rassemblaient, et tout en professant, l’abbé Dussal conservait celles de la petite entre les siennes, les chauffant d’un étrange feu, dont elle rougissait et dont elle se délectait.

Les préliminaires se posaient.

L’enfant, habituée à la laideur de l’abbé, sentait que l’heure se levait où il serait le révélateur de tout ce qu’elle brûlait de savoir, et elle l’encourageait de son mieux.

La crainte du scandale, en cas d’insuccès ou de surprise, arrêtait seule l’instituteur.

Adeline franchit ses treize ans ; ses formes se dessinèrent maigrelettes, mais bonnes prometteuses. Tout dans son corps accusa le besoin de la chair ; telle que la chienne en chaleur. Il y eut des tâtonnements de part et d’autre, et ces tâtonnements ressemblaient à de la volupté, par la certitude de ce qu’ils annonçaient.

Adeline travaillait avec ardeur pour fournir à son professeur les occasions de prolonger son cours, et la famille s’émerveillait devant ses progrès, devant son désir d’apprendre.

Un jour qu’il tenait la main d’Adeline penchée sur le livre, il la porta à ses lèvres et suça le petit doigt avec une telle discrétion qu’elle ferma les yeux et se renversa en arrière.

Effrayé, il lâcha la main, se retourna pour l’interroger, et la vit, crispant les doigts par-dessus la robe, vers les cuisses.

Sa main rejoignit la sienne, et Adeline, ouvrant les yeux, sourit, entremêlant les doigts aux siens, les serrant de telle façon entre les cuisses que la jupe, une jupe encore courte, remonta jusqu’au-delà du genou.

Il eut une dernière hésitation, jeta un regard sournois autour de lui puis, brusquement, la retroussa, glissa la main entre le pantalon et la dirigea au conin.

Ah, comme elle écarta vite les cuisses où apparaissaient à peine quelques poils follets ; comme elle facilita, et combien elle jouit à ce contact du mâle sur ses parties sexuelles !

Elle se prêtait délicieusement aux investigations de cette friponne qui la chatouillait si gentiment, et envoyait des éclaireurs vers les fesses ! Cela dura une minute, un siècle de félicité ; l’abbé, sous sa soutane, déchargea une ample dose de sperme.

Ensuite, sans un mot, ils se remirent en place et reprirent la leçon. La glace était rompue ; on allait chercher à augmenter le cadre des voluptés qu’on rêvait.

Ni l’un ni l’autre ne dormirent cette nuit. Adeline, prise d’une fatigue persistante, dut garder le lit toute la journée suivante.

L’abbé se trouvait sur des charbons ardents ; si l’on venait à soupçonner la cause de cette quasi-indisposition.

Il apporta la plus minutieuse attention au travail du jeune garçon qui mordait moins bien que sa sœur à la science.

Le surlendemain, dès qu’il fut seul avec la fillette, le même regard qu’ils s’échangèrent leur révéla que toutes les audaces ne demandaient qu’à être encouragées.

Lentement, il la mit debout devant la table, comme pour réciter une leçon ; il glissa la main sous les jupes, par derrière, arriva aux fesses, de gentilles jumelles, embrasées d’un feu extraordinaire.

Il les manipula avec tendresse, puis s’aventura entre les cuisses qui s’écartèrent doucement, remonta par devant vers le ventre, qui se bomba, gratouilla le conin, et admira la présence d’esprit de l’enfant qui se pencha sur la table, les yeux fixés sur le cahier ouvert, non pour lire, mais pour le faciliter dans ses attouchements.

Elle s’appuya sur les coudes, arrondissant la chute des reins, et il rejeta les jupes en l’air, ouvrit le pantalon, contempla avec une demi-extase la blancheur du cul ne se refusant pas à son examen.

Tous deux poussèrent un gros soupir et, subitement, ils se réinstallèrent à l’étude : il leur avait semblé entendre un bruit de pas.

L’alerte passée, un moment ils étudièrent, puis l’abbé enlaça Adeline qui se rapprocha et lui donna le premier baiser sur les lèvres.

La fillette n’aspirait qu’à marcher. Elle rendit de très habile manière la caresse, se pencha un peu plus en avant, quand elle vit l’abbé retrousser la soutane, et ne refusa pas de toucher le monstre velu qu’il lui présentait.

Au contact de cette petite main, à sa seule pression, priape se gonfla et répandit de suite son ondée, provoquant le même résultat chez sa jeune amie.

L’échauffement était tel que les armes partaient au premier choc.

On répara tant bien que mal les traces de cette extase, trop vite produite ; l’enfant n’osa interroger.

II

L’entente s’établissait.

Ils observèrent une très grande prudence et espacèrent les occasions de plaisirs.

Adeline attendait la première attaque ; l’abbé, soulagé par ses abondantes et rapides éjaculations, savourait sa félicité, ruminait aux moyens d’augmenter les occasions et d’élargir son champ d’action.

À les voir d’une placidité parfaite, ne modifiant en rien leur attitude, on ne pouvait deviner le travail libertin qui s’accomplissait dans leur esprit.

Plus d’une semaine, ils ne se retrouvèrent seuls après la leçon ; l’abbé se devait de ne pas négliger le garçon et de ne pas constamment retenir sa sœur.

Aussi, lorsque la porte se fut refermée pour leur nouveau tête-à-tête, le cœur battit fort à Adeline, guettant les moindres mouvements de son professeur.

Sous la table, il envoya la main vers ses genoux, ramena ses jupes, et prestement la dirigea entre les cuisses, qu’il trouva bien écartées.

Il commença à chatouiller avec finesse, puis à branler, et elle se tourna de son côté, pour qu’il eût toutes ses aises.

Sa main tremblait de fièvre ; ses lèvres lippues désiraient approcher ces primeurs, il ne savait comment s’y prendre, de peur du bruit, de peur de cet événement imprévu qui livre votre secret à un indiscret.

Il avait suspendu son pelotage ; comme l’autre fois, il la plaça debout, mais le dos tourné à la table ; il la fit tenir ses robes relevées ; il se pencha et sa langue parvint à deux ou trois longues reprises au conin.

― Oh ! mon dieu, murmura-t-elle, défaillante. Il s’arrêta, le sang à la tête, congestionné. Adeline soutenait toujours ses jupes ; brusquement il découvrit sa soutane et, s’approchant, il darda droit la queue entre les cuisses. Un frisson la parcourut, elle choqua des dents et, d’une main, elle saisit avec force le gland qui la caressait de si agréable façon.

La folie menaçait de les entraîner plus loin qu’ils ne voulaient ; dans un écart du dos, elle jeta à terre tous ses livres ; instantanément, ils se remirent en posture de travail ; l’abbé ramassa les bouquins et commença une explication scientifique quelconque.

On ne les troubla pas, ils s’enlacèrent et se becquetèrent.

À son tour, l’abbé se leva et, sans vergogne, tendit sa queue aux lèvres de son élève.

Ne comprenant pas ce qu’il sollicitait, elle l’embrassa avec timidité ; mais il la poussa contre les dents, les desserra et l’introduisit dans la bouche.

Des bribes de caresses, il ne leur était pas permis de se procurer une longue suite d’ivresse.

Ils quittaient et reprenaient le travail, échangeaient des attouchements, se favorisaient de leur mieux par les lèvres, mais suspendaient rapidement la volupté dès que la raison s’égarait.

L’un et l’autre sentaient leurs cuisses se mouiller sans éprouver l’acre sensation des autres joies.

Ils désiraient trop et ils redoutaient tout.

Ils se séparèrent, n’ayant pas calmé l’appétit de leur sens.

Cette nuit là encore, l’abbé ne ferma pas l’œil.

Il couchait au fond d’un couloir, non loin duquel se trouvait le petit cabinet. Adeline avait sa chambre à côté de celle de sa mère, que n’eut pas éveillée la détonation d’un canon.

À une heure du matin, la fillette, qui ne cessait de s’agiter dans sa couche, descendit avec précaution de son lit passa un jupon et ses mules et sortit tout doucement.

Elle se dirigea droit vers la porte de l’abbé.

Pressentit-il l’aventure, ou s’appliqua-t-il à la magnétiser à distance ? La porte entrouverte témoigna à Adeline qu’on l’attendait.

Elle entra sans hésitation et, à tâtons, guidée par la respiration du prêtre, s’approcha du lit. Étendant les bras en avant, elle rencontra les mains de l’abbé qui lui poussa la tête vers ses cuisses où priape dressait son orgueilleux panache.

Oh ! cette seconde ! elle l’eût payée de vingt mille lignes à copier !

Sa bouche s’empara de la queue et l’engloutit à plusieurs reprises, tandis que l’abbé la retroussait, lui pelotait les fesses et le conin, enfonçant le petit doigt dans le trou du cul qui pétillait de volupté à chaque mouvement.

Par moment elle s’arrêtait, appuyait les joues sur les cuisses de l’heureux gaillard, gardait priape dans la main, et s’en tapotait le visage.

L’abbé promenait alors les mains vers la gorgerette et constatait la naissance de deux nénés mignons, promettant à ses attouchements.

Il saisissait sa queue, la repiquait vers les lèvres qui s’ouvraient gloutonnement, et il se masturbait pour éjaculer plus vite dans cette jeune bouche.

Devinait-elle sont but ? Elle le repoussait soudain, se reculait jusque vers les genoux, et il s’installait sur son séant pour la rattraper.

Une fois même il sauta à bas du lit ; l’enfant s’était tout à fait éloignée, il la chercha et la trouva toute nue, débarrassée de son jupon et de sa chemise, debout vers le pied.

Il la prit à bras-le-corps, renferma dans ses jambes et fourra sa queue entre la raie des fesses.

Se collant contre son ventre, elle murmura :

― C’est trop ! ha, que c’est bon !

Ce petit corps ployant sous le sien, il répandit le long de la fente du cul un jet épais de sperme.

Avec un mouchoir, il l’essuya ; dans l’oreille, il lui recommanda de bien se laver, et la renvoya, malgré qu’elle eût bien voulu encore recommencer.

III

L’abbé était un homme prudent.

L’enfant partie, il mesura le danger auquel il s’exposait si elle prenait l’habitude de pareilles escapades nocturnes.

Il trembla sur les conséquences d’une surprise, sans compter qu’à ce jeu la santé d’Adeline finirait par s’étioler.

Puis il envisagea l’hypothèse d’un refroidissement possible en circulant demi-nu par les couloirs, et il en eut une folle terreur.

Aussi, le lendemain, tout en la retenant après la leçon, il conserva son air magistral, ne l’encouragea en rien, la glaçant dans ses tentations félines.

Au moment de la quitter, il lui dit :

― Vous avez commis une imprudence, cette nuit, ne recommencez pas sans mon avis. Sans quoi, je suspendrai nos petits plaisirs.

Elle prit sa main, la baisa et, suppliante, répondit :

― Ne m’en veuillez pas, je pensais à notre joie si grande. C’était si bon ! Vous me pardonnerez ?

― Oui, oui, mais évitons les sottises. Vous êtes une fille d’esprit et d’intelligence ; pour conserver le bonheur, il faut savoir le cacher à tous.

― Soyez tranquille, monsieur l’abbé, je mourrais plutôt que de trahir notre secret.

Comme tous les hommes, l’abbé possédait une grande dose d’égoïsme. Ses forces limitées l’astreignaient à des désirs espacés, et cela fut heureux pour la santé de la fillette qui sut se régler pendant quelque temps sur ses caprices.

Cependant, le tempérament s’éveilla avec les formes, s’accentuant sous une pousse soudaine ; les règles apparurent vers les treize ans et demi ; l’abbé s’échauffa au jeu et les attouchements des leçons ne lui suffirent plus.

Lui-même, peu de mois après cette aventure, en sollicita une deuxième édition.

Adeline le masturbait, le suçait, se laissait peloter le con et les seins. Il rêva de l’enculer pour jouir de son jeune corps, sans le danger de la procréation.

Il lui dit :

― Si vous savez bien prendre vos précautions, ma porte restera ouverte cette nuit, et je vous attendrai.

La fillette eut comme un brouillard sur les yeux et lui répondit :

― Oh, oui, je les prendrai et on ne nous surprendra pas ; je me cacherai au besoin sous votre lit et personne ne m’y soupçonnera.

Elle promettait Mlle Mirzan !

L’abbé, dans sa chambre, inspecta minutieusement ses matelas, son sommier, vérifia si rien ne criait, et ne risquait de le dénoncer en cas de mouvements trop brusques et, sur du silence de ces divers témoins, se coucha vert-nu.

À la même heure que la fois précédente, sans que la porte repoussée annonçât le passage de la visiteuse, il entendit un léger frôlement sur le tapis, aperçut un souffle à demi étouffé qui s’approchait, il tendit la main et bientôt saisit les bras d’Adeline qu’elle lançait en avant pour s’orienter.

Il l’attira, et promptement dirigea la main au-dessous du cou pour caresser les seins.

Les coquins s’étaient développés ; il s’en régala, y porta la bouche pour les sucer, et l’effrontée gamine dénoua sa chemise qu’elle laissa retomber sur les pieds avec son jupon.

Elle se pencha en même temps sur l’abbé, de façon à bien se prêter à ses suçons, promena la main sur tout son corps et frissonna à cette nudité masculine.

Il l’arrêta dans ce petit voyage de découvertes lui saisit la tête et leurs lèvres se rencontrèrent et se collèrent.

Leurs soupirs se confondirent, ils ne se lassaient pas d’échanger des coups de langue dans leurs bouches inséparables.

L’extase s’emparait de leurs sens et les premières caresses, non marchandées, les délectaient.

Elle s’arracha à cette volupté pour lui sucer la queue, abandonnant sa croupe au pelotage de l’abbé.

Il ne s’en priva pas.

Caressant toute l’épine dorsale, il manipulait les fesses qui se contorsionnant à ses attouchements, s’arrondissaient pour l’exciter à mille lubricités ; il lançait le médium dans la raie et, doucement, l’introduisait dans le creux du cul, le préparant, l’apprivoisant à l’acte qu’il méditait.

Adeline, parfois, donnait un coup de dos pour suspendre l’exercice, à cause d’une subite souffrance ; mais elle se replaçait aussitôt en position, craignant de le fâcher, et elle engloutissait la queue tout entière dans sa bouche.

Avec une malice, digne d’une rouée, elle poussait la langue sous les couilles, et les soulevait à coups intermittents se précipitant de plus en plus.

Le médium, enfoncé à moitié, l’abbé avec le pouce grattait le conin, écartant les cuisses de la fillette.

Voyant qu’elle s’accoutumait au jeu, il le cessa, attira de nouveau ses lèvres vers les siennes, les baisa, suçant les gouttelettes de son sperme, qui déjà les humectaient.

Il la prit à bras-le-corps, et, doucement, la hissa à ses côtés.

Grimpée sur le lit, elle se pelotonna dans ses bras.

Priape frappait de rudes coups contre le ventre, il la repoussa légèrement, s’assit et, l’installant sur ses cuisses, lui murmura dans l’oreille :

― Veux-tu que nous soyons tout à fait heureux ?

― Oh, oui, comment cela ?

― Tourne-moi le dos, et je te le mettrai dans le cul. Ainsi, nous ne redouterons pas de faire des enfants et nous jouirons comme amant et maîtresse.

― Oh, je veux bien !

― Tu ne crieras pas si tu souffrais en commençant.

― Je poserai un mouchoir sur ma bouche et je le mordrai pour étouffer mes cris.

Elle le tutoyait comme il la tutoyait ; les enfants vont vite dans les voluptés, comme les grandes personnes du reste.

Pressés l’un contre l’autre, ainsi assis sur le lit, ils becquetèrent, se pelotèrent, soupirant, se décidant à grand-peine à se séparer pour hâter la fin de l’entrevue.

Elle n’ignorait pas qu’après sa décharge elle retournerait à sa chambre, et elle tenait encore à s’amuser.

De son côté, il allongeait, pour bien se repaître dans toutes ses fantaisies, pour n’éprouver aucun regret, si elles ne se renouvelaient pas.

Il la souleva debout, et dirigeant son cul sur son visage, il la dévora de feuille de rose, salivant sur le trou pour faciliter sa future besogne.

Ses mains se cramponnaient aux cuisses, et Adeline, avec les siennes qu’elle envoyait en arrière, caressait la tête, oscillait les reins de haut en bas et de bas en haut, pour être bien léchée partout.

Du pied elle touchait priape et le manœuvrait avec assez d’habileté.

Sentant que l’érection approchait, l’abbé l’étendit à son côté et, délicatement, il pointa la queue sur le trou qu’elle lui présentait. Elle ne remuait pas plus qu’une morte, il hésitait, fourrait encore le doigt, puis poussait le gland ; il redoutait, au fond du cœur, quelque chose d’imprévu.

D’un geste hardi, elle écarta les fesses avec les mains, agrandit son trou avec ses doigts crispés et le gland glissa ; elle tressauta mais l’empêcha de reculer.

Il poussa, le gland entra, elle donna un coup de cul, s’arc-bouta en avant, il précipita l’attaque ; le gland avait ouvert le chemin, la queue pénétra, les secousses s’accentuèrent.

Elle ne faillit pas à la jouissance ; elle déchargea en même temps que lui, le maintenant serré contre son dos, par ses mains rejetées en arrière.

Un moment, ils restèrent collés l’un à l’autre ; il sortit sa queue du four qui la brûlait, déclara la séance terminée, lui recommanda de passer au cabinet comme si elle venait de prendre un lavement, afin de bien se débarrasser de toutes les traces de l’affaire.

― N’oublie pas ensuite de bien te laver au cabinet même, dit-il.

― N’aie nulle crainte, répondit-elle avec assurance, je comprends fort bien qu’il faut que rien ne paraisse.

IV

Il devenait impossible d’enrayer le mouvement.

Adeline acquit une vigueur de tempérament, qui ne laissa pas d’embarrasser l’abbé.

Douée d’une profonde astuce, elle débuta merveilleusement dans sa féminité.

Elle coqueta, enragea son professeur qui montra moins de réserve et il l’autorisa à des visites nocturnes plus fréquentes.

Il en résulta des fatigues, des lassitudes, qui inquiétèrent la famille, laquelle ne soupçonnant pas la source du mal, expédia la fillette à la campagne, chez sa grand-mère.

L’abbé, mis en garde, observa la défiance au retour, et Adeline ne trouvant plus de son côté l’aliment qu’elle espérait, se tourna vers son frère.

Paul Mirzan, moins avancé que sa sœur, marchait alors sur ses treize ans. Il s’amusait aux jeux enfantins, ne frayait pas avec les garçonnets de son âge, et vivait dans une quiétude absolue sous le rapport des sens.

Il n’était cependant pas un benêt, mais l’idée cochonne ne luisait pas encore dans son cerveau.

Les enfants ayant toute leur liberté, par cela qu’on les croyait imbus des principes religieux, jouaient ensemble dans leurs récréations qu’ils passaient au jardin, et sans aucune espèce de surveillance.

Un après-midi où Adeline, dépitée de la réserve de l’abbé, assise sur un banc, lisait des yeux une histoire quelconque, son esprit voyageant ailleurs, son regard tomba sur Paul qui, un peu plus loin, avec un canif, creusait un jonc pour essayer d’en fabriquer un sifflet.

Elle fut frappée de sa tournure élégante et pensa qu’il y aurait du plaisir à l’initier à la fameuse science défendue.

Comment s’y prendre ? En allant droit au but.

Elle fit quelques pas, se dissimula derrière un bouquet d’arbres, dénoua adroitement son pantalon et, appelant son frère, lui dit :

― Paul, mon pantalon s’est détaché et je ne puis le ranger, aide-moi.

Se retroussant, elle présenta au jeune garçon le bas de son corps, caché, il est vrai, par la chemise, mais accusant de respectables rotondités, par l’allure qu’elle imprima aux fesses.

Il se baissa pour ramasser le pantalon qui gisait aux pieds de la folle enfant et en se courbant, regarda sous la chemise.

Il eut comme un trait de lumière, releva lentement le pantalon, s’embrouilla et, sans savoir comment, ses mains effleurèrent le cul de sa sœur.

― Oh Paul ! dit-elle simplement.

Mais elle avait soulevé la chemise, le cul apparaissait tout nu et Paul, ne se contentant plus de l’effleurer, le palpait avec beaucoup d’entrain.

― Qu’est-ce que tu fais là ? ajouta-t-elle.

― Ça m’amuse de te tripoter.

― Que tu es bête, pourquoi ça ?

― Je ne sais pas.

― Tu en as bien un pareil !

― Il n’est pas si joli.

― Fais voir.

― Si on nous surprenait, Adeline ?

Elle ne s’en moquait pas mal. Déboutonnant son frère, elle donna la volée à sa quéquette et, simulant l’ébahissement, elle s’écria :

― Ah ! qu’est-ce que tu as donc là ?

― Oh, dit-il à son tour, d’où vient que tu n’en as pas ?

― C’est tout plein gentil, cette machinette !

― Tes mains la brûlent et lui font plaisir.

― Caresse-moi comme je te caresse, oh, c’est bon !

Un craquement de pas les rappela soudain à la prudence ; ils s’apprêtaient à commettre quelque folie.

Se rajustant rapidement, ils représentèrent la plus parfaite innocence aux yeux de la cuisinière qui allait, au fond du jardin, cueillir de la salade.

Ils semblaient étudier les plantes et la fille n’attacha aucune attention à eux.

Sa cueillette terminée, elle repassa, leur sourit et rentra. Dès qu’elle eut disparu, Paul demanda à sa sœur :

― As-tu remis ton pantalon ?

― Oui, mais ça ne fait rien ; regarde, il est ouvert entre les jambes, tu peux passer la main.

― Tu es gentille, amusons-nous, hein, veux-tu ?

― Nous serions mieux ailleurs ; mais on se douterait de quelque chose si nous retournions tout de suite à la maison ; nous nous entendrons pour une autre fois. Oh, qu’est-ce que tu fais là, Paul, ce n’est pas ton nez qu’il faut y enfoncer ; je crois que ce serait plus agréable si tu essayais d’y pousser la machine que tu as entre les cuisses.

Paul, agenouillé sous les jupes d’Adeline, après avoir honoré le devant d’une courte visite, avait passé de l’autre côté et, en gourmet, tortillait les fesses de la fillette, y fourrant le nez dans sa naïveté, les caressant de son front qu’il promenait sur elles, les manipulant avec une émotion grandissante.

Elle se frottait complaisamment contre son visage et tous deux s’excitaient.

Haut, sortant de dessous les jupes pour respirer un moment, elle le fit lever et, s’emparant de sa queue qui bandillait, elle le suça.

Ils comprirent qu’il ne fallait pas allonger le jeu pour ne pas s’exposer à quelque désagrément et ils quittèrent le bosquet où ils s’abritaient.

― Nous recommencerons souvent, dit Paul.

― Oui, répondit Aline, mais en bien nous cachant.

L’abbé flaira-t-il cette rivalité du jeune bambin ? Il s’arrangea pour prévenir la fillette qu’il l’attendrait cette nuit-là.

Ces escapades nocturnes devenaient des plus rares. Il les espaçait à de longs intervalles et c’est à peine si, depuis le retour d’Adeline de la campagne, elles s’étaient renouvelées plus de cinq fois.

Il se satisfaisait avec les pelotages, les décharges lorsque la chair le tourmentait, et se garait des imprévus dangereux des nuitées.

D’un autre côté, la hardiesse de la fillette l’impressionnait et l’effrayait.

Deux fois seulement il la sodomisa, se retenant pour ne pas élargir un trou qui en cas de maladie le dénoncerait.

Il y a des calculs chez les plus pillards.

Dans ces escapades, l’impunité développait le courage et l’audace d’Adeline.

Cette nuit-la, parvenue dans la chambre de l’abbé, elle s’amusa à le faire soupirer.

Révélant sa présence par le heurtement léger d’une chaise, elle resta immobile et, ses yeux s’accoutumant à l’obscurité, elle l’aperçut assis sur son séant, intrigué ; la myopie de ses yeux l’empêchait de la distinguer.

Il étendait les bras pour la saisir ; une jambe pendante sur le rebord du lit, il n’osait remuer de peur de quelque bévue.

Derrière la chaise, elle se débarrassa de sa chemise et de son jupon et, toute nue, vint au pied du lit.

L’abbé vit alors son ombre, et comme elle ne bougeait pas, il se leva et s’en approcha.

Il l’enveloppa de ses bras, et elle n’opposa aucun mouvement.

La pelotant avec ardeur, il s’accroupit sur le sol, la dévorant de minettes, de feuilles de rose, et commença le jeu du médecin au trou du cul.

Elle résista, et il l’enlaça, la baisant sur le nombril, la ceinture, les seins, la pressant de plus en plus contre lui.

La coquine lui tirant la chemise vers le cou témoigna qu’elle le désirait nu.

Il s’empressa d’obéir ; et alors, se penchant sur son épaule, elle abandonna ses lèvres à ses suçons et l’affola de telle façon qu’il chercha à enfoncer le doigt dans le conin.

Elle serra les cuisses et roula sur le tapis à ses côtés.

À quatre pattes, il lui lécha le trou du cul, puis sauta sur sa croupe et la sodomisa de la plus brutale des manières.

Il se recoucha et elle se retira.

V

Au cabinet, elle accomplissait ses ablutions avant de regagner sa chambre.

Comme elle ouvrait la porte, les ayant terminées, elle se trouva nez à nez avec Paul qui, une lumière à la main, se disposait à y pénétrer.

Fille de résolution, ne lui laissant pas le temps de revenir de sa surprise, elle souffla la bougie, et murmura :

― As-tu bien besoin ?

― Non, je ne pouvais dormir, et je donnais ce prétexte pour diminuer les heures de lit.

― Dans ce cas, profitons-en. Accompagne-moi dans ma chambre. Maman dort, elle ne se doutera de rien.

Le tapis étouffait le bruit des pas.

En bon frère, bien éduqué, Paul obéit à sa sœur.

Elle le fit se mettre tout nu, comme elle-même, le coucha à terre, s’accroupit sur son visage pour lui complaire, puis s’allongea peu à peu, et les deux innocents découvrirent la position du délectable soixante-neuf.

Le cul d’Adeline conservait la saveur pimentée de l’éjaculation de l’abbé ; il enragea Paul dont la queue se développa et prit des proportions énormes.

À cette vue, la fillette interrompit son suçage, approcha les lèvres de l’oreille de Paul et lui dit :

― Enfouis-la dans mon cul, tu seras bien, bien heureux.

Tout ignorant qu’il fût de la chose, il pressentit l’excellence du conseil et il glissa sa quéquette dans la rainure d’où elle parvint facilement au trou.

Celui-ci, à peine refroidi de l’assaut de l’abbé, brûlait d’aise à cette nouvelle visite ; ce lui fut un jeu de supporter l’attaque de Paul.

Se pétrissant les chairs de leurs mains crispées, échangeant de folles lippées par-dessus l’épaule, ils ne reculèrent pas dans leurs plaisirs, et le jeune Paul perdit son pucelage dans le cul de sa sœur.

Il jouit et éjacula brusquement, retenant à grand-peine l’explosion de cris que faillit soulever la volupté.

Contente de sa nuit, Adeline le combla de caresses, et lui recommanda le sommeil s’il voulait récidiver. Il la quitta sans que Mme Mirzan eut interrompu son sommeil.

Le meilleur moyen de perpétuer ses félicités consiste à ne pas les prodiguer, afin de se garer des dangers qui les menacent.

L’abbé, homme mûr, de caractère sérieux et sage, se maintenait en quiétude par ses infinies précautions. Les deux enfants, manquant d’expérience, ne l’imitèrent pas.

Une fois qu’on a goûté au fruit d’amour, on en veut toujours.

Paul éprouva cette nécessité et Adeline ne demandant pas mieux ne lui refusa pas la satisfaction.

Dans les mille circonstances de la vie quotidienne, tout leur devint un prétexte à plaisir, une occasion de s’exciter.

L’hypocrisie qu’ils cultivèrent en présence de leurs parents et de leur professeur attisait le feu de leurs amours.

Un regard à la dérobée, un signe, un frôlement de main, une pression, et ils mangeaient des yeux les vêtements cachant les parties sexuelles.

Ils ne pouvaient pas toujours s’isoler dans le jardin, ils n’osaient recommencer la scène nocturne ; Paul, à son retour dans sa chambre, ayant failli être surpris par son père qui descendait à la salle à manger pour échapper à une faim inopportune l’empêchant de dormir.

Ils profitaient d’une seconde, d’une minute et dirigeaient la main, l’une dans le pantalon de son frère, l’autre aux fesses de sa sœur, et quelquefois, faute de mieux, s’entendaient pour se réfugier ensemble au cabinet où, vite, ils échangeaient quelques suçons et quelques feuilles de rose. Ils dénichèrent enfin un petit réduit au grenier où se trouvaient des matelas dans un coin et ils s’en contentèrent pour s’y rencontrer de temps en temps après la leçon, en y montant l’un après l’autre afin d’éviter les soupçons.

Cela se passa bien une fois, deux fois ; la troisième fois, Mme Mirzan, qui avait surpris sa fille grimpant avec mystère, s’étonna de voir peu après Paul suivre le même chemin, avec le même luxe de précautions.

Un moment indécise, elle se demanda ce qu’il convenait de faire. Puis, poussée par une forte impulsion intérieure, elle monta et, constatant que les enfants s’étaient enfermés dans le petit réduit, elle regarda par le trou de la serrure et demeura interdite.

Adeline, couchée sur le dos, les jupes retroussées, se faisait lécher le conin par Paul.

Atterrée, Mme Mirzan n’eut qu’une pensée, descendre et appeler son mari.

Celui-ci, avant même qu’elle ne s’expliquât, comprenant qu’il s’accomplissait quelque chose de grave, la suivit sur le signe qu’elle lui adressa, et apparut dans le grenier comme maître Paul, la queue en l’air, se disposait à se placer en soixante-neuf avec sa sœur.

La fureur du père fut épouvantable.

Une canne se trouvait à sa portée, il la brisa sur les deux coupables qui dégringolèrent l’escalier.

Ils n’esquivèrent pas la mercuriale.

La mère pleurait ; le père, animé d’une grande fureur, les accablait des plus dures invectives.

On les enferma dans leur chambre où, pendant deux jours, on les servit au pain sec et à l’eau.

De toute une semaine on ne leur parla pas.

Ils continuèrent cependant leurs leçons avec l’abbé, en attendant la confection des trousseaux nécessaires pour les établissements où ils termineraient leurs études.

Leur professeur observa une réserve des plus excessives, les abandonnant, sans aucun remords, dès le cours terminé.

En vain Adeline essaya-t-elle de l’émouvoir par quelques regards en dessous ; il semblait être mort à tout sentiment. Il tremblait que l’orage ne s’étendit jusqu’à lui.

Paul partit le premier avec son père qui le confia aux Jésuites, à Londres.

La mère consulta l’abbé pour Adeline.

Il lui conseilla de la faire entrer chez les demoiselles Géraud, à Paris, qui, justement, jouissaient de la réputation de réfréner les passions précoces chez les enfants.

Au retour de Londres, M. Mirzan s’arrêta donc à Paris pour causer avec ces dames, après avoir obtenu à leur sujet les meilleurs renseignements sur leur autorité et leur sévérité.

Il fut enchanté de leur gracieux accueil, de leur sympathique attendrissement à sa confession, d’autant plus qu’on ne pouvait rêver d’aussi charmantes et d’aussi séduisantes personnes.

Il eut la chance qu’il se trouva une vacance dans les classes de la pension. Les demoiselles Géraud ne recevaient qu’un nombre limité de jeunes filles et fillettes. Il fallait attendre le départ de l’une pour être acceptée, ce qui rendait très recherchées les admissions.

À son tour, Adeline, que son père et sa mère refusèrent d’embrasser, quitta la maison de Chartres et vint goûter la vie d’internat.

Le premier moment serra le cœur de l’enfant ; mais elle s’accoutuma vite à sa nouvelle existence.

Chapitre II

LA FLAGELLATION

I. ADELINE À PAUL

Je tiens ma promesse, mon chéri, et je t’écris toutes mes pensées, comme toutes mes aventures. Cela pour nous consoler de la méchanceté qu’on nous a témoignée. Tu es loin, mais tôt ou tard mes lettres t’arriveront et te prouveront que je me moque des sévérités, que je recommencerai toujours, et tant que tu le voudras, nos petits plaisirs. J’ai bien pleuré à ton départ, et aussi quand on m’a emmenée. L’abbé n’a pas été gentil, il n’a rien fait pour me défendre, et cependant il me le devait bien, car, je te l’avouerai, c’est lui qui m’instruisit sur toutes les bonnes choses qu’ensuite je t’enseignai. Oui, mon cher Paul, notre professeur, si sévère, si impeccable, ne se gênait pas lorsqu’il me gardait, après la leçon, pour me tripoter et se faire tripoter. Il me reçut la nuit dans sa chambre, et il m’apprit qu’on mettait dans le cul la jolie affaire d’amour que les hommes ont entre les jambes. Ah, il aurait bien pu intervenir, au moins pour moi ! Au fond de l’âme, maintenant, je préfère qu’il en soit ainsi. C’est lui qui a désigné la pension où l’on m’a enfermée, et je ne m’y trouve pas mal. De ce côté, je lui dois de la reconnaissance.

D’après les premières paroles de Mlle Juliette Géraud, lorsque nous fûmes seules, j’ai compris que nos parents avaient eu une bizarre… et heureuse inspiration, en me plaçant dans cette maison.

― Mademoiselle Adeline, me dit-elle, nous n’ignorons pas la cause qui nous vaut le plaisir de vous posséder au milieu de nos élèves. Notre méthode d’éducation diffère essentiellement de celle préconisée partout ailleurs, et si vous vous montrez raisonnable, j’ai la ferme espérance que vous n’aurez pas à vous repentir de votre séjour sous ce toit. Généralement mes élèves n’entrent chez nous que signalées par un fait pareil au vôtre. Nous les corrigeons aux yeux du monde par un procédé tout de bienveillance. Pour être certaines de la réussite, nous demandons la discrétion la plus absolue sur la gestion de notre école. Si vous vous conformez à cette règle, nous amènerons la réconciliation entre vous et votre famille, et nous vous présenterons un bel et bon mari à la fin de vos études. Me promettez-vous cette discrétion ?

― Elle devient mon devoir, Mademoiselle.

Il faut te dire que Mlle Juliette est une jolie femme de 30 ans, une brune délicieuse, à la peau très fine, aux yeux enchanteurs, à la taille de déesse, et ne rappelant rien de l’ogresse que je me figurais.

Elle continua :

― Vous êtes intelligente, mon enfant, nous ne doutons pas que votre bonne volonté dans vos études et dans votre conduite ne nous récompense de tout ce que nous entreprendrons en votre faveur. Je dois vous dire que le système prohibé en France est la flagellation à divers degrés, suivant la nature de la faute. À vous de ne pas la mériter. Pour accoutumer les nouvelles venues à cette idée, la dernière entrée a la charge de l’appliquer au grand tribunal de chaque semaine. Cette mission vous échoit donc. Par votre âge et votre avancement en savoir, vous appartenez à la classe. Nous lions chacune de nos classes par une chaîne affectueuse, dont toutes nos élèves se sont toujours bien trouvées.

Je vais vous présenter Mlle Angèle, de la classe supérieure, qui sera votre grande amie. Chaque grande est ainsi attachée à une élève de la classe moyenne, et de plus, avec celle-ci, prend soin et souci d’une des petites, à titre de petite mère et de petite sœur. Au fur et à mesure, vous vous mettrez au courant des usages de la maison.

Mlle Juliette ouvrit la porte, et j’aperçus Mlle Angèle, une blonde dorée de 17 ans, très gentille, très coquette, très souriante, qui m’embrassa tendrement et me dit :

― Venez, ma chérie, faire connaissance avec vos futures amies et avec votre maîtresse de classe.

Je saluai Mlle Géraud et j’accompagnai ma nouvelle compagne. Mon étonnement ne cessa pas.

Ma maîtresse, Mlle Blanche Delorme, une charmante rousse de vingt ans, m’accueillit de très aimable façon, me tira l’oreille, en disant :

― Mignonne, je ne demande qu’à être contente de votre travail, et vous ne vous plaindrez pas de moi. J’ai été la grande amie d’Angèle, lorsqu’elle appartenait à la classe moyenne, et j’ai été tellement heureuse de mon éducation dans cette maison, que je ne veux plus la quitter. C’est donc une camarade que vous embrassez, en embrassant votre maîtresse.

Combien j’étais loin de la réception que je redoutais ! J’appris alors que l’institution des dames Géraud était divisée en trois classes, chacune de treize élèves ; la grande classe comprenant les pensionnaires de 15 à 18 ans ; la moyenne de 12 à 15 ; la petite de 10 à 13.

On n’en prenait pas au dessous de dix ans, et la sollicitude la plus affectueuse veillait à tous les degrés, et selon le développement physique, sur chaque âge.

Angèle me mena auprès de toutes ses amies, qui me reçurent très gracieusement ; puis, je liai connaissance avec celles de ma classe qui se montrèrent empressées et gentilles ; je vis enfin les petites qui me sautèrent au cou. Parmi celles-ci, je distinguai la petite Elisabeth, dont Angèle était la petite mère, et dont je devenais la petite sœur.

À côté de Mlle Nanette Coutelin, une brune de 22 ans, maîtresse de la petite classe, des yeux de feu, une allure endiablée, et à Mlle Lucienne d’Herbollieu, blonde sentimentale de 24 ans, une idéale créature à dévorer de caresses, professeur de la grande classe.

Mon cœur se délecta d’aise et de joie, je pressentis un bonheur de tous les jours dans ma nouvelle existence, et je résolus de le mériter de mon mieux.

Tu connais à peu près les personnages, mon cher Paul ; à ma prochaine lettre le récit de mes amitiés, de mes aventures. On rêve à beaucoup de choses ici.

Ton Adeline.

II. DE LA MÊME AU MÊME

Me voici lancée dans la pleine vie de pension, et je sais maintenant bien des choses que j’ignorais encore, que je ne te cacherai pas, mon petit Paul, afin que tu juges de ma sincère affection.

Nos études et nos classes ressemblent à celles des autres institutions ; ce qui s’en éloigne ce sont les habitudes, et une tolérance extraordinaire accordée aux grandes, pourvu qu’elles n’enfreignent pas la discipline de la maison.

Le second soir de notre arrivée à la pension, comme j’achevais mes devoirs à l’étude, une demi-heure avant le dîner, je vis entrer mon amie Angèle, qui murmura quelques mots à l’oreille de ma maîtresse, Mlle Blanche, laquelle lisait, et qui m’appela.

― Vous avez terminé vos devoirs Adeline ? me demanda-t-elle.

― Oui, mademoiselle.

― Êtes-vous satisfaite de la façon dont vous les avez faits ?

― Oui, mademoiselle.

― Eh bien, nous le jugerons demain. Pour l’instant, Angèle désire que vous alliez lui tenir compagnie ; je vous autorise à la suivre.

J’aperçus les petits yeux de mes compagnes, qui brillaient avec malice, et je sortis avec Angèle.

― Je veux te montrer ma petite chambre, dit-elle.

― Tu as une chambre ?

― Oui, les sept plus anciennes parmi les grandes couchent dans leur appartement.

― Oh, que c’est agréable !

― Tu ne seras peut-être pas toujours de cet avis !

La chambre d’Angèle, petite, mais coquette et bien meublée, me plut beaucoup.

Elle m’invita à m’asseoir sur le lit, près d’elle, et me regarda avec des yeux si tendres, que je soupirai, et lui jetai les bras autour du cou.

Elle exhalait un doux parfum, que me plongea dans une demi-extase, et sans me rendre compte de mon mouvement, mes lèvres se posèrent sur les siennes.

― Dis, murmura-t-elle, ainsi tu t’es laissé surprendre chez tes parents à t’amuser ?

― Oui, répondis-je, et toi ?

― Moi aussi, mais il y a longtemps ; j’avais onze ans, j’étais bien plus jeune que toi, et je suis rentrée ici dans la petite classe.

― Avec qui t’amusais-tu ?

― Avec ma cousine Hélène.

― On s’amuse donc entre filles ?

― Oh oui, et bien, je t’assure.

Elle me tenait serrée contre son cœur, elle sentit le battement du mien, et sa main glissa sous mes jupes, à l’ouverture du pantalon.

Je ne résistais pas, un flot de désirs me bourdonnait aux tempes.

Elle souleva ma chemise, et me gratta délicieusement, tandis que nos bouches se becquetaient.

Je ne pensais plus du tout au danger d’être à nouveau surprise au milieu de ces agréables plaisirs !

― Tu es chaude, dit-elle, tu auras de nombreuses amies dans la maison.

― Dis, murmurais-je à mon tour, permets-moi de te voir. Elle sourit, retira la main de mes cuisses, retroussa ses jupes, et étala à mes yeux ravis, un petit bouquet de poils des mieux fournis, me montra sa fente coquette et friponne, appelant le baiser, et la blancheur de son ventre.

Elle posa le doigt sur son nombril en me disant :

― Embrasse-moi, là !

La tête en feu, j’obéis ; j’appliquai un gros baiser sur le joli signe ; la vue de ses cuisses me fascina, je me penchai dessus, aspirant avec volupté les effluves de son corps, elle me caressa les cheveux avec les doigts, mon visage colla sur les chairs satinées, mes joues s’empourprèrent de la chaleur qui se dégageait et de l’émotion enivrante que j’éprouvais. Elle se recula en arrière, et ma langue vint caresser sa fente.

Elle tressaillit, et dit :

― Vas un peu plus vite, que nous ayons le temps de jouir.

Je compris, et je léchai, léchait avec une folle ardeur, me croyant transportée au Paradis.

Elle sautillait sur son cul, que je manœuvrais avec les mains, et, tout à coup, elle me mouilla toute la figure, elle jouissait et se tordait, et moi aussi.

Elle se releva prestement, courut à sa toilette et nous nous lavâmes, comme la cloche appelait pour le dîner.

― Mon ange, me dit-elle, tu as reçu le baptême d’amour, tu es bien maintenant ma petite amie ; ne t’étonne de rien de ce que tu verras, soumets-toi docilement aux punitions, ne parle jamais à personne des scènes auxquelles tu assisteras ; et tu considéreras cette pension comme un véritable Olympe sur terre.

Nous descendîmes au réfectoire et reprîmes chacune notre place.

Les maîtresses de classes dînent au milieu de leurs élèves : Mlle Blanche, déjà installée, me sourit et me demanda :

― Avez-vous récité votre leçon à votre grande amie ?

― Elle m’en a donné une, dont je me souviendrai toute la vie.

Ma réponse la satisfit ; elle reprit en me regardant avec des yeux très vifs :

― Vous êtes fille d’à-propos, tâchez de le prouver en tout.

Je m’assis, et ma voisine de droite, Marie Rougemont, une brune bouclée de 14 ans, laquelle au dortoir a son lit près du mien, me servit et me dit :

― Savais-tu la chose que t’a confiée Angèle ?

Devinant que le même lien amical unissait toutes les élèves de la classe moyenne aux élèves de la grande classe, je lui répondis :

― Quelle est ta grande amie ?

― Isabelle Parmentier, la plus forte pianiste de la maison, la petite châtaine blonde, assise à côté de Mme Lucienne.

― On dirait une gamine.

― Oui, mais une gamine qui a de rudes nerfs, elle a 16 ans, et en remontrerait à toutes les grandes. C’est un vrai diable !

Les conversations, comme tu le vois, sont permises à table, à la condition d’être discrètes, de ne pas troubler le service, et de ne pas gêner les tables voisines.

Mlle Juliette Géraud et sa sœur Mlle Fanny, celle-ci âgée de 27 ans, arrivent généralement vers le milieu du repas ; elles font l’inspection, lisent les notes que leur remettent les maîtresses, parlent à quelques-uns d’entre nous, et se retirent ensuite en nous souhaitant bonne nuit.

Après le dîner, qu’on sert à 7 heures, on reste jusqu’à 8 heures dans un salon, en demi-récréation ; les grandes lisent, où s’occupent de divers travaux d’aiguille, qu’elles continuent après notre coucher, car elles veillent plus tard ; une maîtresse ou une grande, déléguée, raconte des histoires aux petites ; les moyennes causent bas entre amies, ou lisent.

Nous aimons assez cette heure, qui nous procure une espèce d’illusion de ce qu’est le monde.

Nos maîtresses s’attachent à nous intéresser, et nous y donnent quelques conseils de bonne éducation.

― Pas d’éclat de voix, mes enfants, ne cessent-elles de nous répéter, cela ne sert à rien qu’à vous abîmer le gosier, à nous rendre ridicules, et à nous fatiguer. Dites gentiment, doucement, ce que vous désirez, soyez prévenantes les unes envers les autres, ainsi vous vous facilitez mille chances d’agrément et de plaisir. Ne vous disputez jamais, cédez-vous mutuellement, et redoutez par-dessus tout, les mauvais sentiments de défiance, de jalousie et d’envie.

La demie de huit heures sonne toujours trop tôt, mais comme le sommeil nous talonne, on monte au dortoir sans trop de regrets.

Nous couchons, les moyennes, sur deux rangées de sept lits, encadrés de grands rideaux.

Deux lanternes chinoises nous éclairent. Nous devons nous déshabiller en silence, pendant que notre maîtresse se promène de long en large, surveillant les divers détails de nos soins du corps, opérer derrière nos rideaux soulevés vers le pied du lit, et formant autour comme une véritable petite chambre.

À un coup qu’elle frappe dans les mains, nous entrons toutes dans nos draps, elle récite une prière, se promène encore quelques minutes, et se retire chez elle.

Ce soir-là, elle venait à peine de nous quitter, que mon rideau s’agita, et je vis émerger la tête de Marie Rougemont qui, un doigt sur les lèvres, me recommanda la prudence. Je ne bougeai pas, et j’attendis l’aventure. Marie, s’avançant avec précaution, pénétra dans l’espace libre s’étendant entre le rideau et le lit, et, courbée en deux, inspecta le dortoir pour se rendre compte si elle ne risquait pas d’être découverte.

La chambre de Mlle Blanche se trouvait en face de ma couchette.

Elle regarda vers cette chambre, et, ayant entendu le bruissement du corps de notre maîtresse, se mettant au lit, elle s’approcha de ma bouche, la baisa et me dit :

― Tourne-toi, et montre-moi ton cul, que je le lèche ; c’est ma toquade, et tu dois en avoir un bien joli, puisque les hommes s’en amusaient.

Notre légende se multipliait ; ce n’était plus un homme, un petit homme, mon frère, toi, Paul, qu’on m’attribuait, mais des hommes.

Je ne pensai pas à rétablir la vérité des faits, seul le plaisir me troublait les idées ; je me tournai, ainsi que le désirait Marie, relevai mes draps, ma chemise, et lui présentais mes fesses déjà en ébullition.

Ah ! quelle savante, mon chéri ! Non, tu ne peux te figurer avec quel art elle agissait. Elle ne mentait pas en confessant qu’elle adorait les culs.

Elle commença par encadrer le mien de ses bras, appuyant sur chaque fesse tantôt une joue, tantôt l’autre ; puis elle se pinça le nez en ouvrant et fermant successivement la raie avec les doigts ; elle chercha à l’enfouir au plus profond, comme tu le fis la première fois ; elle s’arrêta, se haussa sur les pieds, et le caressa avec la pointe des seins, très fermes ; enfin, elle l’embrassa avec tendresse, puis lécha toute la raie avec des soupirs et des tressaillements de plus en plus vifs ; elle ne ménagea plus sa félicité.

Le lit cria sous mes propres mouvements de jouissance ; tout à coup la foudre éclata, les rideaux s’ouvrirent, et Mlle Blanche, en peignoir, nous surprit.

Sans prononcer une parole, elle posa la main sur une épaule de Marie, et murmura tout bas :

― Marie, c’est très mal, vous pouviez réveiller vos compagnes et les pousser aux mêmes folies. Vous êtes deux fois coupables, parce que vous vous êtes adressé à une nouvelle, qui ne connaît pas encore le règlement. Habillez-vous et suivez-moi à la chambre de punition. Demain vous comparaîtrez devant Mlle Fanny. Quant à vous, Adeline, vous auriez dû repousser les propositions de votre voisine. Vous ne l’avez pas fait, vous méritez un châtiment. Pour cette fois vous supporterez la simple flagellation, sans apparition au tribunal. Demain matin vous m’accompagnerez chez Madame.

J’étais épouvantée.

Marie s’habilla sans protester et suivit Mlle Blanche.